braire (brê-r')
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1V. n. Crier, en parlant de l'âne. L'âne se mit à braire.
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Fig. et familièrement. Cet homme ne chante pas, il brait.
Et puis viens-t'en me braire, Viens me conter ta faim et ta douleur
La Fontaine, Jum.Il faut hurler avec les loups, d'autres disent braire avec les ânes
Paul-Louis Courier, Lett. II, 83
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2Substantivement.
- Il traite notre rire et nos discours de braire La Fontaine, Fabl. XI, 5
Le prince de Conti avait un rire qui eût tenu du braire dans un autre
Saint-Simon, 220, 211
Remarque
D'après l'Académie, ce verbe est usité seulement à l'infinitif : braire ; aux troisièmes personnes du présent de l'indicatif : il brait, ils braient ; du futur : il braira, ils brairont ; et du conditionnel : il brairait, ils brairaient. Cela est trop sévère. D'abord un fabuliste, faisant parler des ânes, pourrait employer sans hésiter les autres personnes : je brais, tu brais, nous brayons, vous brayez ; de même au futur et au conditionnel. Puis rien n'empêche de se servir de l'imparfait : il brayait ; et des temps composés : il a brait, il avait brait, etc.
Étymologie
Normand, picard, wallon, braire, crier, pleurer ; provenç. braire, crier. Il y a dans le bas-latin bragire, hennir, d'où braire aurait été fait, comme l'ancien français muire de mugire, bruire du bas-latin brugire ; de bragire on rapproche l'irlandais breas, cri, bragain, crier ; le bas-breton breûgi, braire ; le kymri bragal, crier ; le gaél. bragain, crier. À côté de bragire, Diez propose de considérer plutôt braire comme raire (voy. RAIRE) fortifié par un b : b-raire. On remarquera que dans l'ancien français, dans le provençal et dans nos patois, braire a le sens général de crier, sens qui ne s'est limité que tardivement au cri de l'âne.