Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

étude dans le Littré

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étude s. f. (é-tu-d')

  1. 1Application d'esprit pour apprendre ou approfondir les sciences, les lettres, les beaux-arts. Passer les jours et les nuits à l'étude. L'étude des mathématiques.

  2. 2Connaissances acquises. Avoir de l'étude.

    • N'avoir point d'étude, nulle étude, être sans étude, se dit surtout de ceux qui n'ont point les études littéraires qu'on fait d'ordinaire dans la jeunesse.

    • Au plur. Les différents degrés de l'instruction classique. Faire de bonnes études. de mauvaises études. Le cours des études. Traité des études.

      • Sitôt que j'eus achevé tout ce cours d'études, au bout duquel on a coutume d'être reçu au rang des doctes Descartes, Méth. I, 6
      • L'abbé d'Olivet avait dirigé au collége des jésuites les premières études de cet écrivain célèbre [Voltaire] D'Alembert, Éloges, d'Olivet.
      • Faire ses études, passer par les différents degrés d'instruction qui doivent former l'esprit de la jeunesse.

      • On dit de même faire des études. Il n'a pas fait d'études.

  3. 3Terme de théâtre. Action d'apprendre par cœur un rôle.

    • Il ne lui est rien arrivé que je ne lui aie prédit à elle-même, en lui disant adieu, quand je sus l'étude qu'elle faisait de ce rôle Corneille, Lett. à l'abbé de Pure, 12 mars 1659
    • On dit plutôt aujourd'hui étudier un rôle.

    • Mettre une pièce à l'étude, en commencer les répétitions.

    • La pièce est à l'étude, elle est en cours de répétitions.

  4. 4Étude, se dit de tout travail préparatoire. L'étude d'une question. Les études d'un chemin de fer. Mettre un projet de loi à l'étude. Ce plan est encore à l'étude.

  5. 5Un dessin ou un morceau de peinture, de sculpture, exécuté pour l'étude particulière d'un objet. Une étude de draperie, de paysage. Les études de Raphaël.

    • Les études de ces artistes montrent combien ils ont encore besoin d'en faire Diderot, Salon de 1767, Œuv. t. XIV, p. 276, dans POUGENS
    • Nous y vîmes aussi un grand nombre d'études qu'ils avaient faites d'après plusieurs beaux monuments, et en particulier d'après cette fameuse statue de Polyclète, qu'on nomme le canon ou la règle Barthélemy, Anach. ch. 72
    • Tête d'étude, tête dessinée pour servir de modèle.

    • Terme de musique. Composition faite pour exercer au doigté, au jeu d'un instrument. Des études pour le violon.

  6. 6Soin particulier que l'on apporte à quelque chose.

  7. 7Objet d'étude, de soin.

  8. 8En mauvaise part. Affectation, recherche. Éviter l'apprêt et l'étude. Elle plaît sans étude.

    • Que ne puis-je vous représenter cet homme simple et sans étude ? Fléchier, II, 124
    • Toute notre vie est une étude de vanité Massillon, Myst. Ass.
  9. 9Étude est quelquefois un titre d'ouvrage, moins usité, il est vrai, que essai. Études sur la musique ancienne.

  10. 10Anciennement, chambre, cabinet où l'on étudie, où l'on compose.

  11. 11Aujourd'hui, lieu où l'on réunit les élèves pour étudier leurs leçons et faire leurs devoirs. Les études de ce collége sont vastes et bien aérées.

    • On dit très souvent aussi : salle d'étude.

    • Dans les lycées de Paris, au lieu d'étude, on dit ordinairement quartier.

    • Le temps de ces exercices. L'étude la plus longue est celle du soir.

    • Maître d'étude, maître chargé de la surveillance pendant les études, les récréations et les promenades. Le titre officiel est, depuis quelques années, maître-répétiteur.

  12. 12Pièce où un notaire, un avoué, un huissier fait travailler ses clercs.

    • Dépôt des minutes et des papiers que les notaires et les avoués conservent ; clientèle du notaire, de l'avoué, etc. Acheter une étude. Il cède son étude à son premier clerc.

Remarque

Étude a été longtemps masculin, d'après le latin qui est neutre. " Étude pour un lieu où l'on étudie est féminin ; étude pour travail d'étudier est masculin ; qui fait au contraire n'y entend rien, " MALH. Comment. sur Desportes, édit. LALANNE, t. IV, p. 345. Cela est répété par Chifflet, Gramm. p. 149. Aujourd'hui la terminaison féminine l'a définitivement emporté, et étude est uniquement du féminin.

Étymologie

Wallon, sitûd, s. f. ; provenç. estudi ; espagn. estudio ; portug. estudo ; ital. studio ; du lat. studium. Estudie au XIIe siècle est purement orthographique ; le vers montre que la prononciation était estuide. Plus tard estudie se dit, mais alors il est calqué sur le latin.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander