Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

cavalier dans le Littré

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1cavalier, ière s. m. et f. (ka-va-lié-, liê-r' ; l'r ne se lie jamais ; au pluriel l's se lie : les ca-va-lié-z et les dames)

  1. 1Homme, femme à cheval. Être bon, être mauvais cavalier, se tenir bien, se tenir mal à cheval. C'est un beau cavalier, il a bonne grâce à cheval.

    • Borée et le soleil virent un voyageur.... Eh bien ! gageons nous deux, Dit Phébus, sans tant de paroles, à qui plus tôt aura dégarni les épaules Du cavalier que nous voyons La Fontaine, Fabl. VI, 3
    • On dit de même, elle est bonne, elle est mauvaise cavalière.

      • Les dames cavalières s'offensèrent, les autres prirent parti pour elles Saint-Simon, 278, 9
  2. 2Soldat qui sert à cheval. Il était escorté par un piquet de cavaliers.

  3. 3Homme d'épée.

  4. 4Homme, par opposition à dame ou demoiselle. Il n'y avait pas assez de cavaliers à ce bal. Chaque cavalier conduisait une dame. Cette dame n'a pas de cavalier, offrez-lui le bras. C'est un aimable cavalier.

  5. 5Titre d'honneur donné par politesse à des passants, à des inconnus et même par ironie à des gens dont on a à se plaindre.

  6. 6Cavalier servant, homme qui s'astreint à faire en tout les volontés d'une dame dont il se fait ainsi l'esclave par amour ou par reconnaissance.

    • Il est fort naturel que tu me cèdes, à moi, ton oncle, tes fonctions de cavalier servant, lorsque je les réclame CH. DE BERNARD, La femme de quarante ans, § 2
  7. 7Aux échecs, pièce qui marche obliquement du blanc au noir, et du noir au blanc, en sautant une case. Le vrai mot serait chevalier, mais aujourd'hui on dit bien plus souvent cavalier. On ne couvre point l'échec du cavalier, c'est-à-dire que, quand le cavalier met le roi ou la dame en échec, on ne peut pas interposer une autre pièce ; il faut absolument ou retirer la pièce mise en échec ou prendre le cavalier.

  8. 8Terme de fortification. Amas de terre, dont le sommet compose une plate-forme, sur laquelle on dresse des batteries de canon pour nettoyer la campagne ou pour détruire quelque ouvrage de l'ennemi.

  9. 9Terme d'imprimerie. Papier d'un format entre le carré et le grand raisin. Tirer, imprimer sur cavalier.

    • Adj. Papier cavalier.

  10. 10Terme de ponts et chaussées. Dépôt de terre formé aux abords d'une route, d'un canal ou d'un ouvrage quelconque.

  11. 11Dans l'histoire d'Angleterre, au XVIIe siècle, partisan des Stuarts.

  12. 8Ajoutez :

    • Cavalier de tranchée, sorte de terrasse élevée en avant de la troisième parallèle, pour plonger dans les places d'armes et en chasser les défenseurs.

Étymologie

Le même que chevalier (voy. ce mot) ; ital. cavaliere.

2cavalier, ière adj. (ka-va-lié, liê-r')

  1. Qui est d'un cavalier, c'est-à-dire, en parlant de l'air, des manières, aisé, dégagé ; et aussi, brusque, inconvenant, trop leste. Avoir l'air cavalier, la mine cavalière. Réponse cavalière. Propos cavaliers. Ce procédé, ce ton est par trop cavalier.

    • À la cavalière, loc. adv. En cavalier.

  2. 2Qui est sans apprêt.

    • Il fallut se résoudre à manger sur l'herbe, où les perdreaux et le pain tendre de M. de Jonsac furent d'un grand secours ; ensuite d'un repas si cavalier, continuant notre chemin... Voy. de Bach. et Chapelle, p. 14, la Haye, 1714

Remarque

Balzac n' approuvait pas ces expressions : un ton cavalier, un style cavalier ; mais Bouhours observe que néanmoins elles se sont établies à la cour.

Étymologie

Cavalier 1.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander