blafard, arde adj. (bla-far ; le d ne se lie pas : blafard et défait, dites : bla-far et défait ; au pluriel, l's ne se lie pas : blafards et défaits, dites : bla-far et défaits ; cependant plusieurs prononcent l's : bla-far-z et défaits)
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D'un blanc terne.
Que les teintes des nuages soient blafardes et livides....
Chateaubriand, Génie, II, V, 6Quand il arrive à un nègre de faire l'amour à une personne de cette espèce blafarde [Albinos], il est tourné en ridicule
Voltaire, Relat. 178Car la nature bonne et sage.... A fait sans le secours du fard D'un Vendôme un peu trop blafard Un Vendôme plus beau qu'un ange
CHAUL., Au duc de Nevers.
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Fig.
Pour voir ce que produirait une union si blafarde [un mariage entre blonde et blond]
Hamilton, Gramm. 9
Étymologie
Bas-lat. blaffardus, dans un texte du XIIIe siècle, nom d'une monnaie qui paraît répondre à un blanc. Ménage tire ce mot de l'allemand bleifarben, couleur de plomb ; mais Diez propose l'ancien haut-allemand blei-faro, de bleih ou bleich, pâle, et faro, couleur (d ajouté comme dans homard). Oresme au XIVe siècle a pris blafard dans le sens figuré, de bénin, sans volonté ; et dans le XVe siècle on a donné à blafarde la signification de mauvaise action.
Supplément
BLAFARD. - ÉTYM. Ajoutez : Les orfévres, pour donner à l'ouvrage d'or plus de beauté et de fermeté et à moindres frais, font l'alliage de cuivre pur, quand ils peuvent ; qui est beaucoup plus léger que l'argent, qui rend l'or blafe et pale de couleur, JEHAN BODIN, Discours sur le rehaussement et diminution des monnoyes, Paris, 1578, feuille 9 verso (il n'y a point de pagination). Blafe donne immédiatement le bas-latin blavus, qui signifie bleu et blond. Dans Du Cange, à blavus, on trouve : blavus, blavius, blavidus, blawfarb. Blafard est donc composé de blavus, qui est le blau des Allemands, et de l'all. Farbe, couleur. Diez avait bien vu Farbe, dans blafard, mais ce n'est pas bleich, c'est blav qui forme la première partie du mot.