Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

bise dans le Littré

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1bise s. f. (bi-z')

  1. 1Vent du nord en général, et, en particulier, vent du nord-nord-est, qui souffle très souvent en France, et qui est très sec. Sec comme bise.

  2. 2Poétiquement, l'hiver.

    • [La cigale] ... Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue La Fontaine, Fab. I, 1

Étymologie

Provenç. bisa, biza. Il y a dans le haut-allemand bîsa, pîsa ; suisse, bise, beise, la bise ; dans le bas-breton, bîz, vent du nord-est ; mais on ne sait si ces mots viennent du roman ou si le roman en vient. Diez se demande d'autre part si la bise ne serait pas dite de l'adjectif bis, de couleur sombre, comme en latin aquilo, l'aquilon, vient de aquilus, de couleur foncée. L'origine, comme on voit, est douteuse.

2bise s. f. (bi-z')

  1. Poisson de mer presque semblable au thon.

3bisé, ée part. passé. (bi-zé, zée)

  1. Reteint. Drap bisé. Étoffe bisée.

4bis, bise adj. (bi, bi-z')

  1. D'un gris brun. De la pâte bise.

    • Cette maîtresse un tantet bise Rit à mes yeux La Fontaine, Pâté.
    • Pain bis, pain de couleur bise, attendu qu'il y reste du son.

      • J'ai faim, dit-il ; et bien vite Je sers piquette et pain bis Béranger, Souv. du peuple.
    • Pain bis blanc, pain entre le bis et le blanc. L'Académie écrit bis-blanc avec un trait d'union, qui est de trop ; car ces adjectifs de couleur redoublés n'en prennent pas.

    • À bis, à blanc, de toute façon.

      • ... tout ce qu'en ce temps, à bis, à blanc, on veut qu'on croie, Harangue des gens de Sarulle à M. de Vintimille contre l'unigenitus, 1732

Étymologie

Berry, bège, fauve, roussâtre ; provenç. bis ; espagn. bazo ; ital. bigio ; bas-lat. bisus. Mot d'origine difficile à trouver. Vossius, dans Ménage, Orig. de la langue ital. p. 509, indique une étymologie que Diez est disposé à accepter ; c'est le latin bysseus (de byssus) qui signifia couleur de coton et qui, comme d'autres termes de couleurs, aurait changé d'acception ; d'où viendraient le port. bugio, bis, et le bas-lat. busius, fauve. Pourtant Diez préfère une apocope de bombycius (de coton), semblable à celle de basin ; les formes voisines auraient donné : bombacius, l'esp. bazo, et bumbucinum, le port. bugio. Ménage avait indiqué piceus.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander