Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

énerver dans le Littré

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énerver v. a. (é-nèr-vé)

  1. 1Faire subir le supplice de l'énervation.

  2. 2Terme de vétérinaire. Couper le tendon des muscles releveurs de la lèvre supérieure pour donner plus de finesse au nez.

  3. 3Ôter le nerf, la force physique ou morale.

    • Absolument. Les voluptés énervent. Une excessive chaleur énerve et accable.

  4. 4Fig. Énerver le langage, le style.

    • On énerve la religion quand on la change, et on lui ôte un certain poids qui seul est capable de tenir les peuples Bossuet, Reine d'Anglet.
    • Il énerve l'autorité du conseil Bossuet, Hist. II, 5
    • C'est nous qui, par nos artifices, trouvons le moyen d'énerver leur zèle et de corrompre même leur fidélité Bourdaloue, Jugem. dern. 2e avent, p. 340, dans POUGENS
    • Il représenta au tyran de Sparte que les Romains avaient entièrement énervé son pouvoir en lui ôtant les villes maritimes, puisque c'était de là qu'il tirait ses galères Rollin, Hist. anc. Œuvres, t. VIII, p. 330, dans POUGENS
    • Cette subtilité exaltée et fugitive, souvent plus propre à énerver le goût qu'à le raffiner D'ALEMBERT, Éloges, d'Olivet.
    • Le plus terrible des abus, qui est d'énerver toutes les lois à force de les multiplier J.-J. Rousseau, Gouvern. de Pologne, ch. 7
  5. 5S'énerver, v. réfl. Être énervé. Le courage s'énerve au milieu des voluptés.

    • L'empire s'énerve par le relâchement de la discipline Bossuet, Hist. III, 7
    • Controverses assidues qui ne laissaient pas s'énerver la vigueur de la pensée VILLEMAIN, Dict. de l'Acad. Préface

Étymologie

Latin enervare, de e, sans, et nervus, nerf ; génev. s'énierler, s'eniarler, se fatiguer à l'excès.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander