Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

alarme dans le Littré

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1alarme s. f. (a-lar-m')

  1. 1Cri, signal pour faire courir aux armes. Au premier cri d'alarme. Sonner l'alarme. L'alarme fut donnée par des feux.

    • Il entend déjà le beffroi des villes et crier à l'alarme La Bruyère, 10
    • J'écoute, je distingue les coups du canon d'alarme Chateaubriand, René, 214
    • Fig. Le chien donne l'alarme par des aboiements réitérés.

  2. 2Émotion causée par l'approche réelle ou supposée de l'ennemi. L'alarme est au quartier, au camp.

    • Fig. L'alarme est au camp, se dit d'une société, d'un parti qui a des appréhensions communes.

      • Voilà l'alarme au camp Mme de Sévigné, 58
    • En termes de guerre, donner des alarmes à une place assiégée, l'inquiéter par de fausses attaques.

  3. 3Frayeur, épouvante subite. À la première alarme. À la moindre alarme. Répandre l'alarme. Il a pris l'alarme bien légèrement.

    • En cette alarme universelle La Fontaine, Fab. II, 9
    • Il s'en allait Mettre l'alarme en tout le voisinage La Fontaine, Rém.
    • Celle-ci par ses cris mettait tout en alarme La Fontaine, Matr.
    • Il n'eût pas été propre à donner cette fausse alarme Corneille, Exam. d'Hor.
  4. 4Vive inquiétude, souci ; dans ce sens il s'emploie le plus souvent au plur.

    • Remettez-vous, monsieur, d'une alarme si chaude Molière, Tart. V, 7
    • Tant de médisances et tant de faux rapports que cela mit toute la cour en combustion et en alarme Pascal, Prov. 15
    • Les forts et les faibles sont en alarme et en trouble Voiture, Lett. 143
    • Mais, moi qui veux me garantir de ces alarmes et de ces agitations secrètes Bourdaloue, Carême, t. I, p. 35
    • Ce qu'on aime, on craint de le perdre ; et plus on l'aime, plus les alarmes sont fréquentes ; car on les prend aisément Bourdaloue, Pensées, t. III, p. 148
    • Ce soin de couvrir ses crimes et de les tenir cachés, ces alarmes secrètes mais pleines d'effroi, ces agonies mortelles, convaincu qu'il est de ce qu'il a fait et de ce qu'il mérite.... Bourdaloue, Carême, t. I, p. 273
    • Ah ! dissipez ces indignes alarmes Racine, Andr. II, 1
    • Ne me suis point, si ton cœur en alarmesPrévoit qu'il ne pourra commander à ses larmes Racine, ib. IV, 1
    • Quand Tryphon me donna de si rudes alarmes Corneille, Rodog. II, 3
    • Milord avait pris les mêmes alarmes Hamilton, Gramm. 8
    • Ma fille, tu as tort de prendre de telles alarmes Molière, la Princ. II, 4
    • Des projets de mon cœur ne prenez point d'alarme Molière, Femmes sav. I, 4
    • Autour de ces rois voltigeaient, comme des hiboux dans la nuit, les cruels soupçons, les vaines alarmes Fénelon, Tél. XVIII
  5. 5Vivre, être nourri dans les alarmes, être accoutumé à la guerre et à ses dangers.

Étymologie

Bourguig. ailarme ; provenç. alarma ; espagn. alarma ; ital. allarme ; de à (voy. À), l' (voy. LE), et arme. Dans le XVIIe siècle on écrivait volontiers allarme, et beaucoup de livres ont cette orthographe. Dans le XVIe on faisait indifféremment alarme masculin ou féminin.

2alarmé, ée part. passé. (a-lar-mé, mée)

  1. Tout le pays est alarmé de ces préparatifs de guerre. Alarmés sur leur situation. Alarmé par un bruit subit. Alarmé de tout ce qu'il entendait. Je suis tout alarmé de la maladie de mon père.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander