bras s. m. (l's se lie : un bras arrondi, dites : un bra-z arrondi)
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1Nom, dans le corps humain, du membre supérieur et tenant à l'épaule. De la grosseur du bras. Qui a de bons bras. Être emporté dans les bras.
Il le prend entre ses bras
Fénelon, Tél. VIIMentor tenait Télémaque serré entre ses bras
Fénelon, Tél. XIIl vous tend les bras pour vous embrasser
Fénelon, Tél. XI- Vous n'avez en ces lieux que deux bras comme un autre Corneille, Nicom. I, 1
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Donner le bras, arrondir le bras pour qu'une autre personne s'y appuie.
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Donner le bras, mettre son bras au bras de quelqu'un.
- Viens aux champs fouler la verdure,Donne le bras à ton amant Béranger, Champs.
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Se donner le bras, se dit de deux personnes qui ont le bras passé l'un dans l'autre.
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Prendre le bras, passer son bras autour du bras d'une autre personne.
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Offrir son bras, se dit d'un homme qui demande à une dame si elle veut prendre son bras pour passer d'une pièce dans une autre, pour faire une promenade, une course, etc.
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Avoir les bras retroussés jusqu'au coude, avoir la manche du vêtement retroussée.
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Familièrement. Gros comme le bras, se dit pour exprimer une flatterie qui consiste à donner à quelqu'un avec affectation, en lui parlant, un titre qu'il a ou qu'il n'a pas. Dans la conversation il le traita de comte, gros comme le bras.
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Avoir des bras, en termes de danse, c'est les porter, les remuer avec grâce.
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Familièrement. Les bras m'en tombent, ma surprise est extrême.
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Couper bras et jambes à quelqu'un, lui enlever ses moyens de réussir, ou encore lui ôter tout courage.
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Demeurer les bras croisés, rester sans rien faire.
- Mais je le laisse aller après un tel indice,Et demeure les bras croisés comme un Jocrisse Molière, Coc. imag. 16
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Faire les beaux bras, se donner de grands airs.
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Faire les grands bras, affecter un crédit, une importance qu'on n'a pas.
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Fig. Tendre les bras à quelqu'un, lui offrir secours et protection ; l'inviter à approcher.
Rome tend les bras à César
Bossuet, Hist. I, 9- La Sicile De là nous tend les bras Boileau, Épît. I
Par cette conduite accommodante ils tendent les bras à tout le monde
Pascal, Prov. 5Ainsi je tends les bras à mon libérateur
Pascal, Juifs, 19
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Tendre les bras, implorer du secours.
Le pape, à qui Charles Martel était nécessaire, lui tendait les bras
Montesquieu, Esp. XXXI, 11
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Arrêter, retenir le bras de quelqu'un, à quelqu'un, l'empêcher de frapper ; et, figurément, arrêter sa colère, sa vengeance.
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S'appuyer sur le bras de quelqu'un, être soutenu par son bras ; et, figurément, avoir son appui.
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S'appuyer sur un bras de chair, dans le langage mystique, mettre son espoir aux choses temporelles.
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Recevoir quelqu'un à bras ouverts, le recevoir avec empressement, avec amitié.
Elle fut reçue à bras ouverts de son mari
Mme de Sévigné, 422Cette flatterie m'est si agréable que je la reçois à bras ouverts
Mme de Sévigné, 142Un oncle qui la chérissait lui fut enlevé au moment où elle l'attendait, les bras ouverts, à son retour d'Égypte
Diderot, Ess. s. Claude, liv. II
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Avoir quelqu'un sur les bras, en être embarrassé ou chargé.
Au diantre tout valet qui vous est sur les bras, Qui fatigue son maître et ne fait que déplaire à force de vouloir trancher du nécessaire
Molière, Fâch. I, 1Il y a des gens pressants qu'on a sur les bras
Mme de Sévigné, 221- Tu m'as abandonné dans un grand embarras ;Un malheureux neveu m'est tombé sur les bras Regnard, le Légat. III, 4
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Avoir beaucoup d'affaires, de grandes affaires sur les bras, en être accablé.
Nous n'aurions plus qu'une affaire sur les bras
Guez de Balzac, Liv. I, lett. 7Il fallut songer aux grandes affaires qu'il avait sur les bras
Mme de Sévigné, 211Il se trouve que j'ai le gouvernement de Provence sur les bras
Mme de Sévigné, 116Je me trouvai une violente affaire sur les bras
Voltaire, Scarmentado.
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Se mettre sur les bras, s'attirer sur les bras, c'est-à-dire s'attirer l'inimitié.
Voudriez-vous, madame, vous opposer à une si sainte pensée, et que j'allasse, en vous retenant, me mettre le ciel sur les bras ?
Molière, D. Juan, I, 3Qui en choque un se les attire tous sur les bras
Molière, ib. V, 2- Et je me jetterais cent choses sur les bras Molière, Mis. V, 1
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2Embrassement, sein, giron. Il le prit dans ses bras. Quand il vous pressait dans ses bras.
- Appelez votre frère, oubliez dans ses bras.... Racine, Brit. IV, 3
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Fig. Il se jeta dans les bras de l'armée. Tirer quelqu'un des bras de la mort. Il s'arrachait des bras du sommeil.
- Tel qu'au soir on voit le soleilSe jeter aux bras du sommeil Malherbe, VI, 16
- Le dieu que vous servez vous adopta pour fille,Vous êtes dans ses bras, il parle à votre cœur Voltaire, Zaïre, IV, 1
- Pour un enfant qu'ils ne connaissent pas,Que le hasard peut-être a jeté dans leurs bras Racine, Athal. III, 3
Hippias se jette entre les bras de Darius
Bossuet, Hist. I, 8Rome est contrainte de se jeter entre les bras des Français
Bossuet, ib. III, 7J'ai horreur de mes péchés ; je me jette entre les bras de votre infinie miséricorde
Fénelon, XVIII, 183Dieu, appuyant les fausses religions par des miracles, jetait l'univers entre les bras de ses ennemis
Voltaire, Mœurs, Oracles.
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3Fig. et poétiquement, amour, mariage, union.
- Vous veniez de mon front observer la pâleurPour aller dans ses bras rire de ma douleur Racine, Andr. IV, 6
- Je me tiendrais heureux entre les bras d'une autre ! Corneille, Poly. II, 2
- .... Voir tout ce que j'aime entre les bras d'autrui Corneille, Sertor. III, 2
- On l'allait mettre entre les bras d'un rustre La Fontaine, Mandr.
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4Personne qui travaille. Campagnes qui manquent de bras.
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Ne vivre que de ses bras, ne vivre que de son travail.
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5Ce qui agit, par opposition à ce qui conçoit. Il n'a été que le bras d'un autre. Le bras droit de quelqu'un, celui qui agit, travaille pour lui.
.... L'un est votre cœur si l'autre est votre bras
Rotrou, Vencesl. I, 1Il serait désormais le bras droit de notre monarque
Bossuet, Honn. 3Les conseillers d'État se portèrent à chasser la Berlips et le prince de Darmstadt, de haine pour la reine et pour ses deux bras droits
Saint-Simon, 81, 55
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6Fig. Force, courage guerrier. Un bras victorieux.
.... Je n'ai point de bras Quand il faut conserver ce qui ne vous plaît pas
Corneille, Cid, V, 1Trois sceptres à son trône attachés par mon bras
Corneille, Nicom. I, 1- Remettez à leurs bras les communs intérêts Corneille, Cinna, I, 2
- S'il avait comme lui son bras à mon service Corneille, D. Sanche, II, 4
Je vous offre mon bras
Racine, Andr. I, 4
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7Pouvoir, puissance. Toutes les choses humaines sont sous le bras de Dieu. Un tyran appesantissait sur la ville un bras de fer.
Les prières devraient arrêter le bras du Seigneur
Massillon, Temples.- Sion, le jour approche où le Dieu des arméesVa de son bras puissant faire éclater l'appui Racine, Esth. I, 1
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Le bras séculier, la puissance, l'autorité temporelle par opposition à l'autorité ecclésiastique, et aussi la justice temporelle par opposition à la juridiction ecclésiastique.
- Dérober un coupable au bras de la justice Corneille, Hor. V, 3
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Fig. et familièrement. Avoir les bras longs, avoir beaucoup de crédit, d'influence.
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8Un des courants d'un fleuve. La Meuse reçoit un bras du Rhin. Se diviser en beaucoup de bras. La rivière ayant réuni ses deux bras.
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Bras de mer, détroit. Ils sont séparés par un bras de mer.
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9Sorte de chandelier à une ou plusieurs branches qu'on applique au mur. Un bras doré. Deux bras d'argent.
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10Dans le langage anatomique, région du membre antérieur ayant pour base l'humérus.
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Membre thoracique des animaux invertébrés, ou seulement son premier article.
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Terme de vétérinaire. Partie de la jambe du cheval qui s'étend depuis l'épaule jusqu'au genou.
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Les bras d'une baleine, ses nageoires.
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Bras du polype, ses tentacules.
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Bras de l'écrevisse, ses pinces.
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Les bras du Scorpion, constellation.
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11Ce qui est configuré en forme de bras. Les bras d'une machine. Les bras d'une équerre. Bras de fauteuil. Siége à bras. Les bras d'un fauteuil, d'une civière, d'un brancard, d'une vergue. Le bras d'un aviron. Bras de la vigne. Bras de balance, les deux parties qui sont de chaque côté du point.
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Bras de levier, la portion du levier comprise entre le point d'appui et le point d'application des forces.
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Terme de charpentier. Bras de chèvre, les deux longues pièces qui portent le treuil.
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12Terme de géognosie. Rameau de montagne qui, dépassant le pied général de la chaîne, s'avance dans la plaine.
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13À bras, loc. adv. Avec les bras seuls, et sans machine.
Les cabestans enlèvent des fardeaux que les hommes n'auraient pas pu remuer à bras
Voltaire, Dial. IVOn leur [aux nègres] fait tourner à bras l'arbre des moulins à sucre
Voltaire, Mœurs, 152Il fallait porter la caisse à bras jusqu'à une certaine distance
J.-J. Rousseau, Conf. III
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À force de bras, même sens. Ils montèrent le canon à force de bras.
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À tour de bras, loc. adv. De toute sa force. Il frappait à tour de bras.
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À bras raccourci, sans quartier. Frapper à bras raccourci.
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14À bras-le-corps, loc. adv. Par le milieu du corps. Il le prit à bras-le-corps.
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15Bras dessus, bras dessous, loc. adv. En se donnant le bras.
Monseigneur descendit, le roi voulut descendre aussi ; monseigneur lui embrassa les genoux ; le roi lui dit : ce n'est pas ainsi que je veux vous embrasser ; et sur cela bras dessus, bras dessous, avec tendresse de part et d'autre
Mme de Sévigné, 488Bras dessus et bras dessous, S'en vont Colin et Colette
Béranger, Bon ménage.
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Fig. Être bras dessus, bras dessous, être dans une grande intimité.
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S'embrasser bras dessus, bras dessous, s'embrasser avec beaucoup d'intimité.
Je commence par vous embrasser bras dessus, bras dessous
Montesquieu, Lettre 51
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11Ajoutez :
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Bras ou genou de l'aviron, la partie depuis le point d'appui jusqu'à la main du rameur.
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Étymologie
Bourguig. brai ; picard, bros ; wallon, bres' ; provenç. bratz ; catal. bras ; espagn. brazo ; portug. braço ; ital. braccio ; du latin brachium, grc βραχίων. Dans l'ancien français, le nominatif est bras, le régime est brac. C'est le nominatif qui a formé le mot actuel ; de là vient l's que nous y mettons.