bigarrer v. a. (bi-ga-ré)
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1Marquer de couleurs qui tranchent l'une sur l'autre. Bigarrer son ajustement.
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2Fig.
Ont-ils pu démêler toutes les nuances qui bigarrent la vie commune ?
Voltaire, Lett. Prusse, 79Sans bigarrer son discours de quelque plaisanterie hors de place
VAUVENARGUES, Batylle.
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3V. réfl. Se bigarrer, prendre, recevoir des bigarrures.
Il n'y a point de valet qui ne soit de race de rois, ni de roi qui ne soit de race de valets : tout se bigarre de cette façon avec le temps
Malherbe, Lexique, L. Lalanne.
Étymologie
Ménage le tire de bis et variare, bis dans le sens péjoratif (voy. BIS- préfixe), et variare. Diez, qui ne repousse pas cette étymologie, en suggère cependant une autre, qui serait : bi-garrer pour bi-carrer, de carrer, disposer, arranger en forme de carrés, d'échiquier. Mais ce qui paraît décider la question pour Ménage, c'est l'existence, en Berry, de gare, gareau, gariau, gariche, tous mots qui signifient de couleur variée. Que le v latin puisse se changer en g comme le w germanique, bien que plus rarement, c'est ce que prouve guivre de vipera, gaîne de vagina, etc. On voit par quelques exemples qu'on a confondu bigarrer avec bizarre, qu'on écrivait bigeare, et qu'on en a fait bigearer ; mais cela ne peut être considéré que comme une erreur.