Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

arguer dans le Littré

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1arguer v. a. (ar-gu-é. L'Académie ne conjugue pas ce verbe ; mais il faut écrire avec tréma : j'arguë, tu arguës, il arguë ; et même il serait bien d'écrire argüer, argüant, argüé, pour indiquer la prononciation ; autrement on le confondrait avec le verbe arguer 2)

  1. 1Contredire, accuser. Arguer une pièce de faux.

  2. 2Tirer une conséquence. Qu'arguez-vous de cela ?

    • Absolument.

      • Je suis ce juge intègre Qui toujours parle, arguë et contredit Voltaire, Goût.

Étymologie

Provenç. arguir ; ital. arguire. Le provençal et l'italien viennent bien d'arguere, par un changement de la troisième conjugaison en la quatrième. Mais le français n'en vient pas ; s'il en était venu, quel qu'eût été l'infinitif, le présent eût été j'argue, prononcé j'arghe, et non j'argue, prononcé j'arguë, comme le montrent les vers. Il vient d'argutare, argutari, fréquentatif d'arguere, répéter sans cesse, caqueter, sautiller. Primitivement, arguer signifie quereller, tancer, attaquer, par un changement de sens semblable à celui qui de calumniari a fait chalenger, appeler en justice, provoquer au combat. Puis arguer, refait sans doute sur le latin arguere au XIVe siècle, prend le sens actuel d'arguer, sans étouffer pourtant le sens primitif qu'on trouve encore dans le dictionnaire de Furetière, mais qui maintenant est tout à fait tombé en désuétude.

2arguer v. a. (ar-ghé ; il argue se prononce il argh')

  1. Technologie. Passer un fil de métal par les trous de l'argue.

Étymologie

Ajoutez : Le lat. arguere, d'après Fr. Meunier, est pour ar-guere, équivalant à ad-guere, comme ar-cessere pour ad-cessere ; guere est le radical sanscr. gu, crier ; comparez γοάω.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander