Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

abri dans le Littré

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abri s. m. (a-bri)

  1. 1Ce qui protége contre.... Abri contre la pluie. Sous un abri sûr. Le mauvais temps les força de chercher un abri. La côte offrait un abri au vaisseau. Cette rade est un abri. La montagne sert d'abri contre le vent du nord.

  2. 2Fig. Ce qui préserve. Abri contre le malheur. L'accusé trouva un abri dans sa dignité.

    • Sous l'abri d'un grand nom sûr de l'impunité, à d'horribles excès leur orgueil s'est porté Casimir Delavigne, V, Sicil. II, 2
  3. 3À L'ABRI, loc. adv. Se tenir à l'abri dans sa maison.

    • Dans une rade où ils se trouvèrent à l'abri Fénelon, Tél. IX
    • Vous ne pouvez qu'aux dépens de sa tête Mettre à l'abri la vôtre Corneille, Mort de P. I, 1
    • Il fallut se mettre à l'abri La Fontaine, Fiancée.
  4. 4À L'ABRI DE, loc. prépositive. En sûreté contre. Être à l'abri du froid. Afin que les défenseurs fussent à l'abri des balles. être à l'abri de l'injure. Personne n'est à l'abri du mal. A l'abri des railleries. Le port est à l'abri de tous les vents.

  5. 5À L'ABRI DE, En sûreté sous. Mouiller à l'abri d'une terre. À l'abri d'une cabane, nous laissâmes passer l'orage. Il se mit à l'abri du fleuve. À l'abri de son déguisement, il parcourait les campagnes.

  6. 6

Étymologie

Bourguign. averi, aibri ; wall. à l'abri, exposé : èse à l'abri del plaive, être exposé à la pluie ; bas-lat. abrica, abriga ; provenç. abric ; catal. abrig ; espagn. et port. abrigo ; du latin apricus, exposé au soleil. La concordance est complète pour la forme ; apricus ayant l'accent sur la seconde syllabe, l'accent est resté dans les langues romanes sur cette même syllabe ; ce qui est la règle de la dérivation. La signification seule fait difficulté. Mais les langues romanes ont pris se mettre à l'abri pour se mettre à couvert, parce que les choses exposées au soleil sont en quelque sorte à couvert du frold et du mauvais temps. D'ailleurs la signification d'exposé au grand air se trouve dans le wallon, comme on voit. Les langues germaniques ont aber, exposé au soleil, anc. haut allem. âpon, serein, qui paraissent avoir de la parenté avec le mot latin. Diez n'accepte pas cette étymologie, y objectant que l'italien n'a pas ce mot qu'il aurait s'il venait d'apricus, et que le sens ne peut pas passer de exposé au soleil, au sens de à couvert. En conséquence il propose l'allemand bergen, au présent birg, cacher, mettre en sûreté ; d'où, par une métathèse de l'r, et avec la préposition romane à, on a abric. Malgré ces objections, l'étymologie latine me paraît la plus vraisemblable.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander