éterniser v. a. (é-tèr-ni-zé)
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1Faire durer sans fin.
- Le ciel, grand conquérant, éternise tes jours ! Rotrou, Bélis. I, 2
Il ne faut pas que le roi se persuade que ce palais superbe qui occupe aujourd'hui tant d'esprits et qui lasse tant de mains, éternise son nom
MÉNAGE, Préface aux œuvres de MalherbeCet ouvrage est un monument qui éternisera sa honte
Fénelon, Tél. XXIIIls cherchent à éterniser sa mémoire par des titres et des inscriptions
Massillon, Car. Riche.Ce n'est point un tableau, c'est une estampe ; cela n'est fait qu'avec du noir de fumée, on en tire cent copies en un jour, et ce secret éternise les tableaux que le temps consume
Voltaire, Dial. XIIHeureux qui, satisfait de lumières bornées, à d'utiles travaux consacre ses années, Ignorant le désir d'éterniser son nom
GILB., Ode au roi.- Qu'une haine éternelle éternise la guerre ! Delille, Én. IV
- De vengeance affamé, constant dans son courroux,Voudrait-il, prolongeant son effroyable joie,Ainsi que sa colère éterniser sa proie ? Delille, Parad. perdu, X
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Éterniser se dit aussi de la durée indéfinie d'une race, d'une famille.
- S'il vous faut de Bélus éterniser le sang,Si la jeune Azéma prétend à ce haut rang Voltaire, Sémir. II, 7
- Je veux dans ma famille éterniser l'empire LEGOUVÉ, M. de Nér. IV, 5
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Donner une gloire sans fin.
- Ou que d'un beau trépas la mémoire durable,Éternisant des jours si noblement finis.... Racine, Phèdre, III, 5
Cette supériorité qu'une régence mémorable éternisera dans nos annales
Massillon, Or. fun. Madame.
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2Prolonger indéfiniment, traîner en longueur. Éterniser un procès.
- D'abord sa politique, assurant sa puissance,Semblait d'un fils docile éterniser l'enfance Voltaire, Henr. II
Dion proposait-il des voies d'accommodement avec Denys, on le soupçonnait d'intelligence avec ce prince ; cessait-il d'en proposer, on disait qu'il voulait éterniser la guerre, afin de perpétuer son autorité
BARTHÉLEMY, Anach. ch. 60
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3S'éterniser, v. réfl. Se donner une durée sans fin.
Il aurait voulu pouvoir s'éterniser sur la terre dans l'usage des voluptés
Massillon, Car. Avenir.Vous voudriez vous éterniser dans cette vallée de larmes
Massillon, Car. Riche.
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Se perpétuer. C'est ainsi que les abus s'éternisent.
Puisse votre maison s'éterniser, comme vous avez immortalisé votre nom !
Voltaire, Lett. Richelieu, 11 fév. 1764
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Se donner une renommée éternelle.
- Pour vous éterniser sous ces arcs glorieuxQu'une savante main taille aux victorieux Tristan L'Hermite, Mort de Chrispe, I, 3
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Familièrement. Rester longtemps, trop longtemps. Le cardinal Fleury s'éternisa au ministère. On aurait cru qu'il voulait s'éterniser chez nous.
Étymologie
Bas-latin, aeternisare, de aeternus, éternel (voy. ÉTERNEL).