abri s. m. (a-bri)
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1Ce qui protége contre.... Abri contre la pluie. Sous un abri sûr. Le mauvais temps les força de chercher un abri. La côte offrait un abri au vaisseau. Cette rade est un abri. La montagne sert d'abri contre le vent du nord.
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2Fig. Ce qui préserve. Abri contre le malheur. L'accusé trouva un abri dans sa dignité.
Sous l'abri d'un grand nom sûr de l'impunité, à d'horribles excès leur orgueil s'est porté
Casimir Delavigne, V, Sicil. II, 2
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3À L'ABRI, loc. adv. Se tenir à l'abri dans sa maison.
Dans une rade où ils se trouvèrent à l'abri
Fénelon, Tél. IXVous ne pouvez qu'aux dépens de sa tête Mettre à l'abri la vôtre
Corneille, Mort de P. I, 1- Il fallut se mettre à l'abri La Fontaine, Fiancée.
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4À L'ABRI DE, loc. prépositive. En sûreté contre. Être à l'abri du froid. Afin que les défenseurs fussent à l'abri des balles. être à l'abri de l'injure. Personne n'est à l'abri du mal. A l'abri des railleries. Le port est à l'abri de tous les vents.
- Rien ne met à l'abri de cet ordre fatal Racine, Esth. I, 3
Les montagnes mettent cette côte à l'abri des vents
Fénelon, Tél. III- J'essuyai les mépris qu'à l'abri du dangerL'orgueilleux citoyen prodigue à l'étranger Voltaire, Orph. II, 6
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5À L'ABRI DE, En sûreté sous. Mouiller à l'abri d'une terre. À l'abri d'une cabane, nous laissâmes passer l'orage. Il se mit à l'abri du fleuve. À l'abri de son déguisement, il parcourait les campagnes.
Ils ont des amis qu'ils vous mettront en tête, et, à l'abri de ces protecteurs, ils sont en état de repousser tous vos coups et de résister à tous vos efforts
Bourdaloue, Pens. t. II, p. 264Et vous et vos enfants, vos amis, votre époux, A l'abri du sénat aurez un sort plus doux
MAIRET, Mort d'Asd. IV, 4- À l'abri de ce trône attendez mon retour Racine, Esth. II, 8
- Encor si vous naissiez à l'abri du feuillageDont je couvre le voisinage La Fontaine, Fab. I, 22
- Un galant de qui tout le métierEst de courir le jour de quartier en quartier,Et d'aller à l'abri d'une perruque blondeDe ses froides douceurs fatiguer tout le monde Boileau, Sat. IV
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Étymologie
Bourguign. averi, aibri ; wall. à l'abri, exposé : èse à l'abri del plaive, être exposé à la pluie ; bas-lat. abrica, abriga ; provenç. abric ; catal. abrig ; espagn. et port. abrigo ; du latin apricus, exposé au soleil. La concordance est complète pour la forme ; apricus ayant l'accent sur la seconde syllabe, l'accent est resté dans les langues romanes sur cette même syllabe ; ce qui est la règle de la dérivation. La signification seule fait difficulté. Mais les langues romanes ont pris se mettre à l'abri pour se mettre à couvert, parce que les choses exposées au soleil sont en quelque sorte à couvert du frold et du mauvais temps. D'ailleurs la signification d'exposé au grand air se trouve dans le wallon, comme on voit. Les langues germaniques ont aber, exposé au soleil, anc. haut allem. âpon, serein, qui paraissent avoir de la parenté avec le mot latin. Diez n'accepte pas cette étymologie, y objectant que l'italien n'a pas ce mot qu'il aurait s'il venait d'apricus, et que le sens ne peut pas passer de exposé au soleil, au sens de à couvert. En conséquence il propose l'allemand bergen, au présent birg, cacher, mettre en sûreté ; d'où, par une métathèse de l'r, et avec la préposition romane à, on a abric. Malgré ces objections, l'étymologie latine me paraît la plus vraisemblable.