1bouche s. f. (bou-ch')
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1Cavité située à la face et par où les aliments sont introduits dans le corps. Mettre à quelqu'un les morceaux à la bouche. Emplir la bouche. Porter une coupe à sa bouche. Une bouche fendue jusqu'aux oreilles. Ouvrir la bouche. La bouche ouverte. Bouche amère. Bouche sèche.
David reproche aux païens des dieux qui ont une bouche et n'ont point de parole
Fontenelle, Oracl. I, 5- La bouche pleine, osez-vous bienChanter l'amour qui vit de rien ? Béranger, Gourmands.
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Faire venir l'eau à la bouche, se dit d'un aliment appétissant, qui en effet fait venir la salive à la bouche ; et, au figuré, de toute espérance qui nous flatte.
L'eau leur vient à la bouche
La Fontaine, Vill.
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Bonne bouche, saveur agréable dans la bouche. Cela fait ou donne bonne bouche. Laisser quelqu'un sur la bonne bouche, le laisser sur quelque chose de bon ou d'agréable.
Vous n'en tâterez plus et je vous laisse sur la bonne bouche
Molière, G. Dand. II, 7
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Garder pour la bonne bouche ou pour faire bonne bouche, réserver pour la fin ce qu'on croit être le meilleur ou le plus agréable. Cela est ainsi dit à cause des douceurs que l'on met sur la table au dessert.
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Avoir mauvaise bouche, avoir un mauvais goût dans la bouche. L'excès de la boisson donne mauvaise bouche.
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Au figuré, demeurer sur la mauvaise bouche, rester avec un échec, un affront, etc.
L'empereur [d'Autriche], fort embarrassé des avantages que les Turcs avaient remportés, ne voulait point de paix sur la mauvaise bouche
Saint-Simon, 49, 75M. le duc d'Orléans ne voulait pas demeurer sur sa mauvaise bouche d'Italie, et voyait peu d'apparence d'y faire rentrer son armée
Saint-Simon, 170, 12
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Flux de bouche, abondance inaccoutumée de salive ; et figurément, bavardage ; on dit présentement d'ordinaire flux de paroles.
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Familièrement. Manger de la viande de broc en bouche, aussitôt qu'on l'a tirée de la broche.
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2Partie extérieure de la bouche, les coins et les lèvres. Il avait le sourire sur la bouche. Une bouche pincée, une bouche à lèvres minces et qui se tient fermée.
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Faire la petite bouche, serrer les lèvres pour paraître avoir une petite bouche ; et, figurément, faire le difficile, le dédaigneux.
Faire ici de la petite bouche Ne sert de rien
La Fontaine, Cal.Les Pontchartrain ne firent pas la petite bouche de l'honneur qu'ils recevaient
Saint-Simon, 44, 10
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Fig. Faire la bouche en cœur, faire des minauderies, affecter des manières doucereuses.
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3La bouche considérée comme organe de la parole. Parole bien digne de sortir de la bouche d'un si grand homme. Je le tiens de sa propre bouche. Dire tout ce qui vient à la bouche. Le front, les yeux mentent souvent, et la bouche plus souvent encore. La menace à la bouche. Dire quelque chose de bouche, non de cœur. Exercé dans la philosophie grecque qu'il ne professait que de bouche. Ouvrir la bouche, parler. Ne pas ouvrir la bouche. Il n'en a pas ouvert la bouche, il n'en a pas parlé. Être dans la bouche de tout le monde, dans toutes les bouches. Ces mots sont, cette parole est dans la bouche de tout le monde. Dire quelque chose de bouche, le dire de vive voix, par opposition à par écrit.
- De votre bouche, ô ciel ! puis-je l'apprendre ? Racine, Brit. IV, 3
- Jamais rien de plus vrai n'est sorti de ma bouche Racine, Iphig. IV, 1
- Même le nom d'Esther est sorti de sa bouche Racine, Esth. II, 1
Nous fûmes étonnés de la sagesse qui parlait par sa bouche
Fénelon, Tél. ILa sentence fut prononcée par la bouche du prophète Élie
Bossuet, Hist. I, 6- La bouche obéit mal lorsque le cœur murmure Voltaire, Tancr. I, 4
- Laissez parler, seigneur, des bouches plus timides Racine, Iphig. III, 7
Des satisfactions si sensibles, que je ne te les pourrai dire de bouche
Pascal, Lettr. 1Vous pourrez vous concerter avec lui de bouche
J.-J. Rousseau, Hél. II, 3- Que sais-je si le cœur a parlé par la bouche ? Molière, Tart. II, 3
Vous vous condamnez par votre propre bouche
Massillon, Laz.- Que mon cœur démentait ma bouche à tout moment Racine, Andr. V, 3
- Mais d'en ouvrir la bouche elle n'osa La Fontaine, Court.
Dès qu'il ouvrit la bouche
Mme de Sévigné, 445Les rois n'osent ouvrir la bouche devant lui
Bossuet, Hist. II, 4Alexandre vit dans la bouche de tous les hommes, sans que sa gloire soit effacée ou diminuée depuis tant de siècles
Bossuet, la Vallière.On me ferme la bouche
Racine, Iphig. III, 6- Ah ! l'on s'efforce en vain de me fermer la bouche Racine, Brit. III, 3
Cela ferme la bouche
Mme de Sévigné, 320Vous fermerez la bouche à tous ceux qui défendront la vérité
Pascal, Prov. 11Il a trouvé le secret de vous fermer la bouche
Pascal, Prov. 15Elle avait de quoi fermer la bouche aux médisants
Hamilton, Gramm. 9- Cela ferme la bouche à tout Molière, l'Av. I, 7
Il ferma la bouche aux semi-pélagiens
Bossuet, Hist. I, 11C'était leur fermer la bouche par l'autorité du souverain
Bossuet, Var. 14Voilà une réponse qui ferme la bouche
Bossuet, Avert. 6
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Elliptiquement. Bouche close, bouche cousue, c'est-à-dire gardez le silence sur ce point.
Adieu ! bouche cousue, au moins ! Gardez bien le secret, que le mari ne le sache pas !
Molière, G. Dand. I, 2
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Avoir souvent un mot à la bouche, le répéter sans cesse.
Nous avons sans cesse la paix à la bouche
Bossuet, Trin. 2Pourquoi a-t-il toujours à la bouche qu'il faut mourir ?
Bossuet, Pâq. 1La parole de Dieu que nous avons toujours à la bouche
Bossuet, Démons, 2On a sans cesse l'État dans la bouche
Massillon, Obst.- Avoir toujours en bouche angles, lignes, fossés Corneille, Le Ment. I, 6
Le blasphème à la bouche
Corneille, Poly. III, 5- Nous n'avons en la boucheQue le nom de Marie et le nom de Louis Malherbe, VI, 6
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Aller, passer, voler de bouche en bouche, circuler rapidement dans le public, devenir célèbre.
- Ces mots : guerre aux tyrans, volent de bouche en bouche DELAV., Vêpres Sicil. V, 2
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Familièrement. Être fort en bouche, parler avec hardiesse et même insolence.
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Avoir la bouche pleine d'une chose, en parler avec emphase.
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La déesse aux cent bouches, la Renommée.
Le monstre composé de bouches et d'oreilles [la Renommée]
Boileau, Lutr. II
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Dans sa bouche, dans leur bouche, selon lui, selon eux.
Le Tartuffe, dans leur bouche, est une pièce qui offense la piété
Molière, Préface de Tart.
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Ouvrir la bouche à quelqu'un, le faire parler.
- Le vôtre toutefois m'ouvrira seul la bouche Corneille, Nic. II, 3
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Le pape ouvre la bouche aux cardinaux nouvellement créés, se dit de la cérémonie que le pape fait pour autoriser les cardinaux à parler dans les consistoires.
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Par extension, bouche se dit des discours ou des écrits.
Le Saint-Esprit l'explique par la bouche de saint Paul
Bossuet, Hist. II, 7Les principes que l'antiquité nous a enseignés par la bouche de saint Augustin
Bossuet, Réfut.
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Avoir le cœur sur la bouche, parler comme on pense.
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Fig. À pleine bouche, ouvertement.
Saint Clément expliquait à pleine bouche leur apathie
Bossuet, Nouv. myst. 17Jésus-Christ s'est expliqué à pleine bouche
Bossuet, Inst. 1
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4La bouche considérée comme recevant les aliments. Provisions, munitions de bouche.
Le moyen le plus convenable est de les mener [les enfants] par leur bouche
J.-J. Rousseau, Ém. II- Friande assez pour la bouche d'un roi La Fontaine, Rem.
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Prendre sur la bouche, se retrancher de la nourriture par économie.
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Être sur sa bouche, être gourmand.
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Être sujet à sa bouche, même sens.
- ....Ma compagne de coucheFut, comme son papa, fort sujette à sa bouche Scarron, Don Japhet, I, 2
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S'ôter les morceaux de la bouche, se priver de manger suffisamment, et, plus généralement, se priver du nécessaire. Il s'ôte les morceaux de la bouche pour faire une petite pension à sa vieille mère.
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Les officiers, le service de la bouche ou, simplement, la bouche, les gens préposés au service de la table du roi.
- Servez, disais-je, à messieurs de la bouche,Versez, versez, messieurs du gobelet Béranger, Damoclès.
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Avoir bouche à cour ou en cour, avoir droit de manger à quelqu'une des tables chez le roi.
Il fallut établir des tables [à Marly] comme à Versailles, pour le bas étage de ce qui y avait bouche à cour
Saint-Simon, 268, 113
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Familièrement. Traiter quelqu'un à bouche que veux-tu, lui faire faire excellente chère ; et fig. Être à bouche que veux-tu, avoir tout en abondance.
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Fig. Gourmand ou plutôt gourmet. Fine bouche. C'est une fine bouche.
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Personne à nourrir. On fit sortir de la place assiégée toutes les bouches inutiles.
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5En parlant du cheval, on dit la bouche. La bouche est l'ensemble des parties sur lesquelles agit le mors. Bonne bouche ou belle bouche, celle qui reçoit du mors une impression modérée ; bouche sensible ou tendre, celle qui souffre trop de l'action du mors ; bouche égarée, celle qui présente ce défaut porté à l'extrême ; bouche dure ou forte, celle qui résiste à la main du cavalier ; bouche fraîche, celle qui écume lorsque l'animal est bridé. Bouche à pleine main, se dit d'un cheval qui a l'appui ferme sans peser, sans battre à la main. Bouche en action, se dit d'un cheval qui mâche son mors. Assurer la bouche d'un cheval, l'accoutumer à souffrir le mors.
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Ce cheval est fort en bouche, il n'obéit point au mors. Il n'a ni bouche ni éperon, il est fort en bouche et dur à l'éperon.
- Tout ainsi qu'un cheval qui a la bouche forte Régnier, Sat. VII
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Fig. et familièrement. N'avoir ni bouche ni éperon, être stupide et insensible.
Bocchoris était comme un beau cheval qui n'a point de bouche, son courage le poussait au hasard, et la sagesse ne modérait point sa valeur
Fénelon, Tél. II
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On dit de même la bouche d'un âne, d'un mulet, d'un chameau, d'un éléphant.
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En histoire naturelle, bouche se dit, chez tous les animaux, de l'ouverture par où les aliments sont introduits, excepté chez ceux où elle a la forme de bec. uverture. La bouche d'un volcan, d'un four, d'un canon. Bouche à feu, un canon, un mortier, un obusier, etc. Bouche de chaleur, ouverture pratiquée sur les côtés d'une cheminée, d'un poêle ou d'un mur, et qui sert à faire passer dans les appartements la chaleur d'une cheminée, d'un poêle ou d'un calorifère.
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6Embouchure d'un fleuve. Les bouches du Nil.
Je [le Gange] me rends par plusieurs bouches dans le sein des mers
Fénelon, XIX, 82- Jusqu'aux bouches du Tibre un vaisseau m'a conduit M. J. CHÉN., Tibère, I, 1
- Vers la bouche du fleuve ils ont osé paraître Corneille, Cid, II, 7
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7En physiologie, bouches veineuses, bouches absorbantes, orifices qu'à l'époque où l'on ne connaissait pas encore la propriété physique d'endosmose, on avait supposées dans les membranes pour expliquer l'absorption des liquides mis en contact avec ces membranes.
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8Terme de géologie. Bouche d'Éole, ouverture dans les montagnes, d'où sortent des vents très froids.
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9Terme de féodalité. Un vassal doit la bouche et les mains à son seigneur, c'est-à-dire, avec l'aveu de soumission, il met ses mains dans celles du seigneur.
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10Terme de musique. Ouverture horizontale du bas d'un tuyau d'orgue.
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11Terme de boulangerie. Tirer à la bouche, attirer la braise vers la bouche du four. Bouche de pain, la croûte de dessus.
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12Terme de marine. Bouche ou bosson, rondeur des baux et tillacs, et de tout ce qui n'est ni plat ni uni.
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3Ajoutez :
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À demi-bouche, en s'exprimant avec réserve.
Les gens de bien qui voyaient les violences de M. le premier président en conçurent de grandes amertumes, et néanmoins, comme il est tout puissant en toute la Normandie, n'osaient parler de son procédé qu'à demi-bouche
FR. GARASSE, Mémoires, publiés par Ch. Nisard, Paris, 1861, p. 34
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14Bouche de lièvre, merellius cantarellus, champignon.
Remarque
Des grammairiens ont condamné cette locution : il n'a que de mauvaises paroles en bouche, assurant qu'il faut dire : à la bouche. Le fait est que cette dernière façon de parler est aujourd'hui la plus usitée ; mais l'autre n'est condamnable ni quant à la grammaire (car la préposition en est ici aussi bonne que la préposition à) ni quant à l'usage (car on peut voir que de bons auteurs s'en sont servis).
Synonymes
BOUCHE, GUEULE. C'est en parlant des animaux qu'il y a quelque difficulté à distinguer ces deux mots. L'usage veut qu'on dise la bouche d'un cheval, d'un âne, d'un mulet, d'un chameau, d'un bœuf, et en général des animaux que l'on monte ou que l'on attelle ; mais on dira la gueule d'un chien, d'un chat, du moins dans le langage ordinaire ; car le mot bouche pourra être employé toutes les fois qu'on se rapprochera du langage de l'histoire naturelle qui, elle, ne se sert pas du mot gueule : le lion montrait une gueule menaçante ; mais on pourra dire : la bouche du lion est garnie de dents incisives.
Proverbes
C'est saint Jean bouche d'or, un saint Jean bouche d'or
, c'est-à-dire, c'est un homme beau parleur et qui fait de belles promesses, et aussi c'est un homme qui dit toujours sa pensée avec franchise, par souvenir de saint Jean Chrysostome ou Bouche d'or. Il dit cela de bouche, mais le cœur n'y touche
; il parle contre sa pensée. Il arrive beaucoup de choses entre la bouche et le verre
, c'est-à-dire il ne faut qu'un moment pour faire manquer une affaire par quelque accident imprévu. Gouverne ta bouche selon ta bourse
, c'est-à-dire ne fais pas pour ta table, et en général pour quoi que ce soit, plus de dépenses que ta fortune ne permet.
Étymologie
Picard, bouque ; provenç. et espagn. boca ; ital. bocca ; du latin bucca, que l'on rattache au sanscrit bhuj, manger.