Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

apostrophe dans le Littré

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1apostrophe s. f. (a-po-stro-f')

  1. 1Terme de rhétorique. Figure par laquelle l'orateur, s'interrompant tout à coup, adresse la parole à quelqu'un ou à quelque chose.

  2. 2Trait mordant lancé à quelqu'un. Il ne s'attendait pas à cette dure apostrophe.

  3. 3Familièrement, coup.

  4. 4Terme de grammaire. Petit signe ['] qui marque l'élision. L'enfant, l'homme, pour le enfant, le homme.

Étymologie

Ἀποστροφὴ, de ἀπὸ, et de στροφὴ (voy. STROPHE) signifiant tour ; mot à mot, détour, c'est-à-dire détour par lequel le discours quitte la personne à qui il s'adressait et en interpelle une autre. L'apostrophe, marque orthographique, a été ainsi nommée parce qu'elle détourne et remplace la lettre élidée. Cette marque n'est pas ancienne dans notre langue ; nos anciens manuscrits ne la connaissent pas. Jacques Peletier (XVIe siècle), dans son Dialogue sur l'orthographe, dit qu'elle a été inventée de son temps. Des grammairiens ont dit que apostrophe, signe grammatical, devait être masculin ; en effet apostrophus en latin est masculin, mais par une erreur ; car l'apostrophe se dit en grec ἡ ἀπόστροφος, sous-entendu στιγμὴ, ce qui veut dire la marque qui détourne. Il n'y a donc rien à changer dans le genre.

2apostrophé, ée part. passé. (a-po-stro-fé, fée)

  1. Durement apostrophé par son adversaire.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander