abandon s. m. (a-ban-don)
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1Remise entre les mains de.... L'abandon à la Providence.
Il faut tout trancher par l'abandon envers Dieu
Bossuet, Lett. Corn. I- lui gagnerait le cœur d'un prince libéral,Et de tous ses trésors l'abandon général Corneille, Méd. II, 2
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2Terme de droit. Cession, acte par lequel un débiteur délaisse ses biens à ses créanciers. Il a fait à ses créanciers l'abandon de ses terres.
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3Facilité dans le discours, simplicité, négligence heureuse. Parler avec abandon. Cette femme a dans ses manières un abandon séduisant. Gracieux abandon. Doux abandon. On trouve dans l'exécution de ce tableau un heureux abandon.
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4Confiance entière. Il m'a parlé avec abandon, avec un entier abandon.
- Dans l'abandon de sa vive amitié,Hier à son rival Montfort s'est confié Casimir Delavigne, V, Sic. I, 2
- Et dans ce trouble heureux dont j'aimais l'abandon Casimir Delavigne, Paria, I, 2
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5Action d'abandonner. L'abandon des intérêts communs.
Or ce péché ne peut être mieux puni que par l'abandon de Dieu
Bourdaloue, Carême, t. I, p. 212- Et de ses intérêts un si grand abandon Corneille, Sert. IV, 2
Ce sont là de ces exemples rares et terribles de la justice de Dieu sur les hommes ; et s'il y en a eu sur la terre, ils prouvent seulement jusqu'où peut aller quelquefois son abandon et la puissance de sa colère
Massillon, Car. évid. de la loi.Il y aurait un lâche abandon de moi-même à souffrir qu'on me déshonore
Voltaire, dans Laveaux.
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6État d'une personne ou d'une chose abandonnée. Ce vieillard est dans l'abandon.
L'homme sent alors son néant, son abandon
Pascal, édit. Cousin.- Mes mains désespéréesDans ce grand abandon seront plus assurées Voltaire, Œd. IV, 4
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Abandon a le sens actif et le sens passif. L'abandon des amis peut également signifier ou qu'on abandonne ses amis ou qu'ils nous abandonnent. L'abandon du sénat, l'abandon où le sénat est laissé, et l'abandon où il laisse. Il faut donc, toutes les fois qu'on se servira de cette construction, prendre garde à l'amphibologie et, s'il reste du doute sur le sens, changer la tournure.
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7À L'ABANDON, loc. adv. Sans soins, sans réserve. Camp à l'abandon. Son enfant fut à l'abandon. Il laissa ses terres à l'abandon. On le logea et on lui mit toute la maison à l'abandon.
Tout l'occident est à l'abandon
Bossuet, Hist. III, 7Comme un pays laissé à l'abandon
Bossuet, Polit.Vous laisserez à l'abandon votre santé et votre vie
Bossuet, Dév. 2Tu laisses aller tes affaires à l'abandon
Molière, Mal. imag. 1er interm.- L'épargne de mon père entièrement ouverte,Lui met à l'abandon tous les trésors du roi Corneille, Méd. II, 4
Mais je m'étonne fort de voir à l'abandon Du prince Héraclius les droits avec le nom
Corneille, Hér. II, 8- A l'une ou l'autre enfin votre âme à l'abandonNe lui pourra jamais refuser ce pardon Corneille, Perth. IV, 1
Après avoir.... mis à l'abandon ton pays désolé
Régnier, Ép. I- L'œil farouche et troublé, l'esprit à l'abandon Régnier, Sat. II
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8Terme de bourse. Acte par lequel l'acheteur renonce à un marché conclu en consentant à payer la prime.
Étymologie
Provenç. abandon ; espagn. abandono ; ital. abandono. Par les exemples historiques on voit que abandon est un mot composé de à et bandon. Bandon, en vieux français et en provençal, signifie permission, autorisation, décret ; il répond à un mot bas-latin bando, bandonis, de même signification que bandum, band en danois, bannen en allemand, ordre, prescription ; et en définitive c'est simplement une autre forme de notre mot ban (voy. ce mot). Dès lors on voit la série des significations : mettre à bandon, c'est mettre à permission, à autorité ; c'est donc remettre, céder, confier, laisser aller et finalement délaisser.