1aller v. n. et irrég. (a-lé)
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1Aller et revenir promptement. Va, cours et reviens. Aller au soleil. Nous irons à grands pas. Aller à pied, à cheval, par terre, par eau, par mer. Aller en avant, en arrière. Ces bâtiments vont à la voile, à la vapeur. Il ne fait qu'aller et venir. Ce cheval va bien.
- Il va, vêtu d'une façon extravagante Molière, Méd. m. lui, I, 5
[Elle] va, vient, fait l'empressée
La Fontaine, Fab. VII, 9- Légère et court vêtue, elle allait à grands pas La Fontaine, ib. VII, 10
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2Fig. Aller bien, mal, être dans la bonne, la mauvaise voie.
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Aller de bon cœur, se porter volontiers à une chose.
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Aller aux voix, aux opinions, les recueillir.
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Aller aux informations, aux renseignements, se renseigner.
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Aller au plus pressé, s'occuper de l'affaire qui admet le moins de retard.
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Aller de pair avec quelqu'un. L'espoir va encore plus vite que la crainte. Le temps va toujours.
Il ne faut qu'aller simplement pour connaître le devoir
Massillon, Salut.Comme ces trois puissances [exécutive, législative et judiciaire], par le mouvement nécessaire des choses, sont contraintes d'aller, elles seront forcées d'aller de concert
Montesquieu, Esp. XI, 6
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Aller vite, aller lentement, faire une chose vite, lentement. Ce copiste va vite. Cet orateur va bien lentement.
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3Aller à la campagne. Nous irons en Italie, en Angleterre. Ce malade est allé en des climats plus chauds. Aller chez quelqu'un. Allez-vous chez votre médecin ? On va dans une antique forêt. Partout où il allait. Où va-t-on ? On y va. Aller à l'ennemi. Aller au feu, aller où la bataille est engagée, et où l'on échange des coups de fusil et des coups de canon. Aller à la mort, en exil. Aller en justice, avoir affaire devant les tribunaux. Aller au bois, aux vivres, aller faire provision de bois, de vivres. Aller voir la fête. J'irai dîner chez vous. Il ordonna à son régiment d'aller attaquer la redoute. L'armée alla prendre ses quartiers d'hiver. Allez annoncer.
- Qu'à père André l'on aille de ce pas La Fontaine, Alix.
Ils ne veulent aller au maître que par Troïle
La Bruyère, 5Tessé fut déclaré plénipotentiaire du roi à Rome, et général des troupes, s'il y en allait
Saint-Simon, 207, 34Aller à Jésus-Christ comme ce peuple charnel, non parce qu'il a les paroles de la vie, mais parce qu'il multiplie un pain terrestre
Massillon, Conf. État ecclés.J'allai, selon ma coutume, errer parmi les ruines
Chateaubriand, Itinér. 1re partie.
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4Aller d'une autorité à l'autre. Les hommes vont à la gloire par la vertu.
Il me paraît qu'il allait au bien [Gracchus] et qu'il haïssait toute sorte d'injustice
ST-ÉVREM., II, 83Il [Auguste] allait toujours au bien des affaires, mais il voulait que les affaires allassent au bien des hommes
ST-ÉVREM., ib. 97Quand on va du mal au bien
Mme de Sévigné, 64- Qui n'allât de vie à trépas La Fontaine, Fab. III, 6
Vous voulez aller à la foi et vous n'en savez pas le chemin
Pascal, Édit. Cous.Qu'il aille de lui-même à Dieu
Pascal, ib.Allant à Dieu par la docilité de son cœur
Fléchier, Dauph.- Il ne va pas à moins qu'à vous déshonorer Molière, Tart. III, 5
Il n'a pas voulu se décrier [Poncet, un des juges de Fouquet] et aller à [voter] la mort sans nécessité
Mme de Sévigné, 19 déc. 1664- Mais certes, c'en est trop d'aller jusqu'à la joie Corneille, Hor. I, 1
Quoi ! même vous allez jusques à faire grâce ?
Corneille, Nicom. III, 2Pourquoi n'allait-il pas après la victoire qu'il avait remportée ?
Fléchier, Serm. IIAh ! maître sot, vous allez d'abord aux remontrances
Molière, le Festin, III, 1
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5Le feu va où sa nature le porte. Le système du monde va d'un mouvement uniforme. Les cours d'eau qui allaient à la mer. Cette région va jusqu'au Rhin. L'artère pulmonaire va du cœur au poumon. La ville où va ce chemin. L'eau leur allait aux genoux. Sa robe allait jusqu'à terre. Ce domaine ira à cent mille francs.
Si l'on dit que la rivière fait aller la roue
Bossuet, Lib. arb.Les citoyens en Perse payent une taxe qui ne va pas à un écu par an
Voltaire, Mœurs, 158Toute la différence ne va qu'à quelques titres de plus ou de moins
Fléchier, Mont.
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6Aller bien dans une étude, y faire des progrès. S'il en est ainsi, tout ira de soi-même. Cela va sans dire. Maladie qui va de mal en pis. L'impudence de l'adulation alla si loin que.... Aller jusqu'au bout, pousser les choses à l'extrême. Je n'irai pas plus loin, je n'en dirai pas davantage. Il irait jusqu'à payer cent mille francs. Aller à bien, réussir ; aller à mal, avoir un mauvais succès.
- J'ai forcé ma colère à te prêter silence,Pour voir à quel excès irait ton insolence Corneille, Héracl. I, 2
Lorsque la valeur ne va point dans l'excès
Corneille, Cid, IV, 3- Tout beau ! que votre haine en son sang assouvieN'aille point à sa gloire, il suffit de sa vie Corneille, Pomp. III, 2
Peut-être on vous a tu jusqu'où va son courroux
Corneille, Rodog. III, 4- Mais sa fureur ne va qu'à briser nos autels Corneille, Poly. I, 3
- Je sais que c'est sa sœur à qui va cet hommage Corneille, Agésil. II, 7
- Ne m'apprendrez-vous point où vont ses sentiments ? Corneille, Sertor. IV, 1
Mon dessein ne va qu'à vous faire justice
Corneille, D. Sanche, III, 3- Sa haine ira toujours plus loin que son amour Racine, Mithrid. I, 5
- Sa poursuite obstinée allant à l'insolence Thomas Corneille, D. César, I, 1
Lorsque l'injure a une fois éclaté, notre honneur ne va point à vouloir cacher notre honte, mais à faire éclater notre vengeance
Molière, Fest. III, 5On ne peut voir aller plus loin l'ambition d'un homme mort
Molière, ib. III, 7- Non, mais il faut savoir que tout cet artificeNe va directement qu'à vous rendre service Molière, l'Étour. I, 10
- Je gagerais presque que l'affaire va là Molière, Fest. I, 1
- J'entends à demi-mot où va la raillerie Molière, Sgan. 6
Tous les soins que je prends ne vont pas où tendent les autres
Molière, Princ. d'Él. II, 4- Il ne faut mettre ici nulle force en usage,Messieurs, et si vos vœux ne vont qu'au mariage,Vos transports en ce lieu se peuvent apaiser Molière, Éc. des mar. III, 6
- Et, comme je vous dis, toute l'habiletéNe va qu'à le savoir tourner du bon côté Molière, Éc. des f. IV, 8
Tout ce qu'on fait ne va qu'à....
Molière, D. Garc. II, 1Tous ses soins vont au ciel
Molière, Tart. I, 1De quelque manière qu'il pallie ses maximes, celles que j'ai à vous dire ne vont en effet qu'à favoriser les juges corrompus, les usuriers, les banqueroutiers, les larrons, les femmes perdues
Pascal, Prov. 8Pour voir jusqu'où irait une si damnable doctrine
Pascal, Prov. 7Le bon air va à avoir complaisance pour les autres
Pascal, Préf. gén.Son injustice [du monde] va plutôt à outrer leurs obligations [des justes] qu'à justifier leurs faiblesses
Massillon, Concept. de la Vierge.Votre disposition va à ne compter pour rien le péché en tant qu'il est offense de Dieu et qu'il lui déplaît
Massillon, Car. Justice, tiédeur.Nos premières vues ne vont pas à examiner si nous serons utiles, mais si nous serons applaudis
Massillon, Conf. Scandales.Cette sage et modeste retenue qui va à cacher ses propres dons et à manifester ceux des autres
Massillon, Myst. Nouvelle vie.Le second [préjugé] va dans un autre excès
Massillon, Car. Pécheresse.Si l'on venait vous assurer de sa part [de Dieu] que cette infirmité n'ira point à la mort
Massillon, Impénit. finale.Ces murmures allaient à une sédition tout ouverte
Vaugelas, Q. C. 242Estimant que la gloire d'autrui allait à la diminution de la sienne
Vaugelas, ib. 335Une patience dans les fatigues à lasser tout le monde et qui allait presque dans l'excès
Vaugelas, ib. 569Toutes ces différences vont à faire voir dans la dernière chute de Jérusalem une justice plus rigoureuse et plus déclarée
Bossuet, Hist. II, 8Ces expressions vont à attaquer l'erreur
Bossuet, Var. Préf.Les transgressions qui iraient à péché mortel
Bossuet, Lett. Corn. 58La haine qu'elles avaient allait jusqu'à la fureur
Bossuet, Hist. II, 8Arts pernicieux qui ne vont qu'à amollir et qu'à corrompre les mœurs
Fénelon, Tél. XIX.Les questions qui vont à établir des maximes générales
Fénelon, ib. XXIIILe grand désintéressement de Fabricius et de Curius, qui allait à une pauvreté volontaire
ST-ÉVREM., t. II, p. 30Toutes vos inclinations vont à la grandeur
Guez de Balzac, t. I, p. 189Tout va à procurer le royaume des cieux à des âmes rachetées du sang de Jésus-Christ
Fléchier, Serm. II, 293Toute la grâce que Dieu fait aux justes ne va qu'à tempérer l'ardeur de leur convoitise et à réprimer leurs passions déréglées
Fléchier, t. I, p. 84Hérode s'amuse à des recherches qui ne vont à rien
Fléchier, Serm. I, 215Leur goût n'allait [ne prétendait] qu'à laisser voir qu'ils aimaient
La Bruyère, 12La chose allant à se battre et à renverser la nacelle, si Caron n'eût mis le holà à coups d'aviron
La Fontaine, Psyché, liv. II, p. 180Des péchés atroces qui vont à la mort
Bourdaloue, Carême, Éloignement de Dieu, t. II, p. 444À quoi va cette pernicieuse maxime ? à deux choses également dangereuses
Bourdaloue, ib. Prédestinat. t. I, p. 363L'horreur qu'il avait des scandales.... irait à exterminer les scandaleux
Bourdaloue, ib. Zèle, t. II, p. 168Les avis les plus violents allaient à prendre les armes sur-le-champ
VERTOT, Révol. rom. t. II, p. 193Les desseins de César allaient à la tyrannie
VERTOT, ib. XIII, p. 265- La chose allait à bien par son soin diligent La Fontaine, Fabl. VII, 10
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7Aller à l'âme, toucher. Cette musique va à l'âme. Ses paroles bienveillantes m'allaient au cœur.
Comme elle allait à l'âme, cette invocation du pauvre matelot à la mère de Dieu !
Chateaubriand, Génie, I, V, 12
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8Le terrain allait en pente. Chemin qui va en montant. Pyramides qui vont en pointe.
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9La chose commence à bien aller. Les choses ne peuvent aller ainsi. Tout va parfaitement chez vous. Le commerce va bien, ou, simplement, le commerce va.
Il faut toujours dire que tout va bien
Fénelon, Tél. XXIII- Mon fils, tout ira bien, pourvu que promptementVous voyiez Arténice RACAN, Bergeries, Polys. I, 1
J'espère que tout ira bien
Mme de Sévigné, 4Voilà qui va bien, leur dis-je
Pascal, Prov. 1Ainsi tout alla mal
La Fontaine, Belph.- Puisqu'ainsi va, mettons-nous en prière La Fontaine, l'Herm.
- Or est le cas allé d'autre façon La Fontaine, Cal.
Les choses iraient en apparence suivant le premier établissement
Hamilton, Gramm. 4Eusèbe a peut-être cru que cette exception n'était rien, mais cela ne va pas ainsi
Fontenelle, Oracles, 2e part. chap. 1
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Aller bien, aller mal, être en bonne, en mauvaise santé. Aller mieux, se rétablir de maladie.
Comment allez-vous ? Comment cela va-t-il ? Cela va-t-il bien ? Comme vous en va ?
Molière, Am. méd. I, 1
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10Impersonnellement. Il ne doit pas en aller ainsi.
- Et vous verrez comme tout en ira La Fontaine, Rich.
Il en alla tout autrement
Hamilton, Gramm. 6En ce temps-là il n'en allait pas en France comme à présent
Hamilton, Gramm. 2Vous croyez qu'il en va dans ce pays-ci comme dans le vôtre
Hamilton, ib. 4- Parmi les généreux il n'en va pas de même Corneille, Nicom. V, 7
- Il n'en va pas de même ici Corneille, Ex. de Poly. 1
Il n'en va pas ainsi du combat de D. Sanche
Corneille, Ex. du Cid.Et il en va de même des autres planètes
Fontenelle, Mondes, 1er soir.Il en irait donc de la même manière que....
Fontenelle, ib.Il en allait tout autrement
Vaugelas, Q. C. 272Il n'en va pas ainsi parmi nous
J.-J. Rousseau, III, 127Il n'en va pas ainsi, mon bel ami
J.-J. Rousseau, Hél. I, 20Il n'en ira pas de même
Bourdaloue, Carême, I, Aum. 163D'où vient donc qu'il n'en va pas ainsi ?
Bourdaloue, ib. Jug. dern. 259- Maître renard croyait qu'il en irait de mêmeQue le jour qu'il tendit de semblables panneaux La Fontaine, Fab. XII, 23
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11Cette machine va mal. Ce ressort ne va plus. Ma montre n'allait plus. Les fontaines de Paris vont nuit et jour.
Je ne vous demande pas si votre montre va bien
Mme de Sévigné, 373
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12Croyez-vous que l'habit aille bien ? Ce collet, ce manteau va mal. Cette clef va à la serrure. Ces couleurs vont bien ensemble. Ces bottes ne me vont pas. Ce vase va au feu, résiste à l'action du feu. Cette proposition me va, elle me convient. Cela va bien dans un vers. Le climat ne lui va pas. La colère ne va pas à l'orateur.
Malheureusement ce mot ne nous va plus
J.-J. Rousseau, Ém. IIIOn peut avoir le sens droit, et ne pas aller également à toutes choses
Pascal, Pensées, part. I, art. 10
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13Cet habit est vieux ; il n'ira pas jusqu'à l'hiver prochain. Ce vieillard va toujours.
Je suis assurée qu'il n'ira pas loin
Mme de Sévigné, 367
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14Aller contre, s'opposer.
Je ne veux pas aller contre le jugement du public
Corneille, Exam. de Pomp.Contre sa fortune allez à force ouverte
Corneille, Pomp. IV, 1N'allez pas contre deux vertus qui vous sont si naturelles
Voiture, Lett. 17
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15Ne pas aller sans, au propre et au figuré. Cet aveugle ne va pas dans les rues sans un chien. Ce malheur ne va pas sans quelque consolation.
- De pareils changements ne vont point sans miracle Corneille, Poly. V, 6
- Nos plaisirs les plus doux ne vont point sans tristesse Corneille, Hor. V, 1
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16Allez au-devant de votre père. Il alla au-devant des objections.
Admirez, messieurs, la sagesse de nos pères, qui, dans un siècle plein d'innocence, n'ont pas laissé d'aller au-devant de la moindre corruption
MAUCROIX, 4e Verrine.
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17Aller bon pas, marcher d'un bon pas. Aller grand train, marcher très vite.
L'âne allait son pas doucement
PORT-ROYAL, Phèdre, I, 15Il va doucement son train
D'ABLANC., Lucien, t. II- Et va ton train, Gai boute-en-train Béranger, Désaug.
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Fig. Aller grand train, faire beaucoup de dépenses. Aller le droit chemin, procéder, agir franchement. Il ne faut pas prendre, dans ces locutions, aller pour un verbe actif. Une préposition est sous-entendue : Aller de bon pas, de grand train, suivant le droit chemin.
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18Aller à la selle ou à la garde-robe, ou, simplement, aller, évacuer par bas. Faire aller, procurer une selle. Ce purgatif le fit bien aller.
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Fig.
L'envie de lui voir [à l'abbé Caudelet] un si bel évêché et la rage de n'en avoir point firent aller au P. de La Chaise les plus noires calomnies contre l'abbé Caudelet
Saint-Simon, 54, 154
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19Il va venir. Les Perses allaient livrer bataille.
- Je ne condamne plus un courroux légitime,Et l'on vous va, seigneur, livrer votre victime Racine, Andr. II, 4
- La paix va refleurir, les beaux jours vont renaître Racine, ib.
- Leur haine va donner un père au fils d'Hector Racine, Andr. IV, 1
- Écoute, et tu te vas étonner que je vive Racine, Iph. II, 1
- Je vais donc vous déplaire et vous m'allez haïr Corneille, Cinna, III, 4
- Va marcher sur leurs pas où l'honneur te convie Corneille, Cinna, I, 3
- Et le Rhin de ses flots ira grossir la Loire,Avant que tes faveurs sortent de ma mémoire Boileau, Lutr. II
Nous nous connaissons il y a longtemps, et, entre amis, on ne va pas se piquer pour si peu de chose
Molière, Préc. 15
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20Ne va pas t'exposer au froid et à l'humidité. N'allons pas nous commettre avec ces gens. Je n'irai pas vous fournir un prétexte. Je n'irais pas faire cette sottise. Je ne suis pas allé faire l'expérience.
- Par de nouveaux refus n'allez pas l'irriter Racine, Mithr. IV, 21
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21Il allait criant par la ville.
- Languissait un pauvre maladeD'un long mal qui va consumant MILLEV., Priez pour moi.
Et, certes, je vais avouant que....
MILLEV., Poés. 90Les opinions probables vont toujours mûrissant
Pascal, Prov. 12Qu'elle considère Que je me vas désaltérant....
La Fontaine, Fab. I, 10- Comme le nombre d'œufs, grâce à la renommée,De bouche en bouche allait croissant.... La Fontaine, Fab. VII, 12
De telle sorte pourtant Que les fous vont l'emportant, La mesure en est plus pleine
La Fontaine, ib. IX, 1
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22Va, allons, allez, s'emploient comme locutions interjectives. Allez maintenant, et parlez-moi de vos hauts faits. Va, tu es un honnête garçon.
Va, je ne te hais point....
Corneille, Cid. III, 4- Pour peu qu'il vous appuie, allez, l'affaire est sûre Corneille, Pulch. I, 3
- Allez, vils combattants, inutiles soldats Boileau, Pass. du Rhin.
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23Y aller, faire une chose d'une certaine manière. Allez-y doucement. Vous y allez trop brusquement. Il n'y va pas de main morte, il frappe violemment, il agit sans mesure.
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24Terme de jeu. J'y vais de vingt francs, mon enjeu est de vingt francs.
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25Impersonnellement. Il y va de votre fortune. Il y allait de sa vie.
- Il y va de la perte ou du salut du reste Corneille, Hor. V, 2
- Ainsi que de ta vie il y va de ta gloire Corneille, Cid, V, 1
- Il y va de ma gloire, il faut que je me venge Corneille, ib. III
Un péril où il y va de tout l'État
Corneille, Ex. d'Hor.Il y va, seigneur, de votre vie
Racine, Brit. V, 1Il y va tant de votre intérêt, Que....
La Fontaine, Rich.Si notre esprit a besoin, dans les questions où il y va du salut, d'être fixé et déterminé par quelque autorité certaine....
Bossuet, Hist. II, 13Il y allait de sa vie à fuir
Bossuet, ib. III, 6Il y va de votre conscience de les remettre en leur lieu
Bossuet, Lett. abb. 20Une dispute où il y va du tout pour la religion
Bossuet, II, Écrit.Les difficultés qui pourraient m'empêcher de faire réussir un dessein que j'ai pris sur moi-même et où présentement il y va de ma gloire
PELLISS., Conversat. de Louis XIV devant Lille, p. 54Je vois qu'il n'y va pas de la foi
Pascal, Prov. 17Ici où il va de tout
Pascal, Car. 14Procès où il ne va jamais moins que de sa vie
Mme de Sévigné, 58
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26Laisser aller, ne pas retenir. Je le laisse aller où il veut.
- Laisse aller tes soupirs, laisse couler tes larmes Corneille, Héracl. III, 3
Pour laisser aller ses sentiments en liberté
Corneille, Ex. du Cid.- Si je retiens mon bras, je laisse aller ma plainte Corneille, Rodog. II, 4
Il n'y a qu'à laisser les choses aller leur cours naturel, et vous mourrez tel que vous êtes
Massillon, Car. Fauss. conf.
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Familièrement. Laisser tout aller, abandonner le soin de toutes choses.
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Laisser aller sous soi, laisser tout aller sous soi, se dit d'un malade qui n'a plus sa connaissance et qui rend involontairement l'urine et les excréments.
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Se laisser aller à, s'abandonner à.
J'ai une pente particulière à me laisser aller à tout ce qui m'attire
Molière, Fest. III, 7Ils nous accoutument à nous laisser aller tranquillement à nous-mêmes
Massillon, Inconst.On se laisse aller aux appas d'une passion
Fénelon, Tél. VIIOn s'est laissé aller au péché par la vue de ces femmes
Pascal, Prov. 10Comment vous laissez-vous aller à dire que...
Pascal, ib. 2
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Absolument. Se décourager. Pourquoi vous laisser aller ainsi ?
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27Faire aller, attraper. Ce drôle nous a fait aller. Familier et populaire. S'EN ALLER.
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28Ils s'en vont. Allez-vous-en. Va-t'en d'ici. Je vous ordonne de vous en aller. Ils s'en sont allés en France. Je m'en irai en Amérique.
Monsieur, je m'y en vais
Mme de Sévigné, 24- Elle s'y en alla la première, et donCarlos la suivit Scarron, I, 52
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29Fig. Ce malade s'en va, il se meurt.
Ma tante est plus mal, elle s'en va tous les jours
Mme de Sévigné, 140M. de Jouarre s'en va tout de bon
Bossuet, Lett. abb. 56
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30Ce tonneau s'en va. Son mal s'en va peu à peu. Son argent s'en va. Tout s'en est allé en fumée, rien n'a réussi. La chose s'en va faite, elle est sur le point d'être achevée.
Notre rigueur s'en va éteinte
Vaugelas, Q. C. 510La Thrace s'en allait perdue, et la Grèce même avait reçu un grand choc
Vaugelas, ib. 549- Mais aujourd'hui que mes annéesVers leur fin s'en vont terminées Malherbe, III, 3
- La conjuration s'en allait dissipée Corneille, Cinna, III, 4
Comme ce rôti s'en allait cuit, arrive un autre homme à cheval, pour dîner dans ce cabaret
Saint-Simon, 100, 64
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31Le fleuve s'en allait grossissant. L'hérésie s'en va croissant.
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32Gallicisme. Il s'en va midi.
Il s'en va temps que je reprenne Un peu de force et d'haleine
La Fontaine, Fabl. VI, ÉpilogueIl s'en va temps, monsieur, que je parte
Paul-Louis Courier, II, 298
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33Aux jeux de cartes. Vous avez eu tort de vous en aller de votre as. En écartant, vous vous en êtes allé de vos plus belles cartes.
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34Ils s'en vont chercher des nouvelles. Je m'en allais vous trouver. Ce malade s'en va mourir.
Il ne s'agit pas de plaire aux hommes dans un temps où je m'en vais répondre à Dieu
Fléchier, Serm. I, 127- Avec beaucoup de peinesOn s'en va la chercher en des rives lointaines La Fontaine, Fab. VII, 12
- M'en irai-je, moi seul, rebut de la fortune,Essuyer l'inconstance aux Parthes si commune ? Racine, Mithrid. III, 1
Cambyse embrassant Nitétis l'appelait du nom de son père, et elle s'en va lui dire : ô roi, tu ne vois pas qu'on te trompe
Paul-Louis Courier, II, 132- Je m'en vais réparer l'erreur que j'ai commise Molière, l'Étour. I, 10
- Je m'en vais voir ce qu'elle m'en dira Molière, la Princ. d'Él. III, 2
- Le voici qui s'en va venir Molière, Sicil. sc. 18
Le jour s'en va paraître
Molière, Éc. des f. V, 1Je m'en vais la traiter du mieux qu'il me sera possible
Molière, Sicil. 19Elle [une comédie] s'en allait être conduite à bonne fin quand le diable s'en mêla
Scarron, I, 5Tout le trouble poétique à Paris s'en va cesser
Boileau, Épig. 29- Avec la liberté Rome s'en va renaître Corneille, Cinna, I, 3
- Par de feintes raisons je m'en vais l'abuser Racine, Iphig. IV, 10
Je m'en vais vous unir
Racine, Mithr. III, 5- Et ce triomphe heureux qui s'en va devenirL'éternel entretien des siècles à venir Racine, Iphig. I, 5
- Un cruel (comment puis-je autrement l'appeler ?)Par la main de Calchas s'en va vous immoler Racine, ib. III, 6
- Je m'en vais t'étonner : cette belle Monime.... Racine, Mith. I, 1
- Apprends à mépriser le néant de la vie ;Songe qu'au moment que je veuxEnseigner l'art de vivre heureux,Elle s'en va m'être ravie CHAUL., S. la mort.
Il semble qu'il est en vie et qu'il s'en va parler
Molière, Fest. III, 7- Je m'en vais t'étonner : son superbe courage.... Voltaire, Zaïre, I, 1
Je m'en vais vous mander un petit secret
Mme de Sévigné, 91
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35Locutions. C'est un las d'aller, c'est un paresseux.
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Aller son petit bonhomme de chemin ; vaquer tout doucement à ses affaires.
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Aller son grand chemin ; n'entendre point de finesse à ce qu'on fait, à ce qu'on dit.
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Il ne faut pas aller par quatre chemins ; il faut s'expliquer franchement.
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À force de mal aller, tout ira bien ; il faut espérer que le malheur se lassera, et que des circonstances heureuses surviendront.
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On va bien loin depuis qu'on est las ; il ne faut pas se laisser aller au découragement.
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Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse ; à force de s'exposer, on finit par succomber.
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Tous chemins vont à Rome ; il y a différents moyens pour atteindre un but.
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Les premiers vont devant ; les plus diligents ont l'avantage.
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On l'a bien hâté d'aller ; on lui a fait une rude réprimande.
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Tout va, la paille et le blé ; on n'a rien épargné.
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Il s'en est allé comme il est venu ; c'est-à-dire il sort d'une affaire comme il y était entré.
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Dites-lui cela, et puis allez vous chauffer à son feu ; osez lui reprocher en face sa faute, et puis demandez-lui quelque service !
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Toujours va qui danse ; c'est-à-dire une chose se fait bien ou mal.
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Aller à tout vent ; se laisser influencer par le premier venu, par toutes sortes de personnes. Vous allez à tout vent. Rien de si dangereux que d'aller à tout vent.
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36En termes de vénerie, la bête va de bon temps, c'est-à-dire est passée depuis peu de temps.
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N'aller plus de temps, être passé depuis un ou deux jours.
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Aller au vent, se dit d'un chien qui va le nez haut.
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Aller de hautes erres, se dit d'une bête passée il y a plusieurs heures.
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Aller sur soi, se dit de la bête qui revient par le même chemin qu'elle avait pris.
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37En termes de manége, se dit en parlant du cheval : Aller le pas, l'amble, le trot, le galop, le grand trot, le grand galop.
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Aller de l'oreille, se dit d'un cheval qui fait une inclination de tête à chaque pas.
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Aller étroit, s'approcher du centre du manége.
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Aller large, s'éloigner du centre du manége.
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38En termes d'escrime, aller à l'épée, se dit d'un tireur qui s'ébranle et fait de trop grands mouvements avec son épée. Aller à la parade, parer un coup.
Remarque
La conjugaison d'aller se complète avec deux autres radicaux, savoir celui du futur et du conditionnel, qui se rapporte au verbe latin ire (voy. IRAI pour l'étymologie), et celui de je vais, tu vas, il va, ils vont, dérivé du verbe latin vadere (voy. VAIS pour l'étymologie). Autrefois, je vais avait un subjonctif, que je voise, conservé dans le picard, que je m'en voiche. Marg. Buffet, Observ. p. 79, 1668, dit qu'à Paris la bourgeoisie se sert ordinairement de cette locution : vous voulez que je voise, et que c'est une des plus barbares.
Synonymes
1° ÊTRE ALLÉ, AVOIR ÉTÉ. Ces deux expressions font entendre un transport local ; mais la seconde le double. Qui est allé a quitté un lieu pour se rendre dans un autre ; qui a été, a de plus quitté cet autre lieu où il s'était rendu. Tous ceux qui sont allés à la guerre n'en reviendront pas. Tous ceux qui ont été à Rome n'en sont pas meilleurs. 2° ALLER, VENIR., " Aller se dit du lieu où l'on est à celui où l'on n'est pas ; venir se dit, au contraire, du lieu où l'on n'est pas à celui où l'on est. Par exemple, si je suis à Paris, je dirai qu'un courrier est allé de Paris à Rome en deux jours, et qu'il est venu de Rome à Paris dans le même temps. Vaugelas, dans sa traduction de Quinte-Curce, a dit néanmoins : Alexandre vint mettre le siége devant Célène : il semble qu'il fallait dire, alla mettre le siége, Quinte-Curce, qui parle, n'étant pas à Célène lorsqu'il écrivait l'histoire d'Alexandre. Notre règle ne reçoit aucune exception à l'égard du mot aller ; mais, à l'égard de celui de venir, elle en reçoit plusieurs : 1° Ce mot se dit aussi du lieu où l'on est à celui où l'on n'est pas, lorsqu'on est près de quitter ce lieu où l'on est ; par exemple, si je suis sur le point de quitter Paris pour aller en Anjou, je dirai à quelqu'un qui pourrait avoir dessein de faire le même voyage : Voulez-vous venir en Anjou avec moi ? 2° Il se dit encore du lieu où l'on est à celui où l'on n'est pas, quand on parle de celui où l'on demeure ; ainsi, je dirai à quelqu'un que j'aurai rencontré dans la rue : Voulez-vous venir demain dîner chez moi ? " MÉNAGE. En général, la différence entre aller et venir étant que aller indique le mouvement seul, et que venir considère aussi l'arrivée, on pourra mettre venir partout où l'idée d'arrivée sera impliquée.
Étymologie
Bourguig. aulai, ailai ; provenç. et catal. anar ; espagn. et portug. andar ; ital. andare ; ital. ancien, d'après Castelvetro, anare. Ici se présente une première question : aller et andare sont-ils un seul et même mot ? Diez paraît l'avoir résolue d'une façon satisfaisante. Il rapporte un vers de Tristan : Que vos anez por moi fors terre ; et un vers de la chronique de Benoît : Si qu'en exil nos en anium. A la vérité Burguy, Gramm. t. I, p. 286, pense que anium est une mauvaise leçon, et qu'il faut aujun (comp. qu'il aut, qu'il aille), se fondant sur ce que la forme aner ne peut appartenir au dialecte normand dans lequel Benoît a écrit. Mais je trouve dans la chanson de Roland, qui est aussi un texte normand, qu'il ainz, pour qu'il aille ; ainz vient d'aner. L'objection de Burguy ne subsiste donc pas, et il faut admettre que, dans l'ancien français, à côté de aller, il y a eu une forme aner, parallèle aux autres formes romanes. La permutation de l'n en l n'est aucunement sans exemple dans le français : témoin orphenin et orphelin, venin et velin, entre lesquels la langue a hésité. Si l'on admet que les verbes romans viennent d'un mot latin (l'allemand wallen, aller, qu'on a cité, aurait donné gualer), le français et le provençal aner, anar, supposent adnare ; l'espagnol andar suppose ambitare ou aditare ; l'italien andare suppose aditare, avec l'intercalation d'une nasale. Diez remarque que ambitare, fréquentatif d'ambire, aller autour, a pu très bien donner l'espagnol andar, mais que la syllabe amb ne se rend pas en italien par and, et qu'il faut l'exclure, à moins d'admettre que le mot italien dérive du mot espagnol ; dérivation que, historiquement, rien ne justifie. Excluons donc ambitare. Diez s'attache à aditare, fréquentatif d'adire, et employé quelquefois par les Latins eux-mêmes dans le sens d'aller ; il fait voir que aditare a pu faire andare en intercalant une nasale ; ce qui arrive, voyez rendere, de reddere. Le fait est que l'italien andito est l'aditus latin, et témoigne que le verbe adire a laissé des traces. Maintenant entre adnare fourni par anar, aner, et andare fourni par aditare, quel choix faire ? Aditare donnerait en français atter ou ander, en provençal andar, mais non aner ou anar ; pour le faire prévaloir, il faudrait admettre qu'ils viennent de l'italien, ce qui n'a dans l'histoire de ces langues aucune preuve. Adnare, qui donne aner et anar, fournira probablement l'espagnol andar, bien que je ne connaisse pas de combinaison dn qui en espagnol donne nd ; mais fournirait en italien annare, et non andare. À la vérité Diez remarque que le catalan supprime souvent le d, disant manar pour mandar ; que c'est le catalan qui a fait anar de andar, et que de là la forme sans d s'est étendue dans la langue d'oc et dans la langue d'oïl. Mais c'est là un pas que l'on ne peut franchir sans autre exemple que celui-là même qui est en question : le d en cette position ne disparaît pas dans ces deux langues. Diez a prouvé pleinement, je crois, que andare peut venir de aditare ; mais il n'a pas prouvé comment aditare aurait donné anar et aner. Il se présente deux solutions de cette difficulté : ou admettre qu'il y a eu deux formations : l'une, de andare, qui vient de aditare ; l'autre, de anar, aner, qui vient de adnare. Adnare est cité dans le Glossaire de Papias, avec le sens de venir ; Virgile a dit en parlant de Dédale : Insuetum per iter gelidas enavit ad arctos, Aen. VI, 16 ; et adnare pour aller n'est qu'une métonymie comparable à celle de adripare dit pour arriver. Cette solution est la seule qui satisfasse aux exigences de la dérivation dans les langues romanes ; mais elle pèche contre une exigence considérable, à savoir l'exigence historique : d'ordinaire la formation est analogue dans les quatre grands embranchements ; aner, andare, andar et anar sont trop voisins de forme et de sens pour qu'on ne pense pas qu'ils émanent d'une même création. Le problème étymologique en est là : trouver comment anar ou aner s'accommode avec andare, si c'est aditare qui est le radical ; ou comment andare s'accommode avec anar ou aner, si c'est adnare qui est le radical ; ou enfin trouver comment il se fait qu'il y ait eu une double formation pour un mot si usuel ; s'il faut prendre adnare pour les langues cisalpines, et aditare pour les langues hispano-italiques ; ou bien enfin, dans l'incertitude qui reste, si quelque autre mot encore inexploré n'est pas l'origine.