agacer v. a. (a-ga-sé. Le c prend une cédille quand il se trouve devant un a ou un o)
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1Causer de l'agacement. Ce bruit agace les dents.
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2Agacer les nerfs, causer une irritation intérieure.
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3Figurément, faire des agaceries.
Je voudrais qu'on les agaçât pour les exciter à parler
J.-J. Rousseau, Ém. v.Las de l'avoir inutilement agacé sur d'autres sujets
Hamilton, Gramm. 4Mme Duplessis agaçait ma fille ; ma fille la battait
Mme de Sévigné, 70- Au salon ou sur la pelouse,Laure, jamais ne m'agacez Béranger, Passez, j. filles.
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4S'agacer, v. réfl. Devenir agacé. Cette femme s'agace d'un rien.
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S'agacer l'un l'autre.
Quel plaisir de.... Manger sur nos genoux nos fruits et notre pain, Nous agacer du coude et nous prendre la main
Lamartine, Joc. IX, 342Et plus loin des valets l'un l'autre s'agaçans
Boileau, Sat. VI
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Remarque
Boileau a accordé ce participe présent, suivant en cela l'ancienne règle qui le traitait absolument comme un adjectif ; depuis, la grammaire a changé ; et, en des cas pareils, ce serait aux poëtes à voir s'ils veulent ou non suivre l'archaïsme.
Étymologie
Norm. agasser, crier après quelqu'un avec aigreur ; picard, agacher, agucher ; bourguig. agaçai ; ital. agazzare, provoquer. Ménage tire ce mot de l'italien allegare qui a le sens de agacer les dents ; mais agacer est ancien dans la langue, et n'a pas une origine italienne. Diez le fait venir de l'ancien haut-allemand hazjan, nouvel allemand hetzen, poursuivre, harceler, avec la particule romane à, ce qui a permis de changer h en g. Cette dérivation a beaucoup pour soi. Cependant il faut faire entrer en considération l'ancienne forme aacer ; elle ne s'explique ou qu'en supposant un verbe composé de à et un radical acer, comme aovrir, aorer, aüner, etc. (mais alors comment ce radical n'a-t-il pas gardé l'h de hazjan, et n'est-il pas ahacer ?) ; ou bien qu'en admettant que le g est tombé, comme tombaient beaucoup de consonnes intermédiaires entre deux voyelles. Mais cette seconde hypothèse conduirait à considérer aacer comme formé de agace, pie, par cette suppression très commune d'une consonne intermédiaire et non commençant le mot. En Normandie, on dit qu'un oiseau agace, en parlant de ses cris quand son nid est attaqué, et les vers cités au mot AGASSE établissent cette dérivation. La série des sens serait agacer, crier comme la pie qui chasse les autres oiseaux, puis piquer, exciter, provoquer, et enfin irriter les dents. Près Paris, on dit aguicher un chien. Comme on voit, il y a deux étymologies en présence : le verbe allemand hazjan et le mot français agace. Dans Olivier de Serres, on trouve agassin avec le sens de bourgeon venu sur le bois dur (p. 170) et avec celui de cor au pied (p. 969) ; ainsi dit, dans le premier cas, parce que le bourgeon venu sur le bois dur a quelque chose de hardi et qui provoque ; dans le second, parce qu'un cor au pied est quelque chose d'agaçant.