Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

étaler dans le Littré

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1étaler v. a. (é-ta-lé)

  1. 1Exposer pour vendre. Les marchands étalent leurs marchandises les plus nouvelles.

    • Fig. et familièrement. Étaler sa marchandise, tirer vanité de ce qu'on sait, de ce qu'on possède.

    • Absolument.

      • L'endroit du Pirée où les marchands étalent La Bruyère, Théoph. XXIII
      • Fig.

        • Le savant qui ne parle que pour instruire les autres, et qu'autant qu'ils veulent être instruits, fait une grâce ; au lieu que, lorsqu'il ne parle que pour étaler, on lui fait une grâce si on l'écoute Fontenelle, Louville.
        • Gens à qui une communion ne coûte qu'une journée de gêne et de réserve, qui ce jour-là ne jouent pas, n'étalent pas, ne médisent pas, ne s'assemblent pas Massillon, Avent, Disp. à la comm.
  2. 2Étendre, déployer. Étaler une carte de géographie. Étaler une robe.

    • Étaler son jeu, montrer toutes ses cartes.

    • Disposer sans ordre, mais de manière à faire voir. Étaler des livres sur un bureau.

  3. 3Faire voir, montrer avec l'idée d'éclat, de solennité.

    • Présenter.

      • ....Le sénat Dont plus de la moitié piteusement étale Une indigne curée aux vautours de Pharsale Corneille, Pomp. I, 1
    • Fig. En parlant de choses qui étalent pour ainsi dire.

  4. 4Il se dit quelquefois dans le sens de faire paraître sur le théâtre.

  5. 5Exposer en un langage qui fait valoir les choses.

  6. 6Faire parade, déployer avec vanité.

    • [Ces secours].... Qu'avec tant de pompe à vos yeux elle étale Corneille, Nicom. IV, 2
    • Plus soigneux d'étaler de l'érudition et de jeter en l'air de grands mots, que de parler avec précision dans leurs décrets Bossuet, Var. XII, § 32
    • Jusque-là je vous laisse étaler votre zèle Racine, Iphig. I, 2
  7. 7Populairement, jeter par terre. D'un coup de poing il l'a étalé.

  8. 8S'étaler, v. réfl. Se montrer avec ostentation.

    • Être montré avec ostentation.

      • Plus savant que moi, du moins de cette science qui s'étale J.-J. Rousseau, Ém. v
  9. 9S'étendre. S'étaler sur l'herbe.

    • Familièrement, prendre une posture trop abandonnée. Il ne faut pas s'étaler comme cela sur son fauteuil.

    • Populairement. S'étaler, se laisser tomber. Il faisait très glissant, et il s'est étalé.

    • Se dit des métaux qui s'étendent sur des corps durs à l'aide de fondants, de mordants.

    • Être étalé, déployé. J'ai une grande carte qui s'étale facilement. Son cordon s'étale sur sa poitrine.

Étymologie

Étal.

Supplément

ÉTALER. Ajoutez : - REM. Dans le moyen âge, étaler a eu un sens singulier ; il a signifié cracher : XIVe s.

2étaler v. a. (é-ta-lé)

  1. Terme de marine. Étaler la marée, mouiller pendant la marée contraire.

    • Étaler un bâtiment, l'égaler en vitesse.

    • Étaler le vent, le courant, la marée, opposer une résistance égale à leur effort.

  2. 2Étaler une voie d'eau, l'empêcher de faire des progrès.

    • Pompes assez puissantes pour étaler la voie d'eau Rev. des Deux-Mondes, 1er déc. 1867, p. 699

Étymologie

Étaler en ce sens, c'est ce qu'on disait jadis faire estal, résister, tenir tête (voy. ÉTAL, à l'historique) :

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander