ambassade s. f. (am-ba-sa-d')
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1Fonction, charge d'ambassadeur. Obtenir une ambassade.
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2Députation à un souverain. Envoyer une ambassade.
- Recevoir ambassade en qualité de reine Corneille, Nicom. III, 1
- Voilà donc le succès qu'aura votre ambassade Racine, Andr. III, 1
- C'est toi dont l'ambassade, à tous les deux fatale,L'a fait pour mon malheur pencher vers ma rivale Racine, ib. V, 3
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3La suite d'un ambassadeur. Il fait partie de l'ambassade.
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4Hôtel d'un ambassadeur. Je loge à l'ambassade.
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5Commission, message entre particuliers.
- Son frère arrive et lui fait l'ambassade La Fontaine, Joconde.
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Ironiquement. J'ai fait une belle ambassade, c'est-à-dire ma mission n'a pas été heureuse.
- Ô ! juste ciel ! j'ai fait une belle ambassade Molière, Amph. I, 2
Étymologie
Froissard a dit ambassaderie ; dans le XVIe siècle, ambassade est tantôt féminin, tantôt masculin, tantôt avec le sens actuel et tantôt avec le sens de messager. Provenç. ambaissada, et masculin, ambaissat ; ital. ambasciata ; espagn. embaxada ; bas-lat. ambascia, ambasiata, ambassata, ambasseria, ambasciata, ambaxata. L'italien a ambascia, ambascio, dans le sens d'angoisse, peine. Ambassade et les formes ci-dessus relatées viennent de ambactia, qui figure dans les plus anciens textes du bas-latin (loi salique, loi des Bourguignons et autres), avec le sens de service, emploi, mission. Ambactia rappelle aussitôt ambactus, homme de service, qui est dans César. César dit en parlant des chevaliers gaulois : Circum se ambactos clientesque habent. De son côté, Festus dit : Ambactus apud Ennium lingua gallica servus appellatur. Saumaise a prétendu que ambactus n'était pas gaulois ; en effet ambactus s'expliquerait sans peine par le latin : amb, autour, et actus, poussé, mené. Mais, outre que ambactus n'a aucun emploi et aucun appui dans la latinité, il faudrait ne tenir aucun compte du dire de Festus. Aussi Zeuss (Gramm. celtique, I, 89 et 179) a-t-il cherché une origine celtique : kymri amaet (pour ambaeth, le b tombant souvent), laboureur, ouvrier. Mais la difficulté croît, quand on reconnaît que les langues germaniques ont un mot tout à fait analogue : ancien islandais, ambat, ambot, et anglo-saxon. aembeht, serviteur ; suédois, embete, charge, ministère ; hollandais, ambagt, métier ; allemand, amt, fonction ; gothique andbaths ; ancien haut allemand, ambaht, serviteur ; gothique, andbahti, service. M. Diez remarque, en faveur de l'origine germanique, que le bas-latin ambactia ne peut découler de ambactus, le suffixe ia n'étant pas usité, mais qu'il peut découler du gothique andbahti. Tout cela montre en tout cas que ambactus, ambactia, et par suite les formes romanes, sont dues aux nations que les Latins nommaient transalpines. Cela posé, il est difficile de décider entre le celtique et l'allemand ; mais sans doute en cette circonstance, comme en plusieurs autres, le celtique et l'allemand ont eu une forme très voisine qui est venue se confondre dans le bas-latin.