automne s. m. et f. (ô-to-n')
-
1Celle des saisons de l'année qui est entre l'été et l'hiver. Un automne chaud et sec.
- Et toi, riant automne, accorde à nos désirsCe qu'on attend de toi, des biens et des plaisirs ST-LAMB., Sais. Aut.
- Dirai-je à quels désastresDe l'automne orageux nous exposent les astres ? Delille, Géorg. I
- Aussi voyez comment l'automne nébuleux,Tous les ans, pour gémir nous amène en ces lieux Delille, Imaginat. ch. VII
Il est vrai, monsieur, que j'allai à Bruxelles l'automne dernière
Fénelon, II, 203- La terre, aussi riche que belle,Unissait, dans ces heureux temps,Les fruits d'une automne éternelleAux fleurs d'un éternel printemps Gresset, le Siècle pastoral.
- Une santé, dès lors florissante, éternelle,Vous ferait recueillir d'une automne nouvelleLes nombreuses moissons J.-B. Rousseau, Odes, III, 5
Je me représente cette automne-là délicieuse, et puis j'en regarde la fin avec une horreur qui me fait suer les grosses gouttes
Mme de Sévigné, 23 août, 1671- De la dépouille de nos boisL'automne avait jonché la terre MILLEV., Chute des feuilles.
- Soleil si doux au déclin de l'automne.... Béranger, Adieux à la campagne.
-
Astronomiquement, l'espace de temps du 20 septembre au 21 décembre. L'automne astronomique ne coïncide pas avec l'automne météorologique, qui est celui du langage vulgaire et qui s'étend de la fin d'août à la première quinzaine de novembre.
-
2Fig.
Nous sommes dans l'automne du bon goût et au temps de la chute des feuilles
Voltaire, Lett. vers, 42
-
3L'âge qui précède la vieillesse.
- Qu'il coule gaiement son automne,Que son hiver soit encor loin ! Béranger, Doct. et mal.
-
4Dans l'alchimie, temps où l'opération de l'œuf philosophique est portée à la perfection.
Remarque
Les grammairiens ont essayé d'établir des règles entre l'emploi du masculin et celui du féminin. Ils ont dit qu'automne est masculin quand l'adjectif précède : un bel automne ; féminin, quand l'adjectif suit immédiatement : cette automne délicieuse ; que cependant, s'il se trouve entre automne et l'adjectif soit un adverbe, soit un verbe, alors automne est du masculin : l'automne est beau. Mais ces distinctions sont des subtilités et des complications. D'autres ont voulu fixer définitivement le genre et font automne masculin. Mais il n'y a aucun mal à ce qu'un mot reste des deux genres, puisque, par le fait, il est ainsi ; et il y en aurait à condamner un usage qui se trouve dans nos écrivains du XVIIe siècle, et qui dès lors nous apparaîtrait comme une faute.
Étymologie
Provenç. autom, autompne ; espagn. otoño ; portug. outono ; ital. autumno ; de autumnus ou plutôt auctumnus ; en effet ce mot vient d'augeo, augmenter, et il a par conséquent même racine que auctor, auteur (voy. ce mot) ; c'est une forme de participe moyen, tombée en désuétude dans le latin, mais dont on retrouve cependant d'autres exemples dans Vertumnus, Picumnus, noms de divinités, et dans Pilumnus ; elle répond à la forme μενος en grec, et manas en sanscrit ; auctumnus signifie donc la saison qui est augmentée, qui est enrichie.