Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

arrêt dans le Littré

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arrêt s. m. (a-rê ; le t ne se lie que dans la prononciation soutenue : un arrêt infamant, dites : a-rêt-infamant ; mais on dit sans lier : faire saisie et arrêt entre les mains de quelqu'un ; on a fait arrêt en sa personne et en ses biens)

  1. 1Action d'arrêter ; effet de cette action. L'arrêt des affaires commerciales. Le médecin a reconnu un arrêt dans la marche de la maladie.

  2. 2Temps d'arrêt, se dit de courts intervalles ou repos dans des mouvements qui doivent s'exécuter avec précision.

    • Par extension, interruption, suspension. Il y eut un temps d'arrêt dans les persécutions.

  3. 3Arrêt de roi, s'est dit autrefois pour embargo.

  4. 4En termes de manége, action par laquelle le cavalier arrête son cheval, et celle par laquelle le cheval s'arrête. L'arrêt doit être opéré graduellement, mais franchement, sans que le corps du cavalier se déplace d'une manière bien sensible.

  5. 5En physiologie, arrêt de développement, travail physiologique ou pathologique qui interrompt la formation d'un organe et l'arrête à un degré inférieur.

  6. 6En termes de chasse, action du chien qui arrête le gibier. Votre chien garde bien l'arrêt. Le chien est en arrêt.

  7. 7Pièce du harnais où un chevalier appuyait sa lance. Il mit la lance en arrêt.

    • Fig. Être la lance en arrêt, être sur le qui-vive.

      • Je crains qu'il ne soit obligé d'être la lance en arrêt sur les côtes de Provence Mme de Sévigné, 583
  8. 8Petite pièce qui arrête le ressort d'une arme à feu, le pêne d'une serrure, le mouvement d'une montre.

    • Ganse, point placé à l'extrémité d'une ouverture, pour empêcher que le linge ne se déchire.

    • En termes de serrurerie, petite broche en fer, portée par une chaînette, pour arrêter une persienne. Petit talon qui entre dans les encoches du pêne.

    • En termes de sellerie, courroie d'arrêt, celle qui est attachée au harnais de derrière, servant au cheval à arrêter la voiture.

  9. 9En termes de musique, point d'arrêt, point d'orgue.

  10. 10Dans l'escrime, coup d'arrêt, coup pris sur une marche avec opposition.

  11. 11Petit ados qui coupe une allée plate en travers, pour empêcher que les eaux ne la dégradent.

  12. 12Pieux traversés de pièces de bois, et destinés à arrêter le bois qu'on a jeté à bûche perdue sur les petites rivières.

  13. 13En termes judiciaires, saisie de la personne ou des biens. On a fait arrêt sur sa personne et sur ses biens.

  14. 14Maison d'arrêt, prison.

    • S. m. plur. En termes militaires, punition, défense faite à un militaire de sortir. Condamner aux arrêts. Lever les arrêts.

      • Senantes est aux arrêts Hamilton, Gramm. 4
      • Les directeurs pouvaient mettre aux arrêts, interdire même les brigadiers de cavalerie ou d'infanterie Saint-Simon, 25, 32
      • Arrêts forcés, défense absolue de sortir ; arrêts simples, défense de sortir aux heures où l'on n'est pas de service.

      • On a dit autrefois en arrêt ce que nous disons aux arrêts.

        • L'abbé Dubois trouva le prince de Galles en arrêt dans son appartement Saint-Simon, 475, 101
        • Le roi le fit mettre en arrêt en votre maison Pascal, Prov. 13
  15. 15Décision rendue par une cour souveraine. Rendre un arrêt. Prononcer un arrêt de mort.

Étymologie

Provenç. arrest ; espagn. et ital. arresto. On tire souvent ce mot du grec ἀρεστὸν, qui signifie un arrêt, une résolution ; mais, outre qu'on ne voit pas comment ce mot grec se serait introduit dans la langue, il est impossible de séparer arrêt d'arrêter (voy. ce mot).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander