Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

ève dans le Littré

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1ève s. f. (è-v')

  1. La femme d'Adam, la mère du genre humain.

    • Saint Augustin nous apprend qu'il y a dans chaque homme un serpent, une Ève et un Adam : le serpent sont les sens et notre nature, l'ève est l'appétit concupiscible, et l'Adam est la raison PASCAL, Lett. à Mme Perrier, 17 oct. 1751
    • Ne connaître un homme ni d'Ève ni d'Adam, ne le connaître nullement.

    • On dit aussi : Il ne m'est ni d'Ève ni d'Adam, il n'est pas mon parent.

    • Fille d'Ève, se dit en général des femmes, et surtout d'une femme curieuse.

2grief, ève adj. (gri-èf, è-v'. Prononcez grié, dit au XVIe siècle PALSGRAVE, p. 62)

  1. 1Qui pèse sur la personne comme un poids qui l'accable.

    • Il défendit sous de grièves peines d'appeler Catherine reine d'Angleterre MAUCROIX, Schisme, l. I, dans RICHELET
    • C'est dans ces communications indiscrètes que se font une infinité de péchés de médisance, et très souvent de jugements téméraires, plus griefs que l'on ne pense Bossuet, Instr. aux ursul. sur le silence, 1
    • Une bulle pontificale où il fut déclaré que ces propositions [sur les états d'oraison] étaient respectivement hérétiques, suspectes, erronées, scandaleuses, blasphématrices, avec d'autres grièves qualifications portées dans la même bulle Bossuet, Ordonn. sur les états d'oraison
    • Si ce n'est que le cas qui donnerait lieu au refus fût si grief Bossuet, Lett. rel. 59
  2. 2Douloureux.

    • Non qu'il ne me soit grief que la terre possède Ce qui me fut si cher Malherbe, VI, 18

Remarque

Grief (écrit aussi gref) a toujours été monosyllabe dans l'ancienne langue ; et Malherbe l'a encore fait tel. Il est très probable que l'ancienne prononciation était gref ; puis, quand on voulut prononcer grief tel qu'il était écrit, il y eut lutte entre l'ancien usage de ce mot comme monosyllabe, et l'impossibilité de l'articuler désormais d'une façon monosyllabique. Au reste on remarquera que l'ancienne langue avait raison d'y voir un monosyllabe, car c'est une grave dérogation à l'étymologie que de représenter par deux syllabes l'unique syllabe gra du latin gravis.

Étymologie

Provenç. greu, grieu ; espagn. portug. et ital. grave ; du lat. gravis, pesant, fâcheux.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander