Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

causer dans le Littré

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1causer v. a. (kô-zé)

  1. Être cause, occasionner.

  2. 2Donner pour motif (sens inusité).

    • Cela insinue beaucoup en causant comme petit-fils de Sa Majesté [en donnant pour motif de la décision le titre de petit-fils] Saint-Simon, t. VIII, p. 194, éd. Chéruel.

Étymologie

Cause ; espagn. cauzar ; ital. causare.

2causer v. n. (kô-zé)

  1. 1S'entretenir familièrement. Ils causent ensemble. De quoi causent-ils ? Nous causerons de cette affaire.

    • Je veux me vanter d'être toute l'après-midi dans cette prairie, causant avec nos vaches et nos moutons Mme de Sévigné, Lett. 384
    • Voilà la chose du monde la plus heureuse pour lui ; vous savez tout cela, mais on cause [c'est-à-dire je vous écris cela pour causer avec vous] Mme de Sévigné, 592
    • Pour mon fils, M. le maréchal n'a pas voulu le laisser venir ; il est le seul avec qui il cause de toute chose Mme de Sévigné, ib.
    • Le duc d'Orléans régent daigna un jour causer avec moi au bal de l'Opéra ; il me fit un grand éloge de Rabelais Voltaire, Lett. Mme du Deffant, 13 oct. 1759
    • Familièrement. Causer de choses et d'autres, s'entretenir sans propos déterminé.

    • Fig. Causer de la pluie et du beau temps, parler de riens, de choses de peu d'importance.

    • Elliptiquement. Causer littérature, voyages, etc. causer de littérature, de voyages.

      • Familièrement. Ah çà ! causons un peu, expliquons-nous, entendons-nous.

      • Passivement et impersonnellement, dans le parler familier, c'est assez causé, ou, simplement, assez causé, ne parlons plus, agissons, et aussi, taisez-vous, brisons-là.

  2. 2Familièrement, tenir des propos, parler avec légèreté et indiscrétion, ou avec malignité.

  3. 3V. n. Terme de fauconnerie. Se dit du cri des perroquets et des pies.

Remarque

Peut-on dire : il m'a longtemps causé de ses affaires ; allez lui causer de cette nouvelle ? C'est une façon de parler qui est très en usage. Mais observez qu'on ne pourrait pas dire, en mettant un substantif au lieu du pronom : j'ai causé de l'affaire à mon avocat ; il faut avec mon avocat. Cela rend très suspect l'emploi du pronom, et il sera mieux de dire : il a longtemps causé avec moi de ses affaires ; allez causer avec lui de cette nouvelle. On ne cause pas à quelqu'un ; on cause avec quelqu'un. Pourtant cette manière de parler se trouve dans J. J. Rousseau, qui n'est pas toujours très pur, et sans doute dans d'autres.

Étymologie

Provenç. chausar, causciar, reprocher, disputer ; espagn. causar, faire un procès ; du latin causari, faire un procès, d'où disputer, reprocher, et simplement, causer. Diez et d'autres étymologistes font intervenir l'ancien haut allemand chôzôn, allemand moderne kosen ; mais le latin suffit à la forme et au sens du mot roman.

Supplément

2. CAUSER. - REM. Ajoutez : Corneille a dit me causer pour causer avec moi : Lysis m'aborde, et tu veux me causer, Lexique, éd. Marty-Laveaux.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander