Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

aisse dans le Littré

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1aisse s. f. (ê-s') supplément

  1. Terme de houillère. Local où les ouvriers se réunissent pour se chauffer, et pour que le maître ouvrier leur distribue la besogne, Vocab. des houilleurs liégeois.

Remarque

Ce mot est imprimé aise dans le journal la Meuse, répété dans le Journ. des Débats, 2 mars 1868.

Étymologie

Vieux franç. aistre ou estre, mot d'origine controversée (voy. ÊTRES au Dictionnaire, historique et étymologie).

2épais, aisse adj. (é-pê, pê-s')

  1. 1Épais, considéré quant à la dimension : qui a une certaine épaisseur. Mur épais de deux mètres. Une planche épaisse de quatre centimètres.

    • La seconde édition des recherches de M. Parent est en trois volumes in-12 fort épais Fontenelle, Parent.
    • Terme de botanique. Se dit de toutes les parties dont l'épaisseur, comparée à celles d'organes analogues, est plus grande que ne semblerait le comporter leur étendue.

    • Fort, solide, par opposition à mince. Drap épais. Étoffe épaisse.

    • Par extension. Langue épaisse, langue pâteuse, lourde, articulant difficilement.

    • Taille épaisse, taille grosse, peu élégante.

    • Fig. et familièrement. Avoir la mâchoire épaisse, avoir l'esprit grossier. On dit aussi : c'est une mâchoire épaisse.

    • Cheval épais, cheval gros, lourd, sans élégance.

  2. 2Épais, considéré quant au nombre : serré, touffu. Des cheveux épais. Les bois épais. D'épais bataillons.

    • Terme de pêche. Tissure épaisse, tissure d'un filet à mailles serrées.

  3. 3Épais, considéré quant à la consistance : dense, peu fluide. Du vin épais. Un épais brouillard.

    • Fig. et familièrement. Cela est épais à couper au couteau, se dit d'un esprit grossier, d'une ruse grossière, etc.

    • Fig. Lourd, pesant, grossier.

      • Montchevreuil était un fort honnête homme, modeste, brave, mais des plus épais Saint-Simon, 4, 64
      • Les Béotiens, les plus épais de tous les Grecs, prenaient le moins de part qu'ils pouvaient aux affaires générales Montesquieu, Rom. 5
      • Et la grosse gaieté de l'épaisse opulence Gresset, Méch. II, 3
    • Il se dit des choses dans un sens analogue. Une ignorance épaisse.

      • Que son intelligence est épaisse ! Molière, Préc. rid. 6
      • Dans la plus épaisse barbarie Fléchier, Panég. II, 383
  4. 4Substantivement. Épaisseur. Une pierre qui a deux pieds d'épais.

  5. 5Adv. Avec densité, d'une manière serrée. Semer trop épais. Il a neigé épais.

Remarque

Au XVIIe siècle, à côté d'épais on disait épois : Épais était la prononciation de l'ouest de la France ; épois celle du centre et du nord.

Étymologie

Wallon, spès, spèse, au féminin ; bourguign. espoo ; provenç. espes ; espagn. espeso ; ital. spesso ; du latin spissus.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander