accoutumer (a-kou-tu-mé)
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1V. a. Faire prendre une coutume. Vous avez accoutumé votre fils à ne point vous cacher ses secrets. Accoutumer un taureau à la charrue. Accoutumer un État libre à la servitude.
Il accoutuma ses troupes à.... La bonne éducation des enfants qu'on accoutumait à l'obéissance, au travail, à la sobriété, à l'amour des arts ou des lettres
Fénelon, Tél. IIAccoutumez vos peuples à suivre inviolablement les règles
Fénelon, ib. IIID'autres peuples, profitant de votre imprudence, attirent chez eux les étrangers et les accoutument à se passer de vous
Fénelon, ib.Il trouve moyen de nous apaiser, de nous accoutumer insensiblement au discours de sa passion
Molière, Préc. Rid. 5Et l'indigne prison où je suis renfermé, A la voir de plus près m'a même accoutumé
Racine, Baj. II, 6- La main qui vous opprime et que vous soutenez,Les accoutume au joug que vous leur destinez Corneille, Sert. III, 2
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2Avoir accoutumé, v. n. (Usité seulement aux temps composés : j'ai accoutumé, j'aurai accoutumé, que j'aie accoutumé, que j'eusse accoutumé ; il veut, avec un infinitif, la préposition de) Avoir coutume.
Il cite ce passage selon les Septante, comme il avait accoutumé
Bossuet, Hist. II, 7Les hommes n'ayant pas accoutumé de former le mérite
Pascal, Rel. 51Je n'ai point accoutumé de dissimuler mes défauts
Corneille, Ex. d'Hor.- La colère du roi, comme dit Salomon,Est terrible, et surtout celle du roi lion ;Mais ce cerf n'avait pas accoutumé de lire La Fontaine, Fab. VIII, 14
Allez, monsieur, on voit bien que vous n'avez pas accoutumé de parler à des visages
Molière, Mal. im. III, 6Comme les rois, par grandeur et par dignité, ont accoutumé de traiter leurs grandes affaires par l'entremise de leurs ministres
Fléchier, Panég. I, 279Ils sont accablés d'un fardeau qu'ils n'ont pas accoutumé de porter
Fléchier, ib. II, 354Quelles précautions n'avait-il pas accoutumé de prendre !
Fléchier, Letell.Je ne sais ; mais vous n'avez pas accoutumé d'être ainsi
BRUEYS, le Muet, III, 2Les animaux qui ont accoutumé de ne sortir que pendant la nuit
Fénelon, Tél. XVIIIThalès avait accoutumé de remercier les dieux de trois choses : d'être né raisonnable plutôt que bête ; homme plutôt que femme ; grec plutôt que barbare
Fénelon, Philosoph. Thalès.L'ambition dont il était dévoré se trouvant jointe à une vanité excessive, il prit le chemin qu'ont accoutumé de tenir ceux qui affectent la tyrannie
VERTOT, Rév. rom. VII, 217L'avocat ou conseil qu'on avait accoutumé de donner aux accusés
Voltaire, L. XV, chap. 42Une terre sur laquelle nous avions accoutumé de lever le cens
Montesquieu, Esprit, XXX, 15Les vierges avaient accoutumé de laver leurs robes d'écorce dans ce lieu
Chateaubriand, Atala, 235
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En ce sens, accoutumer prend aussi pour sujet un nom de chose.
La connaissance des premiers principes n'a pas accoutumé d'être appelée science
Descartes, Rép. 2Mes lettres n'avaient pas accoutumé de se suivre de si près ni d'être si étendues
Pascal, Prov. 16
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Construit ordinairement avec l'auxiliaire avoir, il peut prendre aussi l'auxiliaire être :
On est accoutumé de se laisser aller au péché par les caresses des femmes
Pascal, Prov. 15Le soin qu'on eut de garnir la salle d'une foule de docteurs, moines et mendiants, qui n'étaient pas accoutumés de s'y trouver, fit dire à Pascal....
Voltaire, L. XIV, chap. 37Cette solitude, il [le duc d'Orléans] était trop accoutumé du bruit pour la pouvoir supporter
Saint-Simon, 326, 19
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Des grammairiens ont signalé comme une locution vicieuse l'emploi de l'auxiliaire être ; on voit que de très bons auteurs s'en sont servis, et il ne peut y avoir aucun scrupule à s'en servir aussi après eux.
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On remarquera que, neutre, ce verbe n'est employé qu'aux temps composés ; mais il n'en faut pas conclure qu'il ne soit pas verbe neutre ; l'emploi que nous en faisons de cette manière n'est qu'un débris de l'ancien usage, suivant lequel accoutumer pouvait être neutre aux temps simples comme aux temps composés (voy. HISTORIQUE).
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S'ACCOUTUMER, v. réfl. Contracter une habitude. S'accoutumer aux armes. Il s'était accoutumé à se contenter de peu.
Une volonté indocile qui ne peut s'accoutumer au joug
Bourdaloue, Pensées, t. II, p. 74- Ses yeux même pourront s'accoutumer aux miens Racine, Bérén. III, 2
Ah ! ma sœur, puisqu'enfin mon destin éclairci Veut que je m'accoutume à vous nommer ainsi....
Corneille, Hér. III, 1- Bientôt on s'accoutume à des maîtres nouveaux Voltaire, Irène, v, 6
- Descends du haut des cieux, auguste vérité,Que l'oreille des rois s'accoutume à t'entendre Voltaire, Henr. I
Comment avez-vous pu vous accoutumer au secret dans une si grande jeunesse ?
Fénelon, Tél. IIIIls deviendraient comme un homme qui a de bonnes jambes et qui, perdant l'habitude de marcher, s'accoutume enfin au besoin d'être toujours porté comme un malade
Fénelon, ib. VIII- Mais du nom des Césars Rome toujours charmée,Sous un si noble joug s'est trop accoutumée M. de Néron, V, 1
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S'accoutumer veut d'ordinaire à avec l'infinitif ; mais on dit aussi de.
On s'accoutume de donner, comme le monde, à toutes les passions, des noms adoucis
Massillon, Conf. Fuite du monde.Il vous importe de vous accoutumer de bonne heure de haïr l'injustice
Voiture, Lett. 9
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S'accoutumer avec. Il a eu beaucoup de peine à s'accoutumer avec ce voisin que le hasard lui a donné. Il faut s'accoutumer de bonne heure avec ces sortes d'idées, si l'on veut se les rendre familières.
Synonymes
S'ACCOUTUMER à, S'ACCOUTUMER AVEC. On emploiera de préférence avec, quand s'accoutumer s'approchera du sens de se familiariser. On s'accoutume avec quelqu'un, quand on se fait à ses manières. S'accoutumer avec le péril, c'est devenir familier avec le péril et en faire une sorte de connaissance ; s'accoutumer au péril, c'est, y étant souvent exposé, le considérer comme une chose habituelle et qui ne surprend plus. S'accoutumer avec exprime donc quelque chose de plus intime, de plus étroit.
Étymologie
À et coutume ; bourguig. écoutumé ; provenç. acostumar ; espagn. acostumbrar ; ital. accostumare.