bruire v. n. (bru-i-r'. Autrefois, dans bruire, brui était monosyllabe comme dans bruit ; aujourd'hui il est dissyllabe)
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1Rendre un son confus. Le vent bruit dans la forêt.
Les serpents à sonnettes bruyaient de toutes parts
Chateaubriand, Atala, 252Mais quoi ! n'entends-je pas, avec de sourds murmures, De ta base à ton front bruire les armures, Colonne.... ?
Victor Hugo, Odes, III, 7
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2Faire bruire, faire retentir.
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Fig. Faire bruire ses fuseaux, faire grand bruit dans le monde.
Vous voyez depuis un temps que le vin émétique fait bruire ses fuseaux
Molière, Festin, III, 1
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Remarque
L'imparfait ancien et grammatical de bruire est je bruyais ; toutefois l'usage commence à en introduire un autre : ; Ce serait absolument un barbarisme si cet imparfait ne s'appuyait sur son analogie avec bruissement. Pour que bruissement se soit établi, il faut supposer une conjugaison irrégulière et fautive, qui a pris ce verbe comme si, s'écrivant bruir, il se conjuguait sur finir, et d'après laquelle l'imparfait je bruissais s'est formé. C'est de la même façon qu'on a fait un participe bruissant, et un subjonctif que je bruisse. Ce sont des procédés que l'usage tente pour combler les lacunes du verbe bruire devenu à tort défectif.
Étymologie
Provenç. bruzir, brugir ; anc. catal. brugir ; ital. bruire. Ménage propose, et Diez incline à admettre rugire, rugir, avec l'addition d'un b pour renforcer le mot. Il y a dans le celtique : bas-breton, brûd, bruit ; kymri, broth ; irland. bruidhean, qui sont tentants, mais on ne voit pas comment, de ces mots, le g qui se trouve dans le provençal et le catalan serait venu. Bruire a été actif dans le XVIe siècle.