assiette s. f. (a-siè-t')
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1Manière de se poser, d'être posé. Ce malade ne peut se tenir longtemps dans la même assiette. Déranger quelqu'un de son assiette. L'assiette d'une poutre.
- Les jambes trop courtes, point d'assiette de pied BUFFON, l'Unau.
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Par analogie.
Les hommes errants dans les bois ayant pris une assiette plus fixe
J.-J. Rousseau, Orig. 2
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Terme de manége. Perdre son assiette, n'être pas solide sur la selle. Donner l'assiette, bien placer sur la selle. Un bon cavalier ne perd jamais son assiette.
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L'assiette d'un navire, la situation la plus favorable à la navigation.
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2Position topographique d'une maison, d'une ville, etc. Assiette d'un lieu. Cette ville a une assiette favorable. Choisir l'assiette du camp.
De grandes plaines où il y a peu de lieux forts d'assiette
Montesquieu, Esp. XVIII, 13- L'assiette en est heureuse et l'accès difficile Corneille, Agés. III, 1
Le général n'avait pas la première notion de l'assiette ni de la disposition d'un fourrage
Saint-Simon, 158, 68
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3L'assiette d'un impôt, sa répartition. L'assiette d'une rente, le fond sur lequel elle est établie.
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Assiette de terre, indique, dans les anciens titres, l'engagement d'un immeuble ou la translation de sa propriété.
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En termes d'eaux et forêts, faire l'assiette des ventes, marquer aux marchands les bois dont ils ont accepté la coupe.
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4Fig. État, disposition de l'esprit. Garder son assiette. Quand l'esprit est dans son assiette. Faire sortir l'âme de son assiette.
- Et je veux bien périr comme vous l'ordonnez,Et dans la même assiette où vous me retenez Corneille, Cinna, IV, 4
- Une atteinte secrèteNe laisse pas mon âme en une bonne assiette Molière, le Dép. I, 1
Si votre esprit demeure dans la même assiette
Bossuet, Lett. 30Les hommes commencent par l'amour, finissent par l'ambition, et ne se trouvent dans une assiette plus tranquille que lorsqu'ils meurent
La Bruyère, 4Mlle Caminski est vive, violente même, la contredisant sans ménagement, et ne la tirant jamais de son assiette tranquille
Diderot, Sur la princ. d'Ashkow.Nous brûlons du désir de trouver une assiette ferme
Pascal, Dispr. 2- Garde au sein du tumulte une assiette tranquille Boileau, Lutrin, I
Jamais un de ces moments de vivacité qui ait pu marquer que sa grande âme était sortie de son assiette
Massillon, Conti.Il n'est pas besoin d'un grand art pour faire sortir les meilleurs esprits de leur assiette
VAUVENARGUES, Max. CCLXVIIILaissant emporter son esprit, qui manque peut-être un peu d'assiette, au plaisir rapide de la surprise
VAUVENARGUES, Alcippe.
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5Vaisselle large et plate sur laquelle on mange.
- Je vous trouve aujourd'hui l'âme tout inquiète,Et les morceaux entiers restent sur votre assiette Boileau, Sat. III
- Un gourmand dans son assietteFond le bien de ses aïeux Béranger, H. rangé.
Les assiettes des conviés seront creuses, afin que l'on puisse se présenter du potage et s'en servir à soi-même, sans prendre cuillerée à cuillerée dans le plat
NICOLAS DE BONNEFONS, Délices de la Campagne, p. 25, 5e édit. 1673
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Assiettes volantes, certaines assiettes creuses que l'on sert entre les plats et où l'on met des entrées.
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Assiettes blanches, assiettes nettes qu'on donne en relevant celles qui ont servi.
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Par extension, une assiette de potage, la quantité de potage qu'une assiette peut contenir.
Jacob force son frère de lui céder son droit d'aînesse pour une assiette de lentilles
Voltaire, Phil. II, 47
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Familièrement. Piquer l'assiette, manger habituellement chez les autres. Piqueur d'assiette et plus souvent pique-assiette, parasite.
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Son assiette dîne pour lui, se dit de celui qui manque de venir à une table d'hôte et qui ne laisse pas de payer son dîner.
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6Technologie. Terme de doreur sur tranche. Composition qu'on met sur la tranche d'un livre avant que de la dorer.
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Cuve préparée et remplie des ingrédients nécessaires pour la teinture.
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Tout ce qui dans une horloge supporte une pièce quelconque.
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7Terme de paveur. Pavé mis au sens où il doit être sur le sable. Une assiette de pavés en plein sable.
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8Autrefois, assiette à mouchettes, pièce qui était ordinairement d'orfévrerie ou d'étain, qui était faite en forme d'assiette, autour de laquelle il y avait des rayons avec un manche au bout, et sur laquelle on posait les mouchettes. On dit aujourd'hui porte-mouchettes.
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9En termes de chasse, assiette de fer, sorte de piége.
Étymologie
Provenç. assieta, assiette des taxes. Mot de difficile discussion. Il y a dans l'ancien français un mot siet, qui signifie fixé : Siet vient du latin situs, situé (voy. SITE). De siet s'est formé, par assiet, mot fictif ou du moins qu'on ne trouve pas, le substantif assiette. Cela posé, il y a plusieurs autres formes à débrouiller. Sentar, provençal, catalan, espagnol et portugais, qui signifie être assis, est formé de situs, par l'intercalation de la nasale ; de sentar dérivent assentar en catalan et en portugais, asentar en espagnol. Le provençal assetar, asetar, dérive de ad et de situs. Le provençal assetiar, assitiar, asetiar, le catalan assetjar, assitiar, dérivent de ad et encore de situs, mais par l'intermédiaire d'un substantif barbare sitius ou sitium, dont l'espagnol sitio, lieu, porte témoignage. Le provençal assestar, asseoir, placer, et l'italien assestare, arranger, rendre un poids juste, être propre, convenable, sont plus incertains ; cependant il est probable qu'ils viennent d'une confusion de sessum, supin de sedere, et de situs, d'où assestar. Il ne reste plus que l'italien assettare, asseoir, ajuster, suborner, châtrer ; assettato, assis, d'accord ; assettamente, poliment, proprement ; assettatore, qui ajuste, qui pose ; assetto, arrangement ; ici les deux t font difficulté ; aussi Diez tire-t-il assettare de adsectare, dérivé de sectus, coupé ; signification qui va bien à châtrer, et qui peut s'accommoder aussi à celle de mettre en ordre, diviser, conduisant à ordonner ; c'est à ce radical qu'il rattache le français assiette. On a vu plus haut que assiette est étroitement lié par la forme et par le sens à siet ; quant à l'italien qui veut dire à la fois asseoir, ajuster, châtrer, faut-il admettre qu'assetare a été changé, par assimilation, en assettare qui, lui, viendrait de adsectare, comme Diez le dit : d'où alors les sens très divers qu'il a ? On suit sans peine la série des sens d'assiette : situation, puis place que les convives occupent à table, et premier, second, etc. service, enfin plat mis devant chaque convive.