Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

bon dans le Littré

4 articles· 151 citations· rimes· synonymes

1bon, bonne adj. (bon, bo-n'. L'n ne se lie pas quand bon n'est pas devant son substantif : il est bon et brave, dites : bon et brave ; mais l'n se lie quand bon est devant son substantif : un bon ami, dites : un bo-n ami ; au pluriel l's se lie : de bons amis, dites : de bon-z amis)

  1. 1Qui réunit les qualités de son espèce. Bonne monnaie. Une bonne terre, une terre fertile. Bonne vue. Avoir l'oreille bonne. Cet homme a une bonne constitution. Bon dîner. De bonnes troupes. Bonne mémoire. Bonne réputation. Bon discours. Bon naturel. Avoir une bonne prononciation. Un bon cheval. Un bon chien de chasse. Un bon voilier, en parlant d'un vaisseau. Une bonne armée.

    • Bon compagnon, bon vivant, homme qui est agréable dans les parties de plaisir et qui y prend part volontiers.

    • Bon garçon, bon diable, termes familiers qui désignent un homme commode et facile à vivre.

    • Faire contre mauvaise fortune bon cœur, bien supporter un revers.

    • Faire bonne mine à mauvais jeu, dissimuler le mécontentement qu'on éprouve, le mauvais état où l'on est.

    • Familièrement. Le bon temps, le temps passé.

    • Se donner du bon temps, se divertir.

    • De bons moments, des moments heureux. J'ai passé avec vous de bons moments.

    • Il n'a pas la tête fort bonne, c'est un esprit peu judicieux, et même quelquefois sa raison est dérangée.

      • Je crains que la tête du pape ne soit pas fort bonne Bossuet, Lettr. Quiét. 136
    • Avoir bon pied, être bon marcheur. Avoir bon pied, bon œil, bien marcher et bien voir, et fig. avoir de l'activité, de la vigilance.

    • Ironiquement. Une bonne langue, une personne qui dit du mal d'autrui.

    • Faire le bon apôtre, contrefaire l'homme de bien.

    • C'est bon, c'est-à-dire j'y consens ; laissons cela. C'est bon, il suffit. C'est bon, j'ai compris. C'est bon, il me le payera ; je m'en vengerai.

    • Absolument. Il est bon, cela est bien imaginé.

      • Terme de marine. Bon frais, vent assez fort, mais favorable. Bon plein, vent arrière qui remplit bien toutes les voiles. Bon bord, celui qui, quand on louvoie, se rapproche le plus de la route à faire. Faire bon bras, brasser les vergues du côté du vent. Faire bonne main, amarrer un cordage roide et sans en rien filer. Le bon bout d'un grelin, celui qui est à bord lorsqu'on toue sur ce grelin ; et fig. le côté favorable d'une chose. Dans cette affaire il a le bon bout. Bonne tenue, fond solide sur lequel l'ancre tient bien.

      • Terme de manége. Galoper du bon pied, se dit d'un cheval qui, se mettant au galop, part du pied droit. Mettre un cheval sur le bon pied, le faire partir du pied droit.

      • Fig. Mettre quelqu'un sur le bon pied, le réduire à faire ce qu'il doit, et aussi le mettre en une position avantageuse. Être dans le monde sur un bon pied, sur le bon pied, avoir une position avantageuse.

  2. 2Strict, exact, rigoureux.

  3. 3Habile. Bon pilote. Bon poëte. Bon architecte. Bon orateur. Apprendre la législation sous un bon maître. Bon général. Bon politique.

  4. 4Heureux, favorable. Bonne nouvelle. Bon résultat. Avoir une bonne issue. La bonne fortune. Bon augure. C'est bon signe que.... Notre bonne étoile. La bonne aventure. La récolte a été bonne.

    • Familièrement. Cela ne dit rien de bon, cela n'est pas de bon augure.

    • Prendre les choses en bonne part, les prendre dans un sens favorable.

    • Avoir bonne opinion de quelqu'un, en parler favorablement.

      • Ne pensez-vous pas que la bonne opinion de soi-même et la complaisance qu'on a pour ses ouvrages est un des péchés les plus dangereux ? PASCAL, Prov. 9
    • Bonne année, année favorable. Souhaiter la bonne année, faire, au 1er janvier, un compliment par lequel on souhaite que l'année qui commence soit heureuse.

    • Bonne année, année où les récoltes, les biens de la terre sont abondants.

    • Bon an, mal an, en compensant les années improductives par les années productives. Il tire de son exploitation, bon an, mal an, dix mille francs.

  5. 5Il se dit des dispositions, des manières, de l'air. Il est en bonne humeur. Vous avez bon visage ce matin.

    • Ironiquement.

      • Oh ! la bonne figure ! Parbleu ! le voilà bon avec son habit d'empereur romain ! Molière, D. Juan, III, 6
  6. 6Avantageux, utile, convenable, salutaire. Bonne résolution. Il avait pris le bon parti. Donner un bon conseil. Offrir une rade assez bonne. Bon pour la santé. Bon air, air sain. Bon remède. Eaux très bonnes pour l'estomac. Le quinquina est bon contre la fièvre. Il n'est jamais bon de faire le mal.

  7. 7Propre à. Manteau bon pour toutes les saisons. Terrain bon pour la vigne. Eau bonne à boire. Bon à manger. Moisson bonne à couper. Homme qui est bon à tout. Homme qui n'est bon à rien. Une telle maxime n'est bonne qu'à détruire l'amitié. Toute vérité n'est pas bonne à dire.

  8. 8Solide ; qui a du crédit, de la fortune ; qui est garanti. Une bonne caution. Il a de bons revenus. Dix bonnes mille livres de rente. Une bonne maison de commerce. Faire une bonne maison, amasser du bien.

    • Faire une dette bonne, s'en porter caution. Faire bonne garantie. Être bon pour pouvoir payer.

      • Je prends sur moi sa dette et je vous la fais bonne Corneille, D. San. I, 3
      • Vous savez que je suis bon pour cette somme Hamilton, Gramm. 11
      • Il [le capitaine garde-côte] se contenterait des gages de la charge pour tout intérêt de la somme, et sans être [sans que nous soyons] tenus de les lui faire bons, au cas qu'ils ne fussent pas payés Saint-Simon, 304, 224
    • Substantivement.

      • Vous pouvez compter sur 50 pistoles, je vous en fais bon Lesage, Diable boiteux, II, 194
      • Fig.

        • Je vous fais bon seulement de mon cœur, et vous réponds d'une sincérité pareille à la vôtre Guez de Balzac, Liv. V, Lett. 20
        • Cela donnait mauvaise opinion de son esprit, et son esprit faisait bon sur tout ce que l'on en croyait Hamilton, Gramm. 9
      • Bon argent, de la monnaie qui est bonne, qui a cours ; et figurément :

        • Quoi ! tu prends pour de bon argent ce que je viens de dire ! Molière, Don Juan, V, 2
      • Jouer bon jeu, bon argent, se dit quand, le jeu étant bon, il faut que l'argent le soit aussi et que l'on paye si l'on perd.

      • Fig. À bonnes enseignes, à juste titre, avec toute garantie. Je ne le ferai qu'à bonnes enseignes.

  9. 9Grand, considérable. Une bonne provision de livres. Une bonne partie de l'entretien. Une bonne partie de ces contrées. Boire de bons coups. Il a reçu un bon coup.

    • J'ai bonne envie de voir.... Je me trouvais avec un bon nombre de voyageurs de différentes nations BERN. DE S. P., Voy. en Silésie.
    • Fig. Avoir bon courage, être plein de courage.

  10. 10Choisi, distingué, noble, élevé. Bonne famille. Homme de bonne compagnie. Bons sentiments. Les bonnes études. La bonne société.

    • Les bonnes fêtes, les jours de grandes fêtes.

    • Un bon bourgeois, un bourgeois honorable, et aussi un simple bourgeois.

    • Bonne ville, nom que l'on donnait, dans l'ancienne monarchie, à un certain nombre de villes importantes.

      • Une députation au roi pour le supplier de revenir en sa bonne ville de Paris Retz, IV, 231
  11. 11Honnête, vertueux, juste, droit, raisonnable, sensé. De bons jeunes gens. Bonnes mœurs. La bonne cause. Tous les moyens de vaincre étaient bons pour lui. Le bon droit. La bonne foi. Ces raisons, bonnes ou mauvaises. Bon sens. De bonnes inclinations. Une bonne doctrine.

  12. 12Plaisant, spirituel. Un bon mot. Bonne repartie. Bon conte. Bonne histoire. Bonne farce.

  13. 13Qui a de la bonté. Un bon roi. Auprès d'un homme aussi bon. Femme bonne et enjouée. Bonne mère. Bon père. Bon pour ses parents. Être bon pour quelqu'un. Tu es trop bon pour lui. Vous êtes bien bon, formule de remercîment. Il est trop bon d'avoir cette opinion de moi. Bonnes dispositions envers quelqu'un. Perdre les bonnes grâces de quelqu'un.

    • .... Vous êtes si bonne Que vous me conservez la vie et la couronne Corneille, Pomp. IV, 2
    • Votre compassion, lui répondit l'arbuste,Part d'un bon naturel La Fontaine, Fab. I, 22
    • Vous dites que tous les hommes ne peuvent pas être grands, mais que tous peuvent être bons Voltaire, Lett. Marmontel, 1er nov. 1769
    • On a surpris sa bonne foi ; on lui a volé quinze mille francs ; dans le fond, il est trop bon Lesage, Turc. III, 9
    • Son mari est bon homme Mme de Sévigné, 507
    • Qui est janséniste et pourtant fort bon homme Pascal, Prov. I
    • Dont il aurait eu horreur, car il est bon homme Pascal, Prov. 8
    • Mon fils nous amuse et nous est très bon Mme de Sévigné, 236
    • L'essentiel est d'être bon aux gens avec qui l'on vit J. J. ROUSSEAU, Ém. I
  14. 14Simple, crédule. Bon homme, homme simple. Vous êtes trop bons de croire ce que dit chacun.

    • Nos petits enfants nous traiteront de bonnes gens, comme nous traitons nos pères d'imbéciles Voltaire, Dial. 21
    • Voilà mille et mille bonnes gens qui n'en voient pas l'importance Bossuet, Avert.
    • La bonne dupe que M. Turcaret ! Lesage, Turc. IV, 9
  15. 15Souvent il sert uniquement à donner de l'énergie à l'expression par une idée d'augmentation. Il en a augmenté le nombre d'une bonne moitié. J'ai fait quatre bonnes lieues. J'ai attendu un bon quart d'heure.

    • .... Fallut deviner et prédire,Mettre à part force bon ducats La Fontaine, Fab. VII, 15
    • Hé, la bonne effrontée ! Molière, Sgan. 6
    • Oses-tu bien paraître devant mes yeux après tes bons déportements ? Molière, Scapin, I, 4
    • Je saisis cette occasion de lui en parler [à la duchesse d'Orléans] une bonne fois pour toutes Saint-Simon, 273, 195
    • Bon poids, bonne mesure, poids, mesure qui sont plutôt au delà qu'en deçà du poids, de la mesure exacte.

  16. 16Il s'emploie comme terme affectueux. Une bonne vieille. Ma bonne petite.

    • Je ne vous ferai pas plus de compliment que le bon père [jésuite] m'en fit la dernière fois que je le vis Pascal, Prov. 9
  17. 17Terme de commerce. Bon à payer. Bon pour mille francs.

    • Par analogie, billet bon pour une personne, pour deux personnes, billet d'entrée dans un théâtre pour une, pour deux personnes.

  18. 18Terme d'imprimerie. Bon à tirer, mot qu'on écrit sur la dernière épreuve pour indiquer qu'une feuille peut être tirée ; et, substantivement, un bon à tirer, des bons à tirer.

    • Bonne feuille, feuille d'un ouvrage tirée sur le papier définitif.

  19. 19Bonne au féminin employé dans diverses locutions. La bailler, la donner bonne, tromper quelqu'un, lui faire pièce.

    • Vous me la donnez bonne La Fontaine, Magn.
    • La garder bonne, garder rancune.

      • M. du Maine n'osa répondre une parole [à M. d'Elbœuf] ; sans doute qu'il la lui garda bonne Saint-Simon, 30, 98
    • En dire de bonnes, en écrire de bonnes, faire des reproches de vive voix ou par écrit.

      • Mme du Châtelet va vous en écrire sur cela de bonnes Voltaire, Lett. vers, 51
      • Votre Majesté lui en dirait de bonnes sur l'horreur d'avoir excité une guerre civile Voltaire, Lettr. à Catherine, 20
    • Courte et bonne, se dit de la vie d'un homme qui l'use rapidement dans les plaisirs.

    • À la bonne, naïvement, sans façon.

  20. 20À la bonne heure, à propos. Il est arrivé à la bonne heure.

    • À la bonne heure est aussi une phrase d'acquiescement. Vous le voulez, à la bonne heure ; que cela se fasse.

  21. 21De bonne heure, tôt, par opposition à tard.

Remarque

1. Le comparatif de bon est meilleur et le superlatif est le meilleur ; et plus bon ou le plus bon sont des barbarismes : il est meilleur que moi ; et non, il est plus bon que moi ; le meilleur des hommes, et non le plus bon des hommes. " Cependant, dit M. Jullien, il suffit souvent de changer la construction de la phrase pour rendre correct ce comparatif composé. Personne n'hésiterait à demander si un vin est plus ou moins bon qu'un autre. Cependant cette phrase se résout analytiquement en plus bon et moins bon. On dirait de même qu'une tisane est plus qu'une autre bonne contre telle maladie, bien qu'on ne pût pas dire qu'elle est plus bonne que cette autre. " 2. Acheter, vendre bon marché est incorrect ; il faut : acheter, vendre à bon marché. 3. Il est arrivé à bonne heure est mauvais, et l'on doit dire : il est arrivé de bonne heure. À bonne heure, fort usité dans certaines provinces, n'a rien d'incorrect en soi (car la préposition à se dit avec heure), mais c'est une grave faute contre l'usage. 4. Faut-il dire : de bons mots ou des bons mots ? La règle est d'employer de sans article quand le substantif est précédé de son adjectif ; par conséquent, de bons mots est la locution correcte ; mais, considérant bon mot comme un terme unique dû à l'usage, on pourra employer des, de même que l'on dit : des jeunes gens.

Synonymes

1. UN BON HOMME, UN HOMME BON., Le sens change suivant la position de l'adjectif. Un bon homme, c'est un homme qui a de la bonhomie. Un homme bon, c'est un homme qui a de la bonté. 2. DE BON GRÉ, DE BONNE VOLONTÉ, DE BON CŒUR, DE BONNE GRÂCE. Ces quatre termes expriment l'acquiescement, mais non un acquiescement de même nature, puisque gré, volonté, cœur et grâce diffèrent. De bon gré exprime l'absence de contrainte et une détermination volontaire ; c'est l'opposé de malgré : on fait de bon gré ce qu'on ne fait pas malgré soi. De bonne volonté dit quelque chose de plus ; un homme de bonne volonté est un homme que sa volonté porte à faire ce qu'on lui demande ; non-seulement il n'y est pas contraint, mais encore il le veut lui-même. Avec de bon cœur, le cœur intervient, la volonté y est et de plus la cordialité et l'entrain qu'elle donne. Enfin de bonne grâce exprime que la grâce s'y joint : faire une chose de bonne grâce, c'est la faire sans qu'on ait besoin de nous prier et avec une manière qui rehausse le prix de ce qu'on fait.

Proverbes

À quelque chose malheur est bon, c'est-à-dire quelque avantage provient d'un accident fâcheux. Après bon vin, bon cheval, c'est-à-dire quand on a un peu bu, on est plus hardi. À tout bon compte revenir, c'est-à-dire on doit toujours être reçu à recommencer un calcul pour s'assurer s'il est exact. À bon chat, bon rat, c'est-à-dire bien attaqué, bien défendu. N'être bon ni à rôtir ni à bouillir, n'être propre à rien. Il n'est pas bon à jeter aux chiens, c'est-à-dire on ne veut pas de lui, on le condamne, on le repousse. Une bonne fuite vaut mieux qu'une mauvaise attente, c'est-à-dire il vaut encore mieux prendre la fuite, si le cas l'exige, que d'attendre par imprudence ou par opiniâtreté. Couvrez-vous, la chaleur vous est bonne, se dit à quelqu'un qui fait trop de cérémonies. Tout cela est bel et bon, mais l'argent vaut mieux, c'est-à-dire nous ne nous laisserons pas amuser à de belles promesses, à de vaines espérances. Aux derniers les bons, ce qui reste de quelque chose après que les autres ont choisi est souvent le meilleur. Il fait bon vivre, c'est-à-dire, on apprend toujours ; les plus habiles, les plus expérimentés ont encore quelque chose à apprendre. Il fait bon battre un glorieux, il ne s'en vante pas. Ce qui est bon à prendre est bon à rendre, manière de s'excuser : si j'ai pris à tort, je restituerai. En renversant le proverbe : ; c'est-à-dire on ne rend pas ce qui est une fois pris, reçu. Bon jour, bonne œuvre, se dit d'une bonne action faite un jour solennel, et, ironiquement, il a volé le jour de Pâques, bon jour, bonne œuvre. Aux bonnes fêtes, les bons coups, c'est-à-dire les malfaiteurs profitent des bonnes fêtes pour faire leurs coups. À bon entendeur salut, c'est-à-dire comprenez et faites votre profit. Les bons comptes font les bons amis, c'est-à-dire rien n'entretient mieux les bons rapports que de régler exactement les affaires d'intérêt. À bon vin point d'enseigne, c'est-à-dire il n'est pas nécessaire de vanter ce qui est bon. Les bons maîtres font les bons valets, c'est-à-dire il faut qu'il y ait de la douceur et de l'amitié réciproques entre les maîtres et les valets.

2bon s. m.

  1. 1Ce qui est bon. Il a préféré le bon à l'utile.

    • La France, où les connaissances ont été portées aussi loin que partout ailleurs ; seulement est-il à craindre que l'on n'y prenne à la fin un bizarre mépris du bon devenu trop familier FONTENELLE, Czar Pierre
  2. 2En termes de philosophie, le bon, l'ensemble des dispositions qui rendent l'homme un être moral.

  3. 3Bonnes qualités soit dans une personne, soit dans une chose. Cet homme a du bon. Il y a du bon chez cet enfant. Tirer d'un sujet tout ce qu'il y a de bon.

    • Du bon, de bon vin. Hier, à un grand dîner, nous avons bu du bon.

    • Avoir du bon, l'emporter, obtenir l'avantage.

      • Il y eut plusieurs rencontres où les uns et les autres avaient tantôt du bon et tantôt du pire, selon les diverses occurrences PERROT D'ABL., Tacite, 362
    • Prendre son bon, saisir son avantage.

      • Harcourt sut être ami de Barbésieux et s'en faire respecter, plus encore de Chamillart, jusqu'à ce qu'il trouvât son bon à le culbuter Saint-Simon, 116, 15
    • Du bon du cœur, cordialement.

  4. 4Le bon, c'est-à-dire ce qu'il y a d'effectif, de plaisant, de surprenant, de piquant. Le bon de l'affaire, c'est que, croyant attraper son voisin, il s'est attrapé.

  5. 5Ce qui donne du bien-être, du plaisir ; ne se dit guère qu'avec jour, heure, moment. L'accès de fièvre passé, on a deux jours de bon. Quelques jours de bon, des jours où l'on a de la satisfaction, du repos.

    • Du moins on ne perdrait pas tout, on aurait du moins quelques moments de bon Massillon, Profession relig. sermon 1
    • Il fait bon, c'est-à-dire il fait un bon temps, la température est agréable.

    • Il fait bon, il est utile, agréable. Il fait bon se promener, le temps est favorable à la promenade. Il ne fait pas bon avoir affaire à cet homme, il est désagréable d'avoir affaire à lui.

      • Choses qu'il ne ferait pas bon tirer en exemple Corneille, Ex. d'Hér.
      • .... En de certains temps il fait bon s'expliquer Corneille, Othon, II, 3
      • Il ne faisait pas bon s'attaquer à eux Bossuet, Déf.
      • Il nous faisait bon voir tous deux bien étonnés Régnier, Sat. X
      • Il fait bon l'entendre là-dessus Mme de Sévigné, 135
    • Il y fait bon, l'occasion est favorable.

    • Il fait bon ici, on y est bien.

      • Vous avez peut-être dit en certains moments de plaisirs, d'excès, de fureur : il fait bon ici Massillon, Avent, Bonheur des justes.
    • Il ne fait pas bon ici, on y court des dangers.

      • Je viens vous avertir qu'il ne fait pas bon ici pour vous Molière, Fest. II, 8
  6. 6S. m. plur. Les bons, les gens de bien. Tous les bons, tous les hommes de bien. Les bons imposent aux méchants. Tenir compte des bons et des méchants.

  7. 7S. m. Le gros bon, le petit bon, nom de deux espèces de pommes.

  8. 8Tout de bon, loc. adv. Véritablement, sérieusement. Quoi ! tout de bon ? Se quereller tout de bon. Pleurer tout de bon.

    • L'huis s'était presque ouvert, tout de bon le guet vint Régnier, Sat. II
    • Elle dit en montant sur l'échafaud : C'est donc tout de bon Mme de Sévigné, 299
    • C'est tout de bon que vous devriez venir à Paris Mme de Sévigné, 518
    • Il vit bien qu'elle lui parlait tout de bon Hamilton, Gramm. 4
    • L'histoire dit qu'il ne parlait jamais tout de bon, et son siècle l'appelle le moqueur Guez de Balzac, Liv. VI, lettre 5
    • Ainsi en bouffonnant et en alléguant les fables ils persuadent tout de bon au prince qu'il n'est point obligé à sa parole Guez de Balzac, 7e Disc. sur la cour.
    • Si dur que d'avoir fait out de bon le sévère La Fontaine, Court.
    • Comment ! c'est tout de bon ? - Il le faut laisser faire RACAN, Bergeries, Lucidas, II, 4
    • Je ne reconnais point, pour moi, quand on se moque ;Parlez-vous tout de bon ? Molière, Éc. des f. II, 6
    • J'ai douté fort longtemps que ce fût tout de bon Molière, Tart. IV, 7
    • J'entendais tout de bon que lui seul héritât Molière, l'Étour. IV, 1
    • Je ne le disais pas tout de bon Pascal, Prov. 8
    • Tout de bon, votre doctrine est bien commode Pascal, Prov. 5
    • Quelquefois en faisant semblant d'avoir compassion, elles l'ont tout de bon Pascal, dans COUSIN
    • Prenez-vous tout de bon des mesures pour commencer une nouvelle vie ? Massillon, Carême, Communion.
    • Vous vous disiez à vous-même que vous mettriez, tout de bon, ordre à votre conscience Massillon, Carême, Samaritaine.
    • Me trouvé-je plus disposé à commencer tout de bon l'ouvrage de mon salut ? Massillon, Carême, Parole de Dieu.
    • Tout de bon, ne pouviez-vous plus rire, après que vous eûtes descendu dans l'antre de Trophonius ? Fontenelle, Parménisque, Théocrite.
    • Au lieu de tout de bon, seul consacré par le bon usage, le peuple dit pour de bon : jouons pour de bon.

  9. 9Coûter bon, c'est-à-dire coûter un bon prix ; coûter cher, au propre et au figuré.

    • Oh ! que la complaisance que j'ai eue pour ses folies me coûte bon ! Scarron, Rom. com. I, 13
    • Il en coûta bon au père du comte de la Marck pour se faire réhabiliter à la succession de son père Saint-Simon, 76, 248
  10. 10Populairement et très incorrectement. Pour de bon, sérieusement, véritablement.

    • V. Jacquemont a dit : pour le bon. Dites si ce n'est pas là de la couleur locale pour le bon, Lettres, t. I. p. 123, édit. in-12, 1841.

  11. 11Tout à bon, ancien synonyme de tout de bon.

    • Tout à bon, je pense que... Mlle DE SCUDÉRY, [1644], p. 153, édit. Rathery et Boutron, Paris 1873

3bon adv.

  1. 1De la bonne manière, bien. Sentir bon, avoir une odeur agréable.

  2. 2Tenir bon, résister, se soutenir.

  3. 3Terme de fauconnerie. Voler bon, être bien dressé ou affaité, en parlant des oiseaux de proie.

  4. 4Bon ! bon ! exclamation qui exprime la surprise et, en plus, l'approbation ou le désappointement. Bon ! vous arrivez bien. Allons bon ! je me suis encore trompé.

    • Ne parlez pas ainsi. Bon ! vous voulez m'en faire accroire.

      • Bon ! bon ! il a de l'argent de reste pour se tirer d'affaire Lesage, Turc. V, 16
  5. 1Bons à trois cinq, à cinq dix, etc. bons non remboursables pendant trois ou cinq ans, et remboursables, à la volonté du gouvernement, pendant les deux années pour le bon trois cinq, ou les cinq années pour le bon cinq dix, restant à courir.

    • Je ne suis point du tout l'inventeur ni l'importateur en France du système américain dont il a parlé, c'est-à-dire les bons à trois cinq et les bons à cinq dix.... il s'agissait d'emprunter cinq cent millions pour pourvoir aux premières nécessités de la guerre ; ces mots un peu barbares de trois cinq et de cinq dix ne furent pas compris par le public MAGNE, Journ. offic. 17 juin 1873, p. 3937, 3e col.

Étymologie

Picard, boin ; Berry, boun, boune ; provenç. bon ; catal. bo ; espagn. bueno ; portug. bom ; ital. buono ; du latin bonus, anciennement buonus, qu'on dit être le même que fonos dans les Tables Eugubines. On remarquera, dans l'historique, le mot bon employé substantivement pour signifier ce qu'on désire ; il n'est pas sûr que ce soit l'adjectif bon détourné de son sens et de son emploi ; il se pourrait que ce fût un mot germanique : anglo-sax. bén ; ancien scand. bôn, boen ; suéd. et dan. bön, demande, prière ; anglais, boon, don, faveur.

4bon s. m. (bon)

  1. 1Autorisation de payer pour le compte de celui qui l'a signée. Bon d'un banquier. Bon de caisse. Bon sur le trésor.

    • Le roi crut les faire [les fonctions de surintendant] par les bons et les signatures dont Colbert l'accabla Saint-Simon, 365, 71
    • On met sur les billets à ordre : bon pour (la somme de....).

    • Fig. Mettre son bon à tout, être d'une extrême facilité.

  2. 2Billet qui autorise à recevoir une certaine chose ; garantie écrite. Bon de pain, bon pour une certaine quantité de pain.

Étymologie

Bon, adj.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander