épigramme s. f. (é-pi-gra-m')
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1Anciennement, petite pièce de vers sur toute sorte de sujets.
L'épigramme, pour les anciens, était une petite pièce qui ne passait guère huit ou dix vers, d'ordinaire en vers hexamètres et pentamètres ; c'était une inscription soit tumulaire, soit triomphale, soit votive ou descriptive ; une peinture pastorale trop courte pour faire une idylle, une déclaration ou une plainte amoureuse trop peu développée pour faire une élégie ; la raillerie y a aussi sa part, mais une part restreinte, tandis que, dans les épigrammes modernes, elle est presque tout, et que c'est toujours le trait et la pointe finale à quoi l'on vise
SAINTE-BEUVE, Constitutionnel, 4 janv. 1864
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2Courte pièce de vers qui se termine par un mot ou par un trait piquant. La pointe d'une épigramme.
- Alcandre, c'est ta passion ;Tu veux une longue épigramme,Bien qu'elle soit digne de blâme,Comme une longue inscription ;D'un seul coup elle fait sa brèche,Ainsi que le trait d'un archer ;As-tu jamais vu décocherUne pique au lieu d'une flèche ? GOMBAULT, dans RICHELET .
- D'un trait plaisant aiguiser l'épigramme Boileau, Art p. I
L'épigramme, plus libre en son tour plus borné, N'est souvent qu'un bon mot de deux rimes orné
Boileau, ib. II
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3Par extension, mot très piquant ou railleur, lancé dans la conversation ordinaire ou ailleurs. Cela a bien l'air d'une épigramme.
Il y a bien à dire des épigrammes là-dessus
Mme de Sévigné, 399Fi ! dites-vous ; sous l'épigramme Ces fous rêveurs [Fourier, St-Simon, Enfantin] tombent tous trois
Béranger, Fous.- Poursuivons de nos épigrammesCe sexe que j'ai trop aimé Béranger, Vin et coq.
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Employé adjectivement, emploi qui n'est plus en usage.
Cela me paraît fort épigramme
Mme de Sévigné, 37
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4Terme de cuisine. Épigramme d'agneau, ragoût au blanc dans lequel on fait entrer quelques parties intérieures de l'animal. Côtelettes en épigramme.
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4Ajoutez : Cette historiette est empruntée à BOUCHET, Serées, III, 35.
François 1er était à table, quand on lui présenta une épigramme qui lui plut fort, et, en mangeant, il disait sans cesse : Ah ! la bonne épigramme ! Un bon gentilhomme qui ouït cela dit après au maître d'hôtel : Est-ce quelque viande nouvelle ? Hé ! je vous en prie, faites-nous en goûter
TALLEMANT DES RÉAUX, Hist. t. VI, p. 148, éd. 1835
Remarque
Épigramme a été longtemps de genre incertain ; aujourd'hui il est féminin décidément. Épigramme est ici dans le sens du n° 1.
Étymologie
Ἐπίγραμμα, inscription, petite pièce en vers, de ἐπὶ, sur, et γράφειν, écrire.