caractère s. m. (ka-ra-ktê-r')
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1Signe tracé ou écrit. Les lettres de l'alphabet, les signes de ponctuation, les chiffres sont des caractères. Caractères d'écriture. Les caractères de l'alphabet. Gravé en gros caractères. Écrit en petits caractères. Il ne forme pas ses caractères. Caractères symboliques, hiéroglyphiques. Les caractères de cette inscription sont en partie effacés.
Si vous avez peine à lire cette lettre, pour n'être pas en assez beau caractère
Pascal, Prov. 17- Madame, dois-je croire un billet de Maurice ?Voyez si c'est sa main, ou s'il est contrefait ;Vous en devez connaître encor le caractère Corneille, Héracl. II, 6
- Voyez ce qu'en mourant me laisse votre mère ;J'en baise en soupirant le sacré caractère Corneille, ib. V, 8
- .... Voici ces sacrés caractères,Les garants trop certains de ces cruels mystères Voltaire, Sémir. IV, 2
Les sommets brisés des Apalaches se dessinaient comme des caractères d'azur
Chateaubriand, René, 168
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Se dit des types d'imprimerie. Graveur, fondeur en caractères. Ces caractères sont usés. Ce caractère est bon à refondre. L'œil de ce caractère est trop petit.
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En algèbre, en astronomie, en chimie, en botanique, en pharmacie, caractère, signe abréviatif dont on se sert pour exprimer quelque chose.
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Signe, marque portée par superstition comme talisman. Vieux en ce sens.
- Oui, c'est un enchanteur qui porte un caractèrePour ressembler aux maîtres des maisons Molière, Amph. III, 5
On dit qu'il a un caractère pour se faire aimer de toutes les femmes
Molière, Pourc. III, 8
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2Fig.
Quoique cette idée générale de la beauté soit gravée dans le fond de nos âmes en caractères ineffaçables
Pascal, dans COUSIN- C'est sans les oublier qu'on quitte ses parents :L'hymen n'efface point ces profonds caractères CORNEILLE, Hor. III, 4
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3Titre naturel ou légal qui donne qualité de.... Il dépouille le caractère d'ami quand il prend celui de juge. Le caractère royal. Les députés viennent ici avec un caractère public. Qui est sans caractère officiel. Qui a caractère pour ordonner et pour défendre. Certains sacrements impriment un caractère indélébile. Déployer, cacher son caractère, faire connaître, cacher le titre officiel que l'on a.
Les généraux romains commencèrent à s'attacher leurs soldats, qui ne regardaient en eux jusqu'alors que le caractère de l'autorité publique
Bossuet, Hist. III, 7- Un père est toujours père ;Rien n'en peut effacer le sacré caractère Corneille, Poly. V, 3
- Et que dois-je être ? - Roi.Reprenez hautement ce noble caractère Corneille, Nicom. IV, 3
Un agent sans caractère d'un roi suédois réfugié chez les Turcs
Voltaire, Charl. XII, 5
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4Ce qui est le propre d'une chose. Le caractère distinctif de la vérité. C'est un des caractères du génie. Je rechercherai les caractères de la folie. L'imprévoyance est le caractère de la jeunesse. Donner aux origines des villes un caractère plus auguste. Ces trois philosophes avaient une éloquence d'un caractère différent. Conserver le caractère des différents genres de littérature.
Nous naissons avec un caractère d'amour dans nos cœurs qui se développe à mesure que l'esprit se perfectionne
Pascal, dans COUSINLa bonté est le caractère le plus naturel des rois
Bossuet, Polit.Elle porte le caractère de la main de Dieu
Bossuet, Hist. II, 13Le style même porte imprimé le caractère des âges
Bossuet, ib. II, 1Pour garder le caractère du temps
Bossuet, ib. II, 3- Faut-il que sur le front d'un profane adultèreBrille de la vertu le sacré caractère ? Racine, Phèd. IV, 2
Un caractère de faiblesse et de timidité né avec nous
Massillon, Conf. Zèle contre les vices.Vous êtes marqué du caractère des réprouvés
Massillon, Car. Fausse confession.Il les marqua sur le front d'un caractère de réprobation
Massillon, Car. Médis.Elles sont marquées du caractère des justes
Massillon, Avent. Afflict.L'Église, sous Julien, fut exposée à une persécution du caractère le plus dangereux
Chateaubriand, Génie, I, 1
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Dans les sciences, ensemble de modifications apparentes propres à faire distinguer les objets. Les naturalistes entendent par caractère, les traits les plus saillants, les plus propres à faire reconnaître une classe, un genre ou une espèce. Caractère générique, caractère qui appartient à un genre. Caractère spécifique, caractère qui appartient à une espèce.
M. de Linné chercha les caractères fondamentaux de son système dans les parties des plantes qui servent à leur reproduction
Condorcet, Linné.
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En médecine, caractère s'emploie pour exprimer l'état plus ou moins grave d'une maladie. Pneumonie de mauvais caractère, d'un caractère fâcheux. Fièvre d'un caractère bénin.
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5Ce qui distingue, au moral, une personne d'une autre ; nature, naturel, mœurs, sentiments. La différence des caractères. D'un caractère irascible. Dompter ces caractères intraitables. Un mauvais caractère. Un noble caractère. Force de caractère. Suivre son caractère. Peinture des caractères.
Je suis sorti de mon caractère
Bossuet, Var. Préf.Il faudrait des foudres pour des âmes de ce caractère
Massillon, Carême, Confess.- Des chevaliers français tel est le caractère Voltaire, Zaïre, II, 3
Quelle véhémence dans les sentiments [chez Corneille] ! Quelle dignité, et en même temps quelle prodigieuse variété dans les caractères !
Racine, Disc. de récept. de Th. Corneille.
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Comédie de caractère, celle où l'on présente un caractère dominant qui fait proprement le sujet de la pièce. Le Menteur, l'Avare, le Glorieux sont des comédies de caractère.
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Familièrement. C'est un bon caractère d'homme.
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La personne même qui a le caractère. Les mauvais caractères sont toujours malheureux.
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Les Caractères de tel auteur, l'ouvrage dans lequel un auteur a peint les caractères, les mœurs. Les Caractères de Théophraste, de La Bruyère.
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6Absolument, ensemble des facultés qui se rapportent à l'action, distinct du cœur et de l'esprit. C'est le caractère qui domine en lui.
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Les facultés morales opposées aux facultés intellectuelles.
- Grand de génie et grand de caractère Béranger, Cinq mai.
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Fermeté. Il veut montrer du caractère. Comme il convenait à des hommes de caractère. Dans cet entretien il fit preuve de caractère. Manquer entièrement de caractère. Homme sans caractère. C'est un homme à caractère.
Elle aimait mieux qu'on manquât de sagesse que de caractère, et qu'on eût le cœur faible que l'esprit impertinent et corrompu
Marivaux, Vie de Marianne, 4e partie, p. 218
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Celui, celle qui a dans son moral quelque chose qui se distingue en s'accusant. C'est un caractère.
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7Absolument, en un autre sens, expression, air expressif. Il a une physionomie sans caractère. Voilà un beau caractère de tête.
- La nature a tracé dans ses regards mourantsUn si grand caractère et des traits si touchants Voltaire, Mahom. IV, 4
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Danse de caractère, danse qui représente une petite action.
On pria Blanca d'exécuter une de ces danses de caractère où elle surpassait les plus habiles guitanas
Chateaubriand, D. des Abenc. 166
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Dans les œuvres de littérature et d'art, qualité qui les élève au-dessus du commun et du vulgaire ; certaine originalité d'intention et de style. Cette comédie, cette musique n'a point de caractère.
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En musique, demi-caractère se dit de la musique ou de la danse qui tient le milieu entre le genre grave et le genre comique.
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8Il s'est dit pour portrait, description, au XVIIe siècle.
Qu'il me soit permis de copier ici tout au long ce que dit Homère du pouvoir et de l'efficacité des prières sur l'esprit des dieux et de l'admirable caractère qu'il en fait
Rollin, Traité des Ét. II, De la lecture d'Homère, II, III, 4Ulysse parla le premier ; on sait le caractère qu'en fait Homère ailleurs
Rollin, ib. I, II, 4
Synonymes
CARACTÈRE, MŒURS. En termes de théâtre, on entend par mœurs ou mœurs générales les habitudes qui appartiennent à une nation, à une époque, à tel ou tel âge, à telle ou telle condition. Le caractère, qu'on appelle aussi quelquefois les mœurs particulières, est plus spécial à chaque personnage. Dans Iphigénie Achille est ardent, Ulysse est rusé, ce sont deux caractères différents ; mais tous les deux doivent représenter les mœurs grecques ou ce que nous consentons à regarder comme ces mœurs.
Étymologie
Character, marque, de χαραϰτὴρ, de χαράσσειν, graver. L'historique de ce mot se divise en deux parties : d'abord, formé d'après l'accentuation latine, comme c'est la règle pour l'ancienne langue, il est caracte, caraus, charaie, charoy, et signifie une sorte de sortilége ; plus tard, calqué sur le latin écrit, il change de forme et étend ses acceptions.