Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

braire dans le Littré

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braire (brê-r')

  1. 1V. n. Crier, en parlant de l'âne. L'âne se mit à braire.

    • Fig. et familièrement. Cet homme ne chante pas, il brait.

      • Et puis viens-t'en me braire, Viens me conter ta faim et ta douleur La Fontaine, Jum.
      • Il faut hurler avec les loups, d'autres disent braire avec les ânes Paul-Louis Courier, Lett. II, 83
  2. 2Substantivement.

Remarque

D'après l'Académie, ce verbe est usité seulement à l'infinitif : braire ; aux troisièmes personnes du présent de l'indicatif : il brait, ils braient ; du futur : il braira, ils brairont ; et du conditionnel : il brairait, ils brairaient. Cela est trop sévère. D'abord un fabuliste, faisant parler des ânes, pourrait employer sans hésiter les autres personnes : je brais, tu brais, nous brayons, vous brayez ; de même au futur et au conditionnel. Puis rien n'empêche de se servir de l'imparfait : il brayait ; et des temps composés : il a brait, il avait brait, etc.

Étymologie

Normand, picard, wallon, braire, crier, pleurer ; provenç. braire, crier. Il y a dans le bas-latin bragire, hennir, d'où braire aurait été fait, comme l'ancien français muire de mugire, bruire du bas-latin brugire ; de bragire on rapproche l'irlandais breas, cri, bragain, crier ; le bas-breton breûgi, braire ; le kymri bragal, crier ; le gaél. bragain, crier. À côté de bragire, Diez propose de considérer plutôt braire comme raire (voy. RAIRE) fortifié par un b : b-raire. On remarquera que dans l'ancien français, dans le provençal et dans nos patois, braire a le sens général de crier, sens qui ne s'est limité que tardivement au cri de l'âne.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander