Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

éternel dans le Littré

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éternel, elle adj. (é-tèr-nèl, nè-l')

  1. 1Qui n'a pas eu de commencement et n'aura point de fin. Des philosophes ont cru le monde éternel. Dieu est éternel. Le Père éternel. Le Verbe éternel.

    • Une vérité éternelle, une vérité immuable.

  2. 2Qui n'aura point de fin. Le bonheur éternel du paradis.

    • La ville éternelle, Rome.

      • Les ouvrages qui ont donné et donnent encore aujourd'hui la plus haute idée de sa puissance [de Rome] ont été faits sous les rois ; on commençait déjà à bâtir la ville éternelle Montesquieu, Rom. I
    • Poétiquement. Le sommeil éternel, la mort.

  3. 3Par extension, dont on ne peut prévoir la fin, fixer le terme.

    • Un éternel adieu, adieu que se font des personnes qui ne doivent plus se revoir.

    • V. Hugo a donné un comparatif à éternel. Mais si la Grèce est sans prestiges, Tu savais des lieux solennels Où sont de plus sacrés vestiges, Des monuments plus éternels, Odes, IV, 6.

  4. 4Par exagération, qui semble ne devoir pas finir, qui fatigue, qui ennuie.

    • Un causeur éternel, un bavard infatigable.

    • Un homme éternel, un homme qui fatigue.

      • Dans l'espérance que l'éternel Saint-Germain en sortirait avant elle Hamilton, Gramm. 4
      • Léonore et son éternelle gouvernante Lesage, Diable boit. 4
      • Mais, baron éternel, ce n'est pas sur un regard équivoque, sur une simple civilité que je suis assuré qu'on m'aime BOISSY, Français à Lond. sc. 1
    • Par plaisanterie. Une personne éternelle, une personne dont on attend l'héritage et qui tarde à mourir.

  5. 5S. m. Dieu.

    • En cet emploi on met un É majuscule.

Synonymes

ÉTERNEL, PERPÉTUEL. Éternel se rapporte à la durée infinie prise absolument. Perpétuel se rapporte à l'homme, et admet comme possibles, et même comme probables, les interruptions ou terminaisons auxquelles l'humanité est sujette. Une rente est perpétuelle ; l'abbé de Saint-Pierre rêvait une paix perpétuelle. Au contraire ceux qui croient que le monde ne finira pas, disent qu'il est éternel.

Étymologie

Provenç. et espagn. eternal ; ital. eternale ; du bas-latin æternalis, d'æternus, contracté pour æviternus, de ævum, âge, durée infinie (grec, αἰών), et du suffixe ternus qui s'applique au temps, comme dans hesternus, sempiternus.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander