1bâiller v. n. (bâ-llé, ll mouillées, et non bâ-yé ; il faut avoir bien soin de donner à l'a le son marqué par l'accent circonflexe)
-
1Faire un bâillement. Nous bâillons en voyant bâiller les autres.
-
2S'ennuyer. On bâillait à cette comédie.
- Quand vous bâillez à quelque traitD'un certain livre fort abstrait,Votre mie aussitôt vous gronde ST-LAMBERT, à Mlle....
- Fi des salons où l'ennui qui se berceBâille entouré d'un luxe éblouissant Béranger, Fille du peuple
-
3S'entr'ouvrir, être mal joint.
- Une s'était ouverte, et, bâillant au soleil,Par un doux zéphyr réjouie.... La Fontaine, Fab. IX, 8
-
Cette étoffe, cette dentelle bâille, elle n'est pas assez tendue.
Remarque
Bâiller a été dit pour soupirer après, désirer ardemment ; mais c'est une faute et une confusion avec bayer (voy. ce mot).
Étymologie
Provenç. badaillar ; catal. badallar ; ital. sbadigliare. Ces formes expliquent pourquoi l'ancien français a baailler en trois syllabes, et l'accent circonflexe du français moderne bâiller. Badaillar, baailler sont une forme allongée de badare, bayer (voy. ce mot).
Supplément
BÂILLER. Ajoutez : Activement. Bâiller sa vie, la passer en bâillant.