broyer v. a. (bro-ié ; plusieurs disent broi-ié)
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Réduire par l'écrasement en très menues parcelles. Broyer une drogue dans un mortier. Les dents molaires broient les aliments. La lithotritie est une opération par laquelle on broie la pierre dans la vessie.
Seigneur, je broie la ciguë
BERN. DE S.-P., Mort de Socr.- Dieu ! quelle masse au loin semble, en sa marche immense,Broyer la terre sous son poids Victor Hugo, Odes, I, 6
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Broyer des couleurs, broyer des substances colorantes pour la peinture.
Croyez-vous qu'un grand peintre passe son temps à broyer des couleurs et à préparer ses pinceaux ?
Fénelon, Tél. XXII- L'autre broie en riant le vermillon des moines Boileau, Lutr. II
Quelle main sur la terre en broie la couleur ?
Régnier, Sat. IX
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Fig. et familièrement. Broyer du noir, s'abandonner à de tristes et sombres pensées.
Étymologie
Berry, brayer, bréyer ; angl. to bray, écraser. Origine ultérieure inconnue ; en l'absence de tout renseignement on peut conjecturer une dérivation de l'ancien français brai, boue : réduire en boue, broyer ; ou un rapprochement avec le provençal bregar, frotter, comme fricare a donné frayer ou froyer ; ou avec le Goth. brikan, rompre.
Supplément
BROYER. - ÉTYM. Ajoutez : L'origine de broyer ayant été laissée indécise, nous citons l'opinion de M. J. Storm, Romania, avr. 1876, p. 171. Il n'hésite pas à dériver broyer de l'all. brechen (Hanf brechen, broyer le chanvre), bas-all. breken, angl. to break, goth. brikan. Il en rapproche le provenç. briga, miette, es-brigá, émietter, briser, où l'i est conservé. Ajoutons que le patois du Berry dit breyer, et que l'anglais to bray, broyer, est rattaché à l'anglo-sax. brakan.