argile s. f. (ar-ji-l')
-
1Terre blanchâtre, douce au toucher, composée principalement de silice et d'alumine. On l'appelle communément glaise.
Comme cet ancien philosophe ne permettait d'aller prendre de l'eau chez son voisin qu'après avoir fouillé sa terre jusqu'à l'argile, un esprit ne doit s'adonner à expliquer les autres que lorsqu'il se reconnaît incapable de produire quelque chose de lui-même
GODEAU, Discours sur Malherbe.
-
Poterie d'argile.
Aux regards des héros le rivage est tranquille ; Ils descendent : Hylas prend un vase d'argile
A. CHÉNIER, 65- Et l'argile et le bois se briser comme verre Rotrou, St Gen. III, 6
-
2Fig. Les parties matérielles du corps. Tous les hommes sont faits de la même argile.
Que de créateurs d'idoles et de magots ! que de gens adorent l'argile qu'ils ont pétrie !
Buffon, Nature des anim.
-
3En termes de géologie, argile inflammable, roche composée d'argile ordinaire mélangée d'environ un tiers de bitume gris.
-
Argile de Kimmeridge, dépôt marneux le plus récent de l'étage oolithique.
-
Argile d'Oxford, grand dépôt de matières argileuses et arénacées appartenant à l'étage oolithique et placé immédiatement au-dessous du calcaire à coraux.
-
Remarque
1. Voltaire a fait argile masculin, ce qui est une faute. 2. Quelques-uns écrivent argille (c'est une orthographe ancienne) et mouillent les ll (c'est une prononciation condamnée par le bon usage).
Étymologie
Berry, ardille ; wallon, arzèie ; namurois, aurzée ; champ. arzile ; provenç. argila ; espagn. arcila ; ital. argilla ; du latin argilla ; grec ἄργιλλος, de ἀργὸς, blanc ; mot à mot, la terre blanche (comp. ARGENT).