Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

aide dans le Littré

4 articles· 31 citations· rimes· synonymes

1aide s. f. (ê-d')

  1. 1Secours, protection. Demander de l'aide à quelqu'un. Leur aide nous fut très utile. Il recourra, dans le besoin, à notre aide. Ils appelèrent le temps à leur aide. Il fit cela avec l'aide de ses amis. Vous êtes toute son aide. Il n'a pas eu d'autre aide que les livres qui étaient sous sa main.

  2. 2Donner aide, assister.

  3. 3Être, venir en aide, seconder, secourir.

    • Dieu vous soit en aide ! locution dont on se sert quand quelqu'un éternue.

    • Ainsi Dieu me soit en aide, espèce de serment pour affirmer solennellement une chose. Je le ferai, ainsi Dieu me soit en aide.

  4. 4À l'aide ! loc. adv. ellipt. venez au secours, à l'aide.

  5. 5À l'aide de, loc. prépos. Par le moyen de. À l'aide d'un temps favorable il débarqua dans l'île. À l'aide de cette erreur.

  6. 6Église, chapelle, succursale d'une église paroissiale dont les habitants sont trop éloignés. Sainte Marguerite était une des aides de la paroisse Saint-Paul.

  7. 7S. f. plur. Se disait des subsides, des levées de deniers qui se faisaient sur le peuple, pour aider à soutenir les dépenses de l'État. Octroi des aides, fermier des aides. Les aides montent à tant. Les contributions indirectes ont remplacé les aides.

    • Il me fit entendre qu'il cachait son vin à cause des aides J. J. ROUSSEAU, Conf. IV
    • Entrerai-je dans le huitième denier ou dans les aides ? La Bruyère, 14
    • Cour des aides, compagnie supérieure, qui jugeait des affaires concernant ces sortes de subsides. Président, conseiller à la cour des aides.

      • Le président Amelot fut désavoué publiquement par la cour des aides Retz, IV, 133
    • Il se disait aussi du lieu où cette compagnie s'assemblait. Vous le trouverez à la cour des aides.

    • Au figuré et par plaisanterie, aller à la cour des aides, aller aux emprunts, faire faire une partie de son travail par un autre.

  8. 8En termes de manége, aide s'entend des moyens par lesquels le cavalier agit sur son cheval. Les aides supérieures sont celles des mains ; elles agissent par l'intermédiaire des rênes. Les aides inférieures sont celles des jambes ; elles agissent par les cuisses, les jarrets, le gras des jambes, l'éperon et l'étrier. Le cavalier a les aides fines quand il les emploie avec méthode et précision. Le cheval a les aides fines lorsqu'il est très sensible aux aides. On le dit quelquefois au singulier : Le cheval sans aucune aide.... Donner les aides extrêmement fines, bien manier un cheval.

Synonymes

AIDE, ASSISTANCE, SECOURS. Aide est le terme le plus général : on aide quelqu'un quand on lui rend un service dont il a besoin ; il ne peut faire une chose, il n'est pas assez fort ; on lui vient en aide. On lui vient en aide encore par de l'argent. Secours est plus particulier ; il indique non pas seulement que la personne a besoin de quelque chose, mais qu'elle est précisément dans un péril, dans une situation pénible, embarrassée. Celui qu'on aide fait quelque chose qu'il ne peut terminer seul ; celui qu'on secourt a besoin qu'on le tire de gêne, d'embarras, de péril. Assistance se rapproche beaucoup d'aide, sauf en un point, c'est que assistance rappelle à l'esprit son étymologie qui est assister, être présent à, être auprès de ; cela limite beaucoup l'emploi de ce mot. À plus forte raison faut-il écarter de la synonymie appui, que quelques-uns font entrer ici : appui a toujours avec lui son sens étymologique qui indique en quelles circonstances on peut le préférer à aide, à secours, à assistance.

Proverbes

Un peu d'aide fait grand bien. Bon droit a besoin d'aide, c'est-à-dire quelque évident que soit un droit, il est bon de le faire appuyer.

Étymologie

Berry, aïde ; picard, ayude, eyude ; provenç. ajudha, ajuda, ahia ; espagn. ayuda ; ital. aita ; d'un bas-latin adjuta, du supin adjutum, de adjuvare, de ad, à (voy. À), et juvare, aider, plaire. Les anciennes formes françaises sont aïude, aïue, aïde, aïe. Les formes ahia, aita, aïde, aïe, qui sont congénères, ne s'expliquent qu'en supposant qu'à côté d'adjutum avec u long, il y a eu un adjutum avec u bref, d'où un déplacement de l'accent et par suite, aïde. À Paris, dans le peuple on dit souvent aïde. On prononçait ainsi dans le XVIe siècle, comme l'indique Palsgrave, p. 11. Dans le XVIIe s. Chifflet, Gramm. p. 197, recommande de ne séparer jamais l'i, ainsi que quelques-uns qui prononcent mal.

2aide s. m. et f. (ê-d')

  1. 1Se dit des personnes qui prêtent leur concours à une autre. Ce chirurgien a deux aides très adroits. Cette infirmière est une aide intelligente.

    • Si tu cherches un aide à traiter d'imposteur, Un roi qui t'a fermé la porte de mon cœur Corneille, Perth. III, 4
  2. 2Aide-maçon ou aide à maçon, manœuvre qui aide le maçon.

  3. 3Aide de cuisine, celui qui sert sous le chef de cuisine.

  4. 4Aide des cérémonies, officier qui sert sous le grand maître des cérémonies.

  5. 5Aide de camp, officier attaché à un général.

    • Au bout de quelques années, il se défit du régiment pour s'attacher plus particulièrement à la personne du roi, qu'il suivit toujours dans ses campagnes, en qualité de son aide de camp Fontenelle, Dangeau.
    • Aide-major ou aide-chirurgien, chirurgien adjoint ou chirurgien-major. Sous-aide, celui qui est subordonné à l'aide-major.

      • Aide-major ou aide-major de corps, officier placé sous la direction immédiate du major de corps et le remplaçant en cas d'absence. Ce grade n'existe plus, GÉNÉRAL BARDIN.
    • Aide-major de place, officier sous la direction du major de place. Ce grade est aujourd'hui remplacé par celui d'adjudant de place.

    • Aide-major général, titre qui se donne aux officiers généraux directement employés sous les ordres du major général. Autrefois il y avait eu sous ce nom des officiers majors de corps exerçant auprès des détachements les fonctions de major général.

    • Aide-major des logis, officier dont les fonctions étaient analogues à celles des officiers d'état-major des armées républicaines.

  6. 6Aide de plongeur, dans la pêche des perles, pêcheur qui se tient dans une barque prêt à retirer le plongeur au premier signal que celui-ci donne au moyen d'une corde.

  7. 7Aide maître de pont ou chableur, celui qui aide à conduire les bateaux dans les passages difficiles.

  8. 8Aide ou assistante, religieuse qui aide celle qui est en charge.

  9. 9Dans la marine, officier marinier de canonnage, de timonerie, de charpentage, sous le maître et le second maître de chacun de ces états. On appelle aussi aides deux matelots appariés pour s'assister réciproquement dans leurs fonctions.

  10. 10Aide, domestique du bourreau. L'exécuteur et ses aides.

Étymologie

Aide.

3aidé, ée part. passé. (ê-dé, dée)

  1. 1Aidé par tous ses amis. Aidé de ses amis. Aidé de la lecture des anciens. Aidé de son courage.

  2. 2Ce qui n'est pas spontané. Sa mort a été aidée.

    • On s'appercevait bien que la vocation avait été aidée Saint-Simon, 52, 125

4laid, aide adj. (lè, lè-d' ; le d se lie dans les cas rares où cet adjectif précède son substantif : un lè-t animal ; Chifflet, même en ce cas, dit que le d ne se prononce pas, Gramm. p. 213. Autrement, il ne se lie pas, prononcez : lè à faire peur ; au pluriel, l's se lie : de lè-z animaux)

  1. 1Qui déplaît à la vue, pour quelque défectuosité dans la forme ou la couleur, en parlant du corps et de ses parties. Un visage laid. Elle a les mains laides, la gorge laide. Elle est laide à faire peur. Il est laid comme une chenille.

    • M. Arnauld [le célèbre Arnauld] est un petit homme noir et laid, né à Paris, fils d'un savant avocat qui a autrefois plaidé vigoureusement contre les jésuites GUI PATIN, Lettres, t. II, p. 237
    • On ne saurait dire si Ésope eut sujet de remercier la nature, ou bien de se plaindre d'elle ; car, en le douant d'un très bel esprit, elle le fit naître difforme et laid de visage La Fontaine, Vie d'Ésope.
    • Mlle d'Arpajon est fiancée aujourd'hui à Versailles avec M. le comte de Rouci ; on veut qu'il ait dit à Mlle d'Arpajon : Mademoiselle, encore que vous soyez laide, je ne laisserai pas de vous bien aimer Mme de Sévigné, 7 fév. 1689
    • Guilleragues disait hier que Pellisson abusait de la permission qu'ont les hommes d'être laids Mme de Sévigné, 5 janv. 1674
    • Ne trouvez-vous pas qu'elle ressemble à Javotte (c'était une fille qui la servait, et qui en effet me ressemblait, mais en laid) ? Marivaux, Marianne, 5e part.
    • Et si c'était un monstre ? - Oh ! tais-toi ; tu m'excèdes ; Les personnes d'esprit sont-elles jamais laides ? Piron, Métromanie, II, 8
    • J'ai souvent remarqué que, dans les villages où la pauvreté est moins grande que dans les autres villages voisins, les hommes y sont aussi mieux faits et les visages moins laids Buffon, Hist. nat. homme.
    • Quoiqu'il [Cratès] fût laid de visage et bossu, il inspira la passion la plus violente à Hipparchia, sœur du philosophe Métrocle Diderot, Opin. des anc. phil. (cyniques).
    • Familièrement. Un laid magot, homme extrêmement laid ; une laide guenon, femme extrêmement laide.

    • Il se dit aussi des animaux. Un chien fort laid.

  2. 2En général, désagréable à voir. Cette maison est laide. Le temps est bien laid aujourd'hui.

  3. 3Déshonnête, contraire à la bienséance, au devoir. Ce que vous dites là est bien laid. Il est bien laid à vous d'avoir manqué à votre promesse.

  4. 4S. m. et f. Celui qui est laid, celle qui est laide.

    • Fi ! le laid ! Mlle de Noailles, sans exception, la plus aimable laide du monde Mme de Maintenon, Lett. au duc de Noailles, 22 fév. 1706
    • Si une laide se fait aimer, ce ne peut être qu'éperdument La Bruyère, IV
  5. 5S. m. Ce qui est laid, par opposition au beau. Des artistes ont préconisé le laid.

    • Ce qu'il y a de laid en quelque chose.

      • Je vous ai dit le beau de l'aventure, mais voici le laid. Mais le premier [le début du plaidoyer], monsieur, c'est le beau. - C'est le laid Racine, Plaid. III, 3

Étymologie

Provenç. laid, laig, lait, lag, lai ; ital. laido ; du germanique ; anglo-sax. ladh, odieux ; anc. haut allem. leid, désagréable ; suéd. led. Laid a donc signifié haïssable, avant de signifier vilain. Le latin laedere, à cause du sens, ne peut entrer en ligne de compte ; laesus n'aurait pu donner les sens que laid a dans l'historique, et que l'étymologie germanique justifie très bien.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander