Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

accabler dans le Littré

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accabler v. a. (a-ka-blé)

  1. 1Faire succomber sous. Accabler de coups de poing. Être accablé sous un fardeau. Ce fardeau énorme vous accable, quelque fort que vous soyez. Le poids des entreprises qu'il a commencées l'accable. Ses dettes finiront par l'accabler. Il fut accablé par la chute d'un rocher.

  2. 2Vaincre, ruiner, faire succomber. Il a été accablé par le nombre des ennemis. Ce désastre les accabla. Accabler un innocent. Ce dernier témoignage l'accabla. Accabler l'ennemi. Ainsi tout m'accable à la fois. Il a accablé ses adversaires de tant d'arguments. Je suis assez puni ; ne m'accablez pas.

  3. 3Fig. Il est accablé de maladies. Un si grand malheur m'accable. Je suis si accablé de douleur que.... On l'accable d'injures, d'outrages. Accabler quelqu'un de questions. Depuis qu'il est en place, ses connaissances l'accablent de sollicitations.

    • Le sommeil l'accablait Le combat qu'elle [la vertu] soutient au dedans contre tant de tentations qui accablent la nature humaine Bossuet, Reine d'Angleterre.
    • L'ambition, l'amour, le dépit, tout m'accable Voltaire, Brut. II, 1
    • Et plus vous la pouvez accabler d'infamie Corneille, Nic. III, 4
    • Le poids de mes habitudes m'accable, la multitude et la grièveté de mes offenses m'effraye Bourdaloue, Pensées, t. II, p. 159
    • S'il pouvait apprendre que son fils ne sait imiter ni sa patience ni son courage, cette nouvelle l'accablerait de honte, et lui serait plus rude que tous les malheurs qu'il souffre depuis si longtemps Fénelon, Tél. II
    • La mort de M. de Guise dont je suis accablée Mme de Sévigné, 73
    • Absolument.

      • Cette nouvelle accable Mme de Sévigné, 147
  4. 4Être à charge.

  5. 5Charger en bonne part. Accabler de biens, de louanges, de politesses.

  6. 6Absolument. Vous m'accablez, vous êtes trop bon, trop poli, etc.

  7. 7S'accabler, v. réfl. Il ne faut pas s'accabler de travail.

Synonymes

ACCABLER, OPPRIMER, OPPRESSER. Accabler exprime l'idée la plus générale ; il veut dire simple ment faire succomber sous le poids ; il se prend en bonne et en mauvaise part : accabler de chagrin, accabler de bienfaits. Les Romains accablèrent les Carthaginois. Opprimer ne se prend qu'en mauvaise part : le fort opprime le faible ; un roi opprime ses sujets ; un tyran domestique opprime sa femme et ses enfants. Oppresser n'indique qu'une action physique : une respiration gênée est oppressée ; oppressé par la douleur. De ce côté, oppresser redevient équivalent à accabler, sauf que oppresser indique plutôt la gêne de la suffocation, et accabler l'anéantissement des forces. C'est l'usage seul qui a introduit une différence entre opprimer et oppresser ; car ils sont de même origine, si bien que l'oppresseur est non pas celui qui oppresse, mais celui qui opprime.

Étymologie

À et ancien français caabler. DU CANGE, au mot cité, rapporte ceci : De abattre à terre, que l'on appelle caable ; ce qui est traduit en latin : De prostratione ad terram quod quadablum (ou cadabalum) dicitur. Caabler ou chaabler veut donc dire renverser, et il vient du bas-latin cadabalum ou chadabula, en vieux français, chaable qui signifie une machine de guerre (voy. CHABLIS).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander