étendue s. f. (é-tan-due)
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1L'espace étendu devant nos yeux, sous nos pas. La vaste étendue des mers. La foudre gronde dans l'étendue. Les corps célestes roulent dans l'étendue.
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Terme d'escrime. Avoir une grande étendue, avoir la faculté de se fendre beaucoup et de toucher ainsi son adversaire, en restant à une distance assez grande.
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2Propriété générale de la matière, qui fait qu'elle occupe une certaine portion de l'espace.
La question se réduit à savoir si cette idée de l'étendue est une modalité de l'âme ; je prétends que non, parce que cette idée est trop vaste, qu'elle est infinie, comme je viens de le prouver
Malebranche, Rech. Rép. à Régis, ch. 2L'école définissait l'étendue, ce qui a des parties hors des parties
Bonnet, Œuvres mêlées, t. XVIII, p. 66, dans POUGENSLa notion de l'étendue dépouillée de toutes ses difficultés et prise par le côté le plus clair, n'est que l'idée de plusieurs êtres qui nous paraissent les uns hors des autres
Condillac, Conn. hum. I, 2
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Il se dit aussi de chaque dimension. L'étendue d'une ligne, d'une surface.
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3Grandeur en superficie. Un parc d'une grande étendue. L'étendue de ses domaines.
Par toute l'étendue du royaume, chacun peut faire ses plaintes, assuré de la protection du prince
Bossuet, le Tellier.C'est lui [Thalès], à ce qu'on dit qui donna le nom de Thulé à l'île qu'on appelle présentement Islande ; comme son empire allait apparemment jusque-là, il était d'une belle étendue
Fontenelle, Oracles, I, 1
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4Il se dit de la durée. La vie de l'homme est d'une étendue bien bornée dans l'étendue des siècles.
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5Portée, en parlant de la vue, de la voix. L'étendue du regard.
Il m'ordonna de chanter en donnant à ma voix toute l'étendue qu'elle avait
Lesage, Guzman d'Alf. IV, 5
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Terme de musique. Distance entre le son le plus grave et le son le plus aigu, ou somme de tous les sons propres à une voix, à un instrument. L'étendue des sons appréciables.
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Dans un sens plus particulier, voix qui a de l'étendue, voix sans étendue.
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6Fig. Ce qu'une chose embrasse.
- Cette haine a pour moi toute son étendue Corneille, Sert. III, 4
- Mes sentiments d'estime auront plus d'étendue Corneille, Tois. d'or, v, 1
- Vos vertus n'ont point eu toute leur étendue Corneille, Pulch. III, 3
Votre pouvoir est de grande étendue
Pascal, Prov. 6Donner à ma haine une libre étendue
Racine, Andr. II, 5- L'heure approche, mon fils, où la trêve rompueLaissait à mes desseins une libre étendue Voltaire, Fanat. IV, 5
- De vos engagements remplissez l'étendue Voltaire, Triumv. I, 3
L'effroyable étendue.... de l'abîme où je suis descendue
Voltaire, Scythes, v, 4
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7Terme de grammaire. Étendue des noms appellatifs, l'ensemble des êtres auxquels ces noms peuvent convenir. Le nom cheval a moins d'étendue que le mot quadrupède.
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8Développement, longueur. L'étendue d'un discours.
- Donnez à votre ouvrage une juste étendue Boileau, Art p. III
Cette matière est d'une grande étendue
Montesquieu, Esp. XIX, 1
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9Étendue d'esprit, la faculté de comprendre un grand nombre d'objets sans les confondre.
De là vient cette bizarrerie apparente de l'esprit humain, qui a tant d'étendue en un sens et si peu en un autre
Fontenelle, Fragm. conn. esp. hum.- Son esprit était d'une étendue infinie Mme DE CAYLUS, Souven. p. 64, dans POUGENS
Je ne me lasserai point d'admirer la prodigieuse étendue de tête qu'il t'a fallu pour conduire des drames de trente à quarante personnages....
Diderot, Éloge de Richardson.
Synonymes
ÉTENDUE, ESPACE. L'étendue, venant du verbe étendre composé lui-même de tendre, emporte avec elle l'idée d'une mesure, ou d'un rapport dans les distances ; espace ne suppose par lui-même ni mesure, ni rapport. De là vient qu'appliqué à un nom, l'étendue se prend pour ses dimensions intérieures : Ce champ a beaucoup d'étendue ; et espace pour ce qui est libre à l'entour : Nous avons de l'espace.
Étymologie
Étendu.