cagot, ote s. m. et f. (ka-go, ka-go-t' ; le t ne se lie pas dans la conversation ; au pluriel l's se lie : des ka-go-z insolents ; cagots au pluriel rime avec dos, maux, faux, etc.)
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1Celui, celle qui a une dévotion suspecte et déplaisante. Un cagot. Une cagote.
- Quoi ! je souffrirai, moi, qu'un cagot de critiqueVienne usurper céans un pouvoir tyrannique ! Molière, Tart. I, 1
- Il faut aller massacrer ces cagots La Fontaine, Cord.
Que son front doux et serein Est à mon gré préférable Au visage sec, chagrin De ce cagot qui du diable Craint partout l'esprit malin !
LA FARE, Ode 6
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Adjectivement. Un ton cagot. Une mine cagote.
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2Peuplade des Pyrénées affectée d'une sorte de crétinisme.
Synonymes
CAGOT, BIGOT. Le bigot est le dévot dont l'esprit est étroit, petit, attaché aux minuties ; c'est un terme de dédain, mais qui n'implique aucun autre blâme. Cagot au contraire est un terme tout à fait injurieux, exprimant une dévotion suspecte à double titre, soit parce qu'on la trouve agressive et offensante, soit parce qu'on ne la croit pas sincère.
Étymologie
Provenç. cagot ; bas-lat. cagoti. Des Goths et des Arabes s'étant réfugiés, sous les derniers Mérovingiens, au pied des Pyrénées, reçurent des habitants le nom injurieux de cagots, c'est-à-dire canes gothi, chiens de Goths (voy. MICHEL, Hist. des races maudites, I, p. 284). On donne encore aujourd'hui ce nom à une race ou caste desquelles les autres habitants se tiennent séparés. Cette dénomination injurieuse attribuée à des gens dont la foi était suspecte aura pu passer facilement au sens actuel de cagot. On a indiqué une autre étymologie : cap, tête, en provençal, et l'allemand Gott, dieu : par la tête de Dieu, affirmation par laquelle on pourrait avoir dénommé les hypocrites. Mais cette étymologie, pour laquelle on n'a point d'intermédiaire, a contre elle l'ancienne forme cagotus qui ne s'y rapporte pas.
Supplément
CAGOT. Ajoutez : - REM. Scarron, Virg. IV, a dit cagous en parlant des cagots des Pyrénées : Sales magasins de vermine, Enfin véritables cagous.