brocher v. a. (bro-ché)
-
1Passer, en tissant, des fils sur le fond uni d'une étoffe, pour y former des dessins. Brocher une étoffe d'or et d'argent.
-
En termes de blason, brochant sur le tout, se dit des pièces qui, brochées sur d'autres, passent d'un côté de l'écu à l'autre. Il porte d'azur au lion d'or, à la fasce de gueules brochant sur le tout.
-
Fig. Brochant sur le tout, en outre, de plus, comme complément. Il a mal parlé de vous, et, brochant sur le tout, il vous a desservi auprès du ministre.
-
-
2Coudre ensemble les feuilles d'un livre préalablement pliées, puis y mettre une couverture de papier.
-
3Familièrement, faire sans soin, ou, simplement, faire à la hâte. Cet écolier broche ses devoirs.
J'ai broché un sous-seing comme j'ai pu ; il fallait bien signer quelque chose
Paul-Louis Courier, Lett. II, 197Et qui vous dit, mes divins anges, que je brochais un drame ?
Voltaire, Lettr. d'Argental, 13 juillet 1763
-
4Terme de maréchal. Enfoncer à coups de brochoir les clous à travers les trous du fer et la corne, pour fixer le fer du cheval et du bœuf.
-
Enfiler les épingles dans les anneaux qui en forment les têtes.
-
Terme de boucherie. Pratiquer des trous dans la peau du bœuf assommé, afin de le souffler.
-
Terme de couvreur. Brocher la tuile, la passer entre les lattes pour que le couvreur l'ait sous la main.
-
-
5Donner un léger binage à la vigne.
-
6V. n. Pousser, en parlant d'un arbre nouvellement planté. Cet arbre commence à brocher. Peu usité.
Étymologie
Broche ; provenç. brocar, brochar ; ital. broccare. On remarquera dans l'historique que le ch est souvent remplacé par ss ; probablement par une confusion avec brosse, brossailles (voy. ces mots). On y verra aussi que tous les sens de brocher se rapportent sans peine à piquer avec une pointe ou broche.