Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

blesser dans le Littré

1 article· 25 citations· rimes· synonymes· conjugaison

blesser v. a. (blè-sé)

  1. 1Faire une plaie, une contusion, une fracture, une écorchure. Blesser légèrement. Il fut blessé au bras. Sans qu'aucun des leurs fût blessé. Connaître quel organe intérieur a été blessé. Les liens blessent les bras. De peur que le bœuf ne se blesse la cuisse. Blesser, en bêchant, les racines d'un arbre. La selle blessait le cheval.

    • Absolument.

      • Car enfin l'intention de celui qui blesse ne soulage point celui qui est blessé Pascal, Prov. 7
  2. 2Toucher, en parlant des passions, et surtout de l'amour.

  3. 3Causer une impression désagréable. Blesser la vue ou les yeux. Une amertume persistante qui blesse le goût.

  4. 4Offenser, choquer. Haïr ceux qu'on a blessés. Blesser quelqu'un par d'amères railleries. Blesser les oreilles par des paroles désagréables. S'il y a dans ma lettre quelque chose qui vous blesse. J'espère le dire sans blesser ce personnage.

    • Blesser quelqu'un au cœur, l'offenser dans ses sentiments les plus chers.

      • Apprends donc que Lélie A pu blesser mon cœur par une perfidie Molière, Sgan. 19
  5. 5Causer un tort, un préjudice, un dommage. Les clauses de ce contrat blessent mes intérêts. Sans blesser l'intérêt général.

  6. 6Enfreindre, pécher contre. Son langage blessait les convenances. Blesser la pureté de la langue. Il ne put agir ainsi sans blesser sa conscience.

  7. 7Se blesser, v. réfl. Se faire une blessure. Il s'est gravement blessé avec son fusil.

    • Se blesser l'un l'autre. Dans ce duel, les deux adversaires se sont blessés.

  8. 8Fig. S'offenser. C'est un homme susceptible qui se blesse facilement.

  9. 9En parlant d'une femme, faire une fausse couche.

    • Si l'on parle de se blesser à cinq mois Mme de Sévigné, 62
    • Lorsqu'elle [l'électrice de Brandebourg] apprit que l'électeur [de Saxe] s'était fait catholique, elle en fut outrée au point qu'elle s'en blessa Saint-Simon, 47, 60

Proverbes

Vous ne savez pas où le bât le blesse, vous ne savez pas quelle pensée, quel ennui le tourmente.

Étymologie

Wallon, blèsî ; namurois, blèser ; provenç. blessament, blessedura, blessure ; d'après Diez, du moyen allemand bletzen, rapiécer, bletz, lambeau de cuir, où le sens de mettre en pièces (escuz bleciez, boucliers rompus, dans le Chevalier au lion), puis celui de blesser.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander