Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

céder dans le Littré

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céder v. a. (sé-dé ; la syllabe cé prend l'accent grave devant une syllabe muette, je cède, excepté au futur et au conditionnel où l'accent aigu est conservé, je céderai : mauvaise et inutile contradiction)

  1. 1Laisser une chose à quelqu'un. Céder le haut du pavé à quelqu'un. Il céda la victoire à l'ennemi.

  2. 2Terme de commerce et de jurisprudence. Transporter la propriété d'une chose à une autre personne. Céder un magasin, un fonds, un cheval, une créance, un bail, ses droits, ses prétentions.

  3. 3V. n. Plier, fléchir sous le poids, sous la pression. La porte céda sous nos efforts. Le plancher surchargé a cédé. Cette voûte cédera. Des tumeurs molles et qui cèdent à la pression du doigt. Ses greniers cédaient sous le poids du grain.

  4. 4Fig. En parlant des personnes, ne pas s'opposer, ne pas résister. Ne cède pas à l'adversité. Céder aux circonstances. J'ai cédé à mon penchant. Les autres cédèrent à l'habitude. Je cédais au sommeil. Cédant à la crainte, à la colère.

    • Absolument. A la fin il céda.

      • Tu céderas, ou tu tomberas sous ce vainqueur, Alger, riche des dépouilles de la chrétienté Bossuet, Marie-Thér.
      • Du moins s'il faut céder.... Racine, Mithr. III, 1
      • L'univers a cédé ; cédons, mon cher Zamore Voltaire, Alz. II, 4
  5. 5Dans le même sens, en parlant des choses. Tout cède à un travail opiniâtre.

  6. 6Se reconnaître au-dessous de quelqu'un, et aussi être au-dessous de quelqu'un.

    • Et comme ses rivaux lui cèdent en mérite Corneille, D. Sanch. I, 1
    • Les Gaulois ne leur cédaient pas en courage Bossuet, Hist. III, 6
    • Le roi ne cédait à personne ni pour la taille ni pour la mine Hamilton, Gramm. 6
    • Elle ne cède point à la reine pour communier souvent SÉVIG., 411
    • Il aurait été tenté de nous regarder comme des intelligences supérieures, s'il n'avait éprouvé combien nous lui cédions à d'autres égards Diderot, Lett. s. l. aveugles.
    • On dit aussi le céder, dans le même sens. Il le cède en habileté à son frère. Il ne le cède à personne en vertu. L'Académie ne donne pas cette tournure ; mais elle est continuellement employée, et, à l'historique, on voit qu'Amyot s'en est servi.

  7. 7Être diminué, en parlant d'un mal physique, cesser. La violence du mal ne cédant pas aux remèdes. Quand la douleur vient à céder. Le mal paraissait céder.

Étymologie

Espagn. ceder ; ital. cedere ; du latin cedere, proprement, aller, puis s'en aller, et, finalement, céder.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander