abominable adj. (a-bo-mina-bl')
-
1Qui mérite répulsion, aversion. Ils ont tenu des propos abominables. Jours abominables. C'est une femme abominable. Projets abominables.
Tout ce qui est dans les hommes, est abominable
Pascal, Édit. Cousin.Des plaisirs abominables
Pascal, ib.De l'offrir [le saint sacrifice de l'Eucharistie] pour avoir de quoi contenter nos passions, de quoi nourrir nos cupidités... ne serait-ce pas l'usage le plus abominable ?
Bourdaloue, Pens. t. III, p. 291Ah ! quel abominable maître me vois-je obligé de servir
Molière, Festin de Pierre, I, 14- Voilà, je vous l'avoue, un homme abominable Molière, Tart. IV, 6
- Qui ? ce chef d'une race abominable, impie Racine, Est. II, 1
Fourbe abominable
Voltaire, Zaïre, IV, 5- L'abominable arrêt de ce conseil farouche Voltaire, Alz. v, 4
-
2Par exagération, se dit de tout ce qui est très mauvais. Une odeur abominable. Il fait un temps abominable.
-
Se dit des personnes et des choses, et se met avant ou après le substantif, suivant l'oreille, surtout dans le style poétique et passionné ; car dans le style ordinaire il se met presque toujours après.
-
Étymologie
Provenç. abhomenable ; espagn. abominable ; ital. abbominabile ; de abominabilis, de abominor, détester, de ab, indiquant l'éloignement, et omen, présage : abominable, ce qui doit être écarté comme un mauvais présage. Omen, d'après les Latins, signifie proprement un augure qui se fait par la bouche des hommes, comme l'explique Cicéron, De div. I, 45, et par extension toute espèce de présage bon ou mauvais. Ainsi, pendant que les Romains délibéraient après la destruction de Rome par les Gaulois, s'ils iraient s'établir à Veies, un centurion qui faisait ranger sa troupe, cria : Porte-drapeau, arrête le drapeau, nous serons très bien ici. Le sénat, entendant cette parole, s'écria qu'il acceptait l'augure (omen). En conséquence, les Latins ont fait venir omen, archaïque osmen, de os, bouche (voy. ORAL).