Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

étonner dans le Littré

1 article· 39 citations· rimes· synonymes· conjugaison

étonner v. a. (é-to-né)

  1. 1Causer un ébranlement. Le coup lui a étonné la tête.

    • Terme de vétérinaire. Se dit du sabot d'un cheval qui se heurte violemment à quelque obstacle. Ce cheval s'est étonné le pied.

    • Terme de mineur. Étonner la roche, allumer un bûcher auprès, afin d'en rendre l'abattage plus facile.

    • Terme de métier. Faire fendiller, en le chauffant, le sable destiné à la fabrication du cristal.

    • Étonner un diamant, y faire une fêlure.

    • Il se dit aussi du drap qu'on tire trop.

      • Si on étonne la pièce entière à force de la tirer, et si on en dissout tout l'assemblage en la contraignant par une extension violente à donner 24 aunes au lieu de 18 ou 20 Dict. des arts et m. Drapier
  2. 2Fig. Causer un ébranlement moral.

    • Absolument.

      • Les grandes choses étonnent et les petites rebutent La Bruyère, XII
  3. 3Causer, en qualité d'extraordinaire, de singulier, d'inattendu, une certaine sensation. Les exploits de ce héros étonnent l'univers.

    • Absolument.

      • Ces œuvres marquaient le pouvoir de bien faire plutôt que la volonté d'étonner ; c'étaient des vertus plus que des miracles J.-J. Rousseau, Lettres de la montagne, 3
  4. 4S'étonner, v. réfl. Se dit d'une voûte, lorsque étant surchargée, elle paraît s'affaiblir par le poids.

  5. 5Ressentir un ébranlement moral, hésiter, s'effrayer.

  6. 6Trouver étrange, singulier. Je m'étonne de vos manières.

Étymologie

Wallon, estener, estoner, du lat. ex-tonare, ébranler comme par un coup de tonnerre, d'après Diez ; étymologie qui est confirmée par l'historique où l'on trouve estoner au sens de retentir, et qui rejette la dérivation germanique : angl. to stun, étourdir ; anglo-sax. stunian. Extonare est une forme romane au lieu de la forme latine attonare, frapper de la foudre, étonner. Diez y voit encore ex-tonare, à cause qu'en italien tonare et tronare (in-tronare, étourdir) sont identiques ; mais il est probable que dans estorner nous avons le représentant de l'ancien haut allemand stornên, étonner.

Supplément

ÉTONNER. Ajoutez : - REM. Étonner a été employé impersonnellement. Il vous étonne, c'est-à-dire vous vous étonnez. Cet emploi est peu usité ; mais il n'a rien d'incorrect ; il est même élégant ; comparez : il vous ennuie que....

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander