La versification
Des vers célèbres
- Mais où sont les neiges d'antan ? Villon, Ballade des dames du temps jadis
- Mignonne, allons voir si la rose Ronsard, Odes
- Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle Ronsard, Sonnets pour Hélène
- Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage Du Bellay, Les Regrets
- Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie Louise Labé, Sonnets
- Et rose elle a vécu ce que vivent les roses Malherbe, Consolation à M. Du Périer
- Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie ! Corneille, Le Cid
- Cette obscure clarté qui tombe des étoiles Corneille, Le Cid
- Couvrez ce sein que je ne saurais voir Molière, Le Tartuffe
- Maître Corbeau, sur un arbre perché La Fontaine, Le Corbeau et le Renard
- La raison du plus fort est toujours la meilleure La Fontaine, Le Loup et l'Agneau
- Ariane, ma sœur, de quel amour blessée Racine, Phèdre
- Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? Racine, Andromaque
- Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement Boileau, Art poétique
- Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices Lamartine, Le Lac
- Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé Lamartine, L'Isolement
- Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne Hugo, Les Contemplations
- Waterloo ! Waterloo ! Waterloo ! morne plaine ! Hugo, L'Expiation
- L'œil était dans la tombe et regardait Caïn Hugo, La Conscience
- Les plus désespérés sont les chants les plus beaux Musset, La Nuit de mai
- Je suis le Ténébreux, le Veuf, l'Inconsolé Nerval, El Desdichado
- Le Poète est semblable au prince des nuées Baudelaire, L'Albatros
- La Nature est un temple où de vivants piliers Baudelaire, Correspondances
- Homme libre, toujours tu chériras la mer ! Baudelaire, L'Homme et la Mer
- Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant Verlaine, Mon rêve familier
- Les sanglots longs des violons de l'automne Verlaine, Chanson d'automne
- Il pleure dans mon cœur comme il pleut sur la ville Verlaine, Romances sans paroles
- C'est un trou de verdure où chante une rivière Rimbaud, Le Dormeur du val
- On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans Rimbaud, Roman
- La chair est triste, hélas ! et j'ai lu tous les livres Mallarmé, Brise marine
- Que dis-je, c'est un cap ? C'est une péninsule ! Rostand, Cyrano de Bergerac
- Sous le pont Mirabeau coule la Seine Apollinaire, Alcools
- Le vent se lève, il faut tenter de vivre Valéry, Le Cimetière marin
- La mer, la mer, toujours recommencée ! Valéry, Le Cimetière marin
Les mètres
Le mètre est le nombre de syllabes du vers. Les vers pairs dominent la poésie française, l'alexandrin en tête ; les vers impairs, chers à Verlaine, donnent une musique plus souple.
| Syllabes | Nom | Exemple |
|---|---|---|
| 2 | dissyllabe | Murs, ville Hugo, Les Djinns |
| 3 | trisyllabe | De l'automne Verlaine, Chanson d'automne |
| 4 | tétrasyllabe | Les sanglots longs Verlaine, Chanson d'automne |
| 5 | pentasyllabe | La rumeur approche Hugo, Les Djinns |
| 6 | hexasyllabe | Il pleure dans mon cœur Verlaine, Romances sans paroles |
| 7 | heptasyllabe | C'est l'extase langoureuse Verlaine, Romances sans paroles |
| 8 | octosyllabe | Mais où sont les neiges d'antan ? Villon, Ballade des dames du temps jadis |
| 9 | ennéasyllabe | De la musique avant toute chose Verlaine, Art poétique |
| 10 | décasyllabe | Sous le pont Mirabeau coule la Seine Apollinaire, Alcools |
| 12 | alexandrin | Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant Verlaine, Mon rêve familier |
Rimes et formes fixes
Les rimes se disposent en rimes plates (AABB), croisées (ABAB) ou embrassées (ABBA), et la tradition classique alterne rimes féminines et masculines. Certaines formes fixent tout : le sonnet, deux quatrains et deux tercets ; la ballade, trois strophes et un envoi sur les mêmes rimes ; le rondeau et ses refrains. Les poèmes de la section Poésie sont classés par forme, et les rimes ont leur page.
Comment un vers se compte
Le e muet final compte pour une syllabe devant une consonne (« une ro-se blanche »), s'élide devant une voyelle ou un h muet (« la ros(e) et l'épine ») et ne compte pas en fin de vers. Deux voyelles qui se suivent se lisent en une syllabe (synérèse : nuit, lui) ou en deux (diérèse : li-on, nu-ées) ; la lecture retenue est celle qui donne un mètre régulier, et les autres sont signalées. L'alexandrin, douze syllabes, se coupe après la sixième, le décasyllabe après la quatrième ou la sixième : la césure est marquée dans le vers scandé. La page nomme le mètre et relève les voyelles et les consonnes qui reviennent.
Un poème entier ? L'atelier scande chaque vers à mesure et lettre les rimes.