appeler v. a. (a-pe-lé)
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1Appeler quelqu'un à haute voix. Appeler chacun par son nom. Qui m'appelle ?
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Appeler les lettres de l'alphabet, les nommer successivement l'une après l'autre.
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En termes de palais, appeler une cause, dire à haute voix le nom des parties.
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Appeler son chien, l'appeler de la voix ou en sifflant.
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Il se dit des animaux. La brebis appelle son agneau ; la poule appelle ses poussins.
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Absolument. Il appelle, et personne ne vient.
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Fig. Appeler à son aide sa vertu. Celui qui sent sa faiblesse, appelle à son secours le manége et l'intrigue.
Il appelle les idolâtres à la connaissance de Dieu
Bossuet, Hist. II, 7- Quelquefois elle appelle Oreste à son secours Racine, Andr. I, 1
- Par les dieux qu'en pleurant tes serments appelèrent Régnier, Élég. II
Il appelait à témoin les dieux et les hommes que la république était trahie
VERTOT, Révol. rom. III, 274
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Appeler des oiseaux, les attirer en se servant d'un appeau.
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Absolument, en termes de chasse.
- Quelque terrier, dit-il, a sauvé mon galant ;Mes chiens n'appellent point au delà des colonnes La Fontaine, Fab. XII, 23
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Ce chien appelle en faux, il aboie dans l'endroit où les perdrix ont été, ou à la rencontre du frai des perdrix.
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2Louis XIV appela Colbert dans ses conseils. Si tu appelles le médecin. Les destinées nous appellent. Appeler la bienveillance par ses bons offices. La corneille appelle la pluie. Le coq appelle le jour. Une fourberie en appelle une autre.
- N'est-ce pas vous enfin de qui la voix pressanteNous a tous appelés aux campagnes du Xanthe ? Racine, Iphig. I, 3
- Les cloches dans les airs de leurs voix argentinesAppelaient à grand bruit les chantres à matines Boileau, Lutr. II
- Nos vaisseaux sont tout prêts et le vent nous appelle Racine, Andr. III, 1
- Et nos champs, malheureux par leur fécondité,Appellent l'avarice et la férocitéDes brigands du midi, du nord et de l'aurore Voltaire, Tancr, I, 1
- Au pied de ses remparts quel intérêt m'appelle ? Racine, Iphig. IV, 11
- L'infidèle en nos murs appelle l'étranger Voltaire, Tancr. II, 4
- Enfin, las d'appeler un sommeil qui le fuit.... Racine, Esth. II, 1
- Argos nous tend les bras, et Sparte nous appelle Racine, Phèdr. V, 1
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Par extension. Dieu vient de l'appeler à lui, il vient de mourir. Je sens que Dieu m'appelle à lui, je sens que ma fin approche.
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3Appeler un adversaire au combat. Appeler à une lutte de talents.
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Appeler en duel ou simplement appeler, provoquer à un combat singulier.
- Je l'irais appeler comme mon adversaire Régnier, Sat. VI
Il fit appeler le duc de Buckingham
Hamilton, Gramm. 11- Je sais de bonne part qu'on t'a fait appeler Molière, Fâch. III, 4
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4Appeler quelqu'un en justice. Les uns sont condamnés, les autres ne sont pas même appelés.
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Appeler quelqu'un en témoignage ou comme témoin.
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Appeler quelqu'un en garantie.
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5Appeler des soldats sous les drapeaux. Appeler les vétérans. On appelle le contingent de cette année.
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6Tous les vœux l'appellent. Appeler le malheur, la vengeance du ciel sur quelqu'un. Armée qui appelle le combat de tous ses vœux. Appeler sur quelqu'un les bénédictions du ciel. Il appelait sur vous la haine et le mépris.
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7Appeler quelqu'un à une charge. Il fut appelé au trône. Être appelé au consulat. Appeler quelqu'un à siéger dans le sénat. Appeler à une chaire un professeur habile. Il ne faut pas résister quand Dieu nous appelle. Le génie de Turenne l'appelait au commandement des armées.
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8Cette conduite appelle votre sévérité. Les affaires intérieures appelèrent son attention. Ce crime appelle la vengeance des lois.
- Ton audace à la fin appelle ma vengeance Lamartine, Médit. II, 18
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9Appeler une chose de plusieurs manières. Appeler quelqu'un le sauveur de la patrie.
- Je n'appellerai jamais libre un homme....J'appelle un chat un chat et Rollet un fripon Boileau, Sat. I
Il n'y a point de particulier qui ne se voie autorisé par cette doctrine à adorer ses inventions, à consacrer ses erreurs, à appeler Dieu tout ce qu'il pense
Bossuet, Reine d'Anglet.
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Familièrement. Appeler les choses par leur nom, ne pas affaiblir par des mots ce que certaines vérités peuvent avoir de dur.
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10V. n. Appeler de, recourir à un tribunal supérieur. Appeler d'un jugement.
Loi qui permit d'appeler au peuple des consuls
Bossuet, Hist. I, 8Et nous faire désirer au moins que Dieu existât, à qui nous pussions appeler du jugement des hommes
La Bruyère, 16Il lui remontra qu'encore qu'il n'y ait point de juge à qui l'on puisse appeler de lui, il faut qu'il en appelle lui-même au tribunal de sa conscience
Fléchier, Panég. II, p. 91
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Appeler comme d'abus, appeler d'un tribunal ecclésiastique à l'autorité laïque.
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Fig. Appeler de, ne pas se soumettre. J'appelle de votre décision.
- Jupin, de ton arrêt j'appelle ;Ta balance et tes poids sont faux Béranger, Bluets.
Avec le sens actif, en droit féodal, appeler son seigneur de faux jugement, c'était dire que son jugement avait été faussement rendu
Montesquieu, Esp. XXVIII, 27
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11En appeler.
Celui qui n'a pas fait sa fortune à la cour, est censé ne l'avoir pas dû faire ; on n'en appelle pas
La Bruyère, 8Vauban est infaillible ; on n'en appelle point
La Bruyère, 12
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En appeler à, s'en référer à, recourir.
Souffrez, mes frères, que j'en appelle à votre conscience
Massillon, Évid.Charles I était brave ; il pouvait en appeler à l'épée
Chateaubriand, Stuarts, 197
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Familièrement. Il en a appelé, se dit d'un homme qui a échappé à une maladie dangereuse.
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12En termes de marine, une manœuvre appelle droit, si elle arrive directement au point où la force est appliquée ; elle appelle de loin, quand le lieu où elle est amarrée est éloigné.
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13V. réfl. Avoir pour nom. Comment t'appelles-tu ? Parce que je m'appelle lion. Cette maladie s'appelle avarice. La mort ne peut s'appeler un mal.
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Voilà qui s'appelle un témoignage de véritable amitié ; c'est là un témoignage de véritable amitié. D'après de Caillières, voilà qui s'appelle, était une locution de la cour.
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Voilà qui s'appelle parler, voilà un langage ferme et franc. Nous disons aujourd'hui de préférence : Voilà ce qui s'appelle.
Je vais, victime de mon zèle, M'envelopper dans ma vertu. - Voilà, voilà ce qui s'appelle être légèrement vêtu
MÉRY, et BARTHÉLEMY, le Congrès des ministres
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Se donner un titre. Le monarque de la Perse s'appelle dans ses inscriptions le roi des rois.
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S'appeler, s'inviter l'un l'autre a venir. Pour ne pas se séparer dans le bois, ils s'appelaient de temps en temps.
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4Ajoutez :
Il [saint Paul] montrera que, bien loin que les dignités soient capables de soustraire les hommes au jugement de Dieu, c'est cela même qui les y appelle et qui aggrave leur compte
J. SAURIN, Disc. de saint Paul à Félix et à Drusille
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14S'appeler, se donner un titre à soi-même.
On n'eut égard aux sollicitations que pour exclure ceux qui étaient assez téméraires pour solliciter et s'appeler eux-mêmes
Massillon, Panégyr. saint Louis
Remarque
Écrivez : appelé-je, et non appellé-je, par la même raison qui fait qu'on écrit appelai et non appellai. Cette remarque s'applique à tous les verbes en eler et en eter : jeté-je et non jetté-je.
Étymologie
Bourguig. aipelai ; provenç. appellar ; espagn. apelar ; ital. apellare ; du latin appellare, de ad, à (voy. À), et pellare, inusité et signifiant parler.