Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

ébattre dans le Littré

1 article· 5 citations· rimes· conjugaison

ébattre (s') v. réfl. (é-ba-tr')

  1. 1Se donner un mouvement folâtre.

    • Elle était descendue avec ses compagnes pour s'ébattre sur le rivage D'ABLANCOURT, Lucien, t. I, dans RICHELET
    • La gazelle s'allait ébattre innocemment La Fontaine, Fabl. XII, 15
    • Mes camarades venaient me chercher pour m'ébattre avec eux J.-J. Rousseau, Confess. I
    • Là, qu'il coure, qu'il s'ébatte J.-J. Rousseau, Em. II
  2. 2Se divertir.

    • Tu liras ces vers où jeune je m'ébats RÉGN., Sat. I

Remarque

Ébattre est aujourd'hui un verbe réfléchi, et on ne peut l'employer activement Mais autrefois, comme on peut le voir à l'historique, il s'employait activement ; il y a donc faute contre l'usage et archaïsme, mais non faute contre la langue dans ce vers de Lamartine (non qu'il ait songé à un archaïsme) : Nous regardions le fleuve ébattre son rivage, Chute d'un ange, récit, p. 11. Ébattre doit vouloir dire folâtrer contre son rivage.

Étymologie

Picard, esbatu, content, réjoui ; provenç. esbatre, battre, réjouir ; ital. sbattere ; de es- préfixe, et battre ; le sens étant agiter en battant, dissiper, et, de là, divertir.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander