Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

éblouir dans le Littré

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éblouir v. a. (é-blou-ir)

  1. 1Frapper les yeux par un éclat qu'ils ne peuvent soutenir. Le soleil m'éblouissait.

    • Mes yeux sont éblouis du jour que je revoi Racine, Phèd. I, 3
  2. 2Fig. Produire sur les yeux de l'esprit le même effet qu'une lumière trop vive sur les yeux du corps.

    • Absolument.

      • Le monde n'éblouit jamais tant que quand on le voit de loin sans l'avoir jamais vu de près et sans être prévenu contre sa séduction Fénelon, Éduc. filles, p. 274, dans POUGENS
      • Promets, donne, conjure, intimide, éblouis Voltaire, Mérope, I, 4
  3. 3S'éblouir, v. réfl. Se laisser fasciner, étourdir, enorgueillir.

Remarque

1. Bossuet a dit se laisser éblouir par des sons : Voy. à l'historique un emploi semblable dans les phrases d'Amyot. 2. Éblouir, mot si ancien dans la langue et si usité dans tous les temps, manque, chose singulière, dans la 1re édition du Dictionnaire de l'Académie.

Étymologie

Es- préfixe, et un radical qui est aussi dans le provençal, em-blauzir, étonner, d'origine incertaine. On a proposé bleu : faire bleu devant les yeux ; il est certain qu'au quatorzième siècle on a dit esbleuir. Mais Diez objecte que bleu, de l'allemand blau, n'aurait pas pris un z en provençal pour éviter un hiatus (et, en effet, blavenc, blaveza, etc. dérivés de blau, et non pas blauzenc, blauzeza, etc.). Il se range donc de l'avis de Grandgagnage, qui indique l'ancien haut allemand blôdi, interdit, incertain. Il faut noter esbloer, qui indique plutôt bleu que l'allemand blôdi. Y aurait-il deux thèmes qui se seraient confondus dans le français esbloir, l'un français, l'autre provençal ; l'un esbleuir, esbloer, l'autre emblauzir ?

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander