Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

capable dans le Littré

1 article· 36 citations· rimes· synonymes

capable adj. (ka-pa-bl')

  1. 1Qui peut contenir en soi, au propre et au figuré.

    • De dire si peu d'un sujet si capable Régnier, Sat. I
    • De toutes les figures c'est la ronde qui est la plus capable, c'est-à-dire qui a le plus de superficie Descartes, Météor. 5
    • Quelques paroles ambiguës d'une de ses lettres, qui, étant capables d'un bon sens, doivent être prises en bonne part Pascal, Prov. 16
    • Tout genre d'écrire reçoit-il le sublime, ou s'il n'y a que les grands sujets qui en soient capables ? La Bruyère, 1
    • La brèche était capable pour deux bataillons de front Saint-Simon, 278, 8
    • Terme de géométrie. Segment capable d'un angle, segment de cercle tel que tous les angles qui y sont inscrits soient égaux à ce premier angle.

  2. 2Fig. En parlant des personnes ou des choses personnifiées, qui peut admettre une chose, qui est apte et propre ou disposé.

    • Les plus impies sont capables de la grâce de leur rédemption Pascal, Vrai bien, 22
    • Quelque étendue d'esprit que l'on ait, l'on n'est capable que d'une grande passion, capable de peu et de beaucoup, de tout et de rien Pascal, dans COUSIN
    • Votre vertu dont notre siècle n'est pas capable sera à la fin reconnue Guez de Balzac, Liv. II, Lett. 19
    • Une joie dont je ne devrais être capable qu'en votre présence Voiture, Lett. 61
    • Si Dieu ne dédaigne de juger ce qu'il a créé capable d'un bon et d'un mauvais choix Bossuet, Anne de Gonz.
    • Suivant les sentiments dont vous êtes capable.... Corneille, Mort de P. III, 2
    • Et si je vous croyais capable de raison.... Corneille, Agés. IV, 3
    • Moi ! voilà les soupçons dont vous êtes capable Racine, Brit. V, 6
    • De quel crime un enfant peut-il être capable ? Racine, Ath. II, 5
    • Ses transports dès longtemps commencent d'éclater ; à d'inutiles cris puissent-ils s'arrêter. - Quoi ! de quelque dessein la croyez-vous capable ? Racine, Brit. III, 1
    • Eurymaque savait la guerre ; il était capable d'affaires Fénelon, Tél. XVI
    • Au lieu de faire des vices de l'homme des peintures affreuses ou ridicules qui servissent à le corriger, les stoïciens lui ont tracé l'idée d'une perfection et d'un héroïsme dont il n'est pas capable, et l'ont exhorté à l'impossible La Bruyère, 11
    • Ceux qui font profession des arts libéraux ou des belles-lettres, les peintres, les musiciens, les orateurs, les poëtes, tous ceux qui se mêlent d'écrire ne devraient être capables que d'émulation La Bruyère, ib.
    • L'imagination, si capable alors [dans la jeunesse] de séduction Massillon, Panég. St Benoît.
    • Quelque capable que fût son esprit de toutes sortes d'affaires.... Fléchier, Panég. II, 392
    • Capable d'une erreur, il ne l'est point d'un crime Voltaire, Alz. V, 2
  3. 3Capable de, avec un infinitif, en parlant des choses, qui peut.

    • Que votre procédé est violent, mon père, mais qu'il est peu capable de réussir ! Pascal, Prov. 18
    • Partout où sa présence est capable de nuire Molière, l'Étour. V, 2
    • Ce changement d'habit est assez capable, je crois, de me déguiser Molière, le Médec. malgré lui, III, 1
    • Il [Jésus-Christ] a mis dans son église une autorité seule capable d'abaisser l'orgueil et de relever la simplicité Bossuet, Anne de Gonz.
    • Je vous ai mis entre les mains assez de livres français capables de vous amuser Racine, Lettres à son fils, 11
    • Quand vous auriez tous les talents les plus capables de lui faire honneur Massillon, Amb. des clercs.
    • L'exercice et la tempérance sont capables de conserver aux vieillards quelque chose de leur première jeunesse D'OLIVET, Pensées de Cicéron.
  4. 4Qui a de la capacité, habile. Hommes capables et judicieux.

    • Cette cicatrice semblait ajouter à son visage quelque chose de capable Hamilton, Gramm. 7
    • Air capable, air d'un homme qui présume trop de son habileté.

  5. 5Qui a la capacité légale. Capable de tester.

    • Les calvinistes étaient déclarés capables de toutes les charges et dignités de l'État Voltaire, Louis XIV, 36
  6. 6Substantivement et familièrement. Faire le capable, se donner l'air d'une plus grande capacité que celle que l'on a réellement.

Remarque

Des grammairiens ont prétendu que capable, en parlant des choses n'ayant qu'un sens physique, on ne pouvait dire, par exemple : un propos capable de nuire. C'est une observation mal fondée ; voyez les exemples de bons auteurs.

Étymologie

Provenç. capable ; bas-lat. capabilis, de capere, contenir (voy. CAPTURE) : qui peut contenir.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander