1bronze s. m. (bron-z')
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1Airain, alliage de cuivre et d'étain connu depuis la plus haute antiquité ; les proportions des deux métaux varient selon la destination de l'alliage. Une colonne de bronze. Les canons sont faits de bronze.
- Quel colosse de bronze et taillé doctement.... Tristan L'Hermite, M. de Chrispe, I, 3
La tyrannie.... Monstre aux bouches de bronze, arme pour cette guerre Ses cent yeux, ses vingt mille bras
André Chénier, 251
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Fig. Avoir un cœur de bronze, être dur, insensible.
- âmes de bronze, humains ! celui-là fut sans douteArmé de diamant, qui tenta cette route,Et le premier osa l'abîme défier ! La Fontaine, Fabl. VII, 12
- Ah ! si ton cœur pour moi n'est de bronze ou de fer Molière, l'Étourd. III, 12
- Le ciel ne m'a point fait l'âme de bronze Molière, l'Av. IV, 1
J'étais de bronze pour tous ces esclaves qui vivaient sous mes lois
Montesquieu, Lett. pers. 15Malheur à l'homme de bronze qu'elle ne fléchit pas
Diderot, Sur les caract.Un charme qui fait tomber les portes de fer et qui amollit les cœurs de bronze
Voltaire, Ingénu, 18- Ces affreux préjugés qu'ils appellent devoirOnt sur ces cœurs de bronze un absolu pouvoir Voltaire, M. de Cés. I, 1
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2Toute sculpture en bronze. Un beau bronze.
- Que de cristaux, de bronzes, de colonnes,Tributs de l'amour à l'amour Béranger, Pauv. femme.
- Tout un peuple a voué ce bronze à ta mémoire Victor Hugo, Odes, I, 6
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Les courtisans du cheval de bronze, s'est dit de filous qui se rassemblaient sur le pont Neuf, près de la statue d'Henri IV.
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3Terme de numismatique. Monnaie des anciens frappée en bronze. On divise les anciennes monnaies en médaillons, grand bronze, moyen bronze, et petit bronze.
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Dans le langage de l'archéologie, bronze désigne aussi bien le cuivre pur que le cuivre allié.
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4Poétiquement, canons.
- Aux accents du bronze qui tonneLa France s'éveille et s'étonneDu fruit que la mort a porté Lamartine, Méd. I, 15
Folard, parvenu à sauver quelques bronzes, les place sur un tertre découvert
Chateaubriand, Natch. II, 12
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5Bronze jaune ou or en coquille, oripeau d'Allemagne réduit en poudre.
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Bronze mou, voy. MOU.
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Bronze acier, bronze à huit pour cent d'étain, coulé dans une épaisse coquille en fonte et autour d'un noyau en cuivre rouge ; il est dû au colonel autrichien Von Uchatius
Journ. offic. 1er janv. 1875, p. 13, 1re col.
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7Le bronze moderne n'a pas la même composition que le bronze ancien ; le zinc y remplace l'étain.
Il faudrait remonter à Keller pour retrouver le bronze véritable ; le mot générique de bronze a été conservé ; mais, à partir de l'époque de Louis XIV inclusivement, il n'y a plus eu, en réalité, qu'un alliage se rapprochant du laiton
Enquête, Traité de comm. avec l'Angl. t. II, p. 142
Remarque
Bronze, féminin au XVIe siècle, a été longtemps d'un genre indécis.
Étymologie
Espagn. bronce ; ital. bronzo ; napol. avrunzo ; bas-lat. bronzium. Muratori, que Diez approuve, le tire de bruno, brun, par l'intermédiaire d'un dérivé brunizzo, bruniccio, avec déplacement de l'accent. Ce déplacement d'accent fait quelque difficulté ; aussi peut-on penser au bas-latin bruntus, qui se trouve dans les gloses d'AElfricus avec le sens de livide.