bougre s. m. (bou-gr')
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1Nom de certains hérétiques que l'on assimilait aux albigeois.
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2Celui qui se livre à la débauche contre nature : dénomination venue de ce que les haines populaires accusaient les hérétiques de désordres infâmes.
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3Terme de mépris et d'injure, usité dans le langage populaire le plus trivial et le plus grossier. Dans ce sens, il a aussi le féminin bougresse : un vilain bougre, une méchante bougresse.
- Le bougre avait juré de m'amuser six mois ;Il s'est trompé de deux.... La Fontaine, Poésies mêlées, CLVI
Le dieu, qui vit la triste enluminure Et l'oripeau du poëte glacé, Se prit à dire, en style moins pincé : Ce bougre-là n'aime pas la nature
LEBRUN, Épigramme sur les jardins de Delille
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4Jurement très grossier. Ah ! b.... je me suis fait mal. Dans ce sens, ce mot ne s'écrit jamais que par sa première lettre ; et, quand il s'écrit, il se prononce bé.
- Les B, les F voltigeaient sur son bec Gresset, Vert-Vert, IV
Étymologie
Bulgarus habitant de la Bulgarie. Dans le moyen âge, des doctrines religieuses semblables régnaient parmi les Bulgares et les Albigeois ; de là le nom de bougres donné à ces hérétiques. En dehors du langage de l'histoire, bougre est resté dans le plus bas langage, comme une injure et un jurement.